Un homme de l’Arkansas emmène sa fille dans un salon de tatouage — le propriétaire publie un message sur Facebook
Auteur: Simon Kabbaj
Une visite au salon de piercing qui dérape

Une simple sortie entre père et fille a viré à l’incident numérique. Le 24 février dernier, Patrick Forseth, connu sur TikTok sous le pseudonyme @l.cant.die, a partagé une vidéo pour raconter une expérience déroutante. Il venait d’accompagner sa fille dans un salon de tatouage et de piercing pour qu’elle se fasse percer la lèvre. Jusque-là, rien d’anormal.
Ce n’est qu’une fois rentré chez lui, en consultant son téléphone, que le père de famille a découvert le pot aux roses. La visite, qui s’était pourtant bien déroulée, avait pris une tournure inattendue sans qu’il ne s’en rende compte sur le moment. Dans sa vidéo, il interpelle les internautes, cherchant à valider son ressenti : « J’essaie de savoir si je réagis de manière excessive », lance-t-il face caméra.
Le geste déplacé du propriétaire
Patrick Forseth explique que la visite s’est initialement bien passée et qu’il était même impressionné par le lieu. Mais l’expérience a basculé lorsque le propriétaire du salon lui a demandé d’ouvrir sa page Facebook. « Puis il a pris mon téléphone et a tapé quelque chose, et je me suis senti mal à l’aise », raconte-t-il. Submergé par la situation, il n’a pas osé réagir sur le coup. « Mais j’évite beaucoup les conflits ces temps-ci », confie-t-il.
Le père a découvert plus tard que le gérant avait utilisé son téléphone pour retrouver la publicité de son propre salon sur Facebook, la partager sur le profil personnel de M. Forseth, et y ajouter un message promotionnel. Le tout donnait l’impression que la recommandation venait directement du client. « J’ai trouvé que c’était une atteinte grave à la vie privée de publier un message sur mon Facebook en faisant croire que je partageais son activité », s’indigne-t-il. Il soulève une question pertinente : « Et si je ne veux pas que les gens sachent que je suis allée dans un salon de tatouage ? »
Vague de soutien sur les réseaux sociaux
@l.cant.die What are your thoughts on what this tattoo shop owner did?! #tattooshoptok #tattooartist #tattoohumor ♬ original sound – Patrick Forseth – I Can’t Die
La réaction des internautes ne s’est pas fait attendre. Dans leur grande majorité, les commentaires publiés sous la vidéo de Patrick Forseth ont pris son parti, jugeant l’initiative du propriétaire totalement inacceptable. Les messages de soutien et d’indignation ont afflué, confirmant au père de famille que sa réaction n’était pas excessive.
Les témoignages sont sans équivoque. « Supprimez ça ! », a ainsi écrit un internaute, ajoutant : « Ce n’est pas acceptable. » Un autre a souligné la différence entre une demande légitime et une intrusion : « Oui, absolument pas ! C’est une chose de demander un avis, c’en est une autre de publier une publicité depuis son compte sans autorisation ». Un troisième commentateur, se présentant comme un chef d’entreprise, a marqué son incompréhension : « C’est dingue. […] je n’arrive pas à imaginer ça. »
Un acte illégal ? L’analyse juridique
Sur le plan légal, la situation se situe dans une zone grise. Si la plupart des gens considèrent cet acte comme contraire à l’éthique et particulièrement intrusif, il ne constitue pas forcément un délit. Tout dépend des circonstances précises et de la législation en vigueur dans l’État concerné.
En théorie, l’utilisation du compte de réseaux sociaux d’une autre personne sans sa permission pourrait relever de lois sur l’accès non autorisé ou l’utilisation abusive de systèmes informatiques. Aux États-Unis, par exemple, la loi fédérale sur la fraude et l’abus informatiques (Computer Fraud and Abuse Act) interdit d’accéder à un ordinateur « sans autorisation ». Cependant, prouver une telle infraction est complexe. Les affaires de ce type exigent généralement la preuve que la personne a accédé intentionnellement à un appareil sans y être autorisée, ou qu’elle a causé un préjudice quantifiable. Le fait que M. Forseth ait remis son téléphone de son plein gré, même brièvement, pourrait compliquer de telles allégations.
Publicité trompeuse : le regard de la loi
Au-delà de l’accès non autorisé, des questions se posent sur le terrain de la protection des consommateurs. La Commission fédérale du commerce (Federal Trade Commission, FTC) aux États-Unis exige que les recommandations et les témoignages utilisés dans la publicité soient authentiques et non trompeurs. Le fait pour une entreprise de faire croire qu’un client recommande ses services alors que ce n’est pas le cas pourrait donc poser problème au regard de ces règles.
Cependant, les actions coercitives de la FTC visent généralement les pratiques marketing globales d’une entreprise plutôt qu’un incident isolé comme celui-ci. Il est donc peu probable qu’une telle affaire débouche sur des sanctions de cet ordre. L’histoire, qui a fait le tour des réseaux, s’est terminée sur une note d’incertitude, le média Slay ayant contacté Patrick Forseth pour obtenir ses commentaires, sans que l’on sache la suite donnée à cette mésaventure.
Créé par des humains, assisté par IA.