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« S’il le faut » : Charles Milliard prêt à recourir à la clause dérogatoire
Crédit: Amélie Caron, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Une position linguistique répétée et assumée

credit : lanature.ca (image IA)

Charles Milliard, le chef du Parti libéral du Québec, a tenu à clarifier sa position sur la loi 96 pour la troisième fois en l’espace d’une seule semaine. Lors d’un point de presse organisé à Laval, le dirigeant politique a affirmé qu’il aurait recours à la clause dérogatoire « s’il le faut, dans l’intérêt suprême des Québécois ». Cette décision éventuelle ne serait prise qu’à la suite de consultations approfondies avec des juristes et différents ministères provinciaux.

L’événement lavallois était d’abord l’occasion de présenter la nouvelle candidate libérale dans la circonscription de Sainte-Rose, la microbiologiste-infectiologue Cécile Tremblay. Devant les journalistes présents sur place, Charles Milliard a fermement rejeté l’idée selon laquelle il effectuerait une forme de tergiversation sur le délicat dossier linguistique.

Le chef politique s’est défendu en ces termes : « Valse-hésitation, c’est le terme que vous choisissez d’utiliser. J’ai été très clair encore une fois ce matin: le Parti libéral du Québec, et il y a une bonne partie du caucus qui est ici aujourd’hui, va protéger la langue française et va protéger les droits de tous les Québécois […] On va voir si on a besoin d’avoir un recours ou pas à la clause dérogatoire. Et le cas échéant, si on en a besoin dans l’intérêt supérieur de la langue française au Québec, on va le faire. »

Des nuances stratégiques et des remous internes

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Le positionnement du chef libéral a connu plusieurs étapes au cours des derniers jours. Jeudi, il s’était déclaré favorable à l’utilisation de la clause dérogatoire, à la condition de modifier deux éléments spécifiques de la loi 96. Ces changements visaient à alléger le fardeau administratif imposé aux entreprises et à revoir l’obligation faite aux immigrants d’apprendre à parler le français en six mois.

Le lendemain, lors d’une entrevue accordée à la station de radio anglophone CJAD, Charles Milliard a ajusté son discours. Il a soutenu vouloir « modifier la loi 96 afin que le recours à la clause de dérogation ne soit plus requis ». Cette sortie publique a provoqué des remous au sein de sa propre formation politique. Plusieurs médias ont d’ailleurs rapporté que l’entourage du chef avait décidé de convoquer une réunion d’urgence du caucus pour faire face à la situation.

Interrogé par une journaliste pour savoir si les députés anglophones du parti avaient été consultés dans le cadre de ce débat, le chef a assuré que c’était le cas. « Nous avons eu une discussion la semaine dernière. Samedi dernier, nous avons eu une discussion à Bécancour avec tous les présidents de circonscription », a-t-il précisé. Il a formellement démenti la tenue d’une crise nécessitant une rencontre précipitée : « Vous savez, je rencontre mon caucus tous les jours pour faire le point sur l’actualité, comme l’arrivée de nouveaux candidats, etc. Il n’y a donc pas eu de réunion d’urgence, mais simplement des réunions de routine entre les membres de notre caucus. »

L’arrivée d’une figure familière en politique

L’attention s’est ensuite portée sur la nouvelle recrue du Parti libéral en vue des élections générales prévues à l’automne 2026. Charles Milliard a présenté la Dre Cécile Tremblay comme « une femme remarquable avec un parcours inspirant », officialisant le saut de la scientifique dans l’arène politique provinciale.

La population québécoise connaît particulièrement cette professionnelle de la santé pour ses nombreuses apparitions médiatiques et entrevues lors de la pandémie de COVID-19. La médecin occupe les fonctions de microbiologiste infectiologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et enseigne comme professeure titulaire à l’Université de Montréal.

Dans sa prise de parole, la candidate a insisté sur son engagement à promouvoir une « société bienveillante qui prend soin de ses plus démunis ». Anticipant les interrogations du public sur son changement de parcours, elle a déclaré : « Il y en a qui vont se demander: « Mais pourquoi elle se lance en politique? On l’aimait bien quand elle nous parlait de science! » Rassurez-vous, je vais continuer à vous parler de science. C’est comme aller à bicyclette, ça ne se perd pas. »

Une vision au-delà des enjeux de santé publique

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Les motivations de la Dre Tremblay dépassent la stricte gestion du réseau de la santé et s’étendent aux dynamiques sociales actuelles. La candidate a exprimé de vives inquiétudes concernant l’état des relations entre humains, une réflexion qui s’inscrit au-delà de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, des « guerres, des conflits armés ou des guerres tarifaires ».

Son analyse pointe directement la qualité des échanges dans l’espace public mondial. La médecin observe une polarisation constante qui menace la cohésion de la population, un phénomène dont la province québécoise ne serait pas épargnée selon elle.

Elle a exprimé sa volonté d’apaiser le climat social actuel : « On voit de plus en plus un discours clivant, un ton méprisant dans les conversations, dans les discussions avec les autres. On a tendance à traiter ceux qui ne pensent pas comme nous d’ennemis. C’est un courant qui se propage sur la planète et, au Québec, on n’est pas à l’abri de ça. Moi, je veux qu’on change le discours. »

La conquête de Laval et les perspectives ministérielles

credit : Side-by-side fusion: « François Legault (portraitcrop).jpg » by LouisRoyQc licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons + « Christopher Skeete au Casa Italia.png » by Bull-Doser (Public domain) via Wikimedia Commons

La bataille électorale de cette nouvelle candidate se jouera dans la circonscription de Sainte-Rose. Créé en 2011, ce territoire électoral possède un historique politique riche en rebondissements. Les électeurs y ont élu un député du Parti québécois de 2012 à 2014, avant de choisir un représentant libéral jusqu’en 2018. Depuis cette date, la circonscription est représentée par le caquiste Christopher Skeete, devenu ministre au sein du gouvernement de François Legault en 2022.

L’enjeu s’annonce crucial pour le Parti libéral du Québec, qui ne détient actuellement que deux des six circonscriptions de la région de Laval. Les données des récents sondages indiquent toutefois que la formation politique est très bien placée pour récupérer l’ensemble de ces sièges lors du prochain rendez-vous électoral.

Interrogé sur la probabilité que Cécile Tremblay devienne sa future ministre de la Santé, Charles Milliard a esquissé un sourire sans confirmer directement l’information. « Je ne suis pas dans la formation de conseil des ministres […] Mais évidemment, Dre Tremblay va jouer un grand rôle pour mieux présenter notre vision d’un nouveau gouvernement au niveau de la santé […] J’aime beaucoup, autant sur le fond que sur la forme, ce que va amener Mme Tremblay dans l’équipe », a-t-il conclu.

Selon la source : lapresse.ca

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