Aller au contenu
L’Iran annonce avoir de nouveau fermé le détroit d’Ormuz en raison du blocus américain
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un revirement spectaculaire qui fait monter la pression

lanature.ca (image IA)

La situation dans le détroit d’Hormuz a connu un brusque retournement de situation ce samedi. L’Iran, après avoir annoncé la réouverture de cette voie navigable vitale, a fait marche arrière et rétabli les restrictions. Ce changement de cap, annoncé depuis Le Caire par l’Associated Press, intervient directement après que les États-Unis ont affirmé qu’ils ne lèveraient pas leur blocus sur les navires liés à l’Iran.

Dans un communiqué officiel, le commandement militaire conjoint iranien a été très clair : « le contrôle du détroit d’Hormuz est revenu à son état antérieur… sous la gestion et le contrôle stricts des forces armées. » Téhéran a prévenu que le passage resterait bloqué tant que le blocus américain sur les ports iraniens serait maintenu. Cette annonce a douché les espoirs d’apaisement qui avaient fait chuter les prix du pétrole vendredi, ravivant les craintes d’une aggravation de la crise énergétique mondiale.

Le détroit, une artère pétrolière au cœur des tensions

Pourquoi ce détroit est-il si important ? Environ un cinquième du pétrole mondial y transite chaque jour. Son contrôle constitue l’un des principaux leviers de pression de l’Iran. La fermeture ou la restriction du passage a des conséquences immédiates sur l’approvisionnement énergétique mondial, menaçant de faire flamber les prix sur un marché déjà tendu.

Cette passe d’armes s’inscrit dans un conflit plus large qui oppose Israël, les États-Unis et l’Iran depuis près de sept semaines. C’est dans ce contexte que Washington a déployé des forces et initié un blocus des ports iraniens. L’objectif américain est de contraindre Téhéran à accepter un cessez-le-feu négocié sous l’égide du Pakistan.

La volte-face américaine qui a tout changé

shutterstock / lanature.ca (image IA)

L’annonce iranienne de ce samedi matin a pris tout le monde de court. La veille, Téhéran avait annoncé la réouverture complète du détroit aux navires commerciaux. Cette décision faisait suite à l’instauration d’une trêve de 10 jours entre Israël et le groupe militant Hezbollah, soutenu par l’Iran, au Liban. La fin de cette guerre au Liban était une exigence clé des négociateurs iraniens, qui avaient précédemment accusé Israël d’avoir rompu un cessez-le-feu la semaine passée avec des frappes sur le Liban, ce qu’Israël a nié en affirmant que l’accord ne couvrait pas ce front.

Mais l’espoir a été de courte durée. Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi soir que même après l’annonce iranienne, le blocus américain « restera pleinement en vigueur » jusqu’à ce que Téhéran parvienne à un accord global avec les États-Unis, y compris sur son programme nucléaire. Pour les hauts responsables iraniens, cette déclaration viole l’accord de cessez-le-feu de la semaine dernière, justifiant la fermeture immédiate du détroit. Selon la société de données Kpler, les mouvements dans le détroit restent de toute façon confinés à des couloirs nécessitant l’approbation de l’Iran. Le Commandement central américain a précisé sur X que ses forces avaient renvoyé 21 navires vers l’Iran depuis le début du blocus, lundi.

Le Pakistan poursuit ses efforts de médiation

lanature.ca (image IA)

Malgré cette escalade, les responsables pakistanais affirment que les États-Unis et l’Iran se rapprochent toujours d’un accord, alors que la date butoir du cessez-le-feu est fixée au 22 avril. Le cessez-le-feu au Liban pourrait en effet lever un obstacle majeur aux négociations.

S’exprimant lors d’un forum diplomatique à Antalya, en Turquie, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a qualifié cette trêve de signe positif. Il a rappelé que les combats entre Israël et le Hezbollah avaient été un point de blocage majeur avant que les pourparlers à Islamabad ne se terminent le week-end dernier « très près » d’un accord. L’activité diplomatique est intense : le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, s’est rendu à Téhéran, tandis que le Premier ministre Shehbaz Sharif a rencontré le président turc Recep Tayyip Erdogan et l’émir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani à Antalya. Le Pakistan devrait accueillir un deuxième cycle de pourparlers entre l’Iran et les États-Unis au début de la semaine prochaine.

Au Liban, une trêve fragile et des déclarations contradictoires

Benyamin Netanyahou, à droite, et Donald Trump en mai 2017.U.S. Embassy Tel Aviv via wikimedia CC BY 2.0

Même avec l’optimisme des médiateurs, des questions subsistent. On ne sait pas dans quelle mesure le Hezbollah respectera une trêve qu’il n’a pas contribué à négocier et qui laissera les troupes israéliennes occuper une partie du sud du Liban. Dans un autre message, Donald Trump a déclaré qu’Israël était « interdit » par les États-Unis de mener de nouvelles frappes au Liban et que « ça suffit » dans la guerre entre Israël et le Hezbollah. Le département d’État a toutefois précisé que cette interdiction ne s’appliquait qu’aux attaques offensives et non aux actions d’autodéfense.

Peu avant le message de Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël avait accepté le cessez-le-feu au Liban « à la demande de mon ami le président Trump », mais que la campagne contre le Hezbollah n’était pas terminée. Il a affirmé qu’Israël avait détruit environ 90 % des stocks de missiles et de roquettes du Hezbollah, ajoutant que les forces israéliennes « n’ont pas encore terminé » le démantèlement du groupe.

Le lourd bilan humain d’un conflit dévastateur

lanature.ca (image IA)

Pendant ce temps, sur le terrain, la situation reste précaire. À Beyrouth, des familles déplacées ont commencé à retourner vers le sud du Liban et les banlieues sud de la capitale, malgré les avertissements des autorités leur demandant d’attendre de voir si le cessez-le-feu tiendrait. L’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU présents dans le sud du pays ont signalé des tirs d’artillerie sporadiques dans les heures qui ont suivi l’entrée en vigueur de la trêve.

Cette guerre, qui a débuté le 28 février par des frappes américaines et israéliennes, a déjà un coût humain terrible. Au moins 3 000 personnes ont été tuées en Iran, plus de 2 290 au Liban, 23 en Israël et plus d’une douzaine dans les États arabes du Golfe. Treize militaires américains ont également perdu la vie, selon les informations rapportées par des correspondants à Ramallah, Islamabad et Antalya.

Selon la source : usnews.com

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu