Montréal : Une vingtaine de tirs sur une maison, un enfant de 18 mois se trouvait à l’intérieur
Auteur: Adam David
Une nuit de terreur à Ahuntsic-Cartierville

Le bruit sec d’une vingtaine de détonations a déchiré le silence de la nuit. Il était environ 2h20, dans la nuit de vendredi, quand une résidence de l’avenue du Bois-de-Boulogne, près de la rue De Salaberry à Montréal, est devenue la cible de tireurs. À l’intérieur se trouvait un enfant en bas âge, projetant une ombre glaçante sur cet acte de violence.
Selon les premières informations, un ou plusieurs suspects à bord d’un véhicule en mouvement auraient ouvert le feu sur la façade avant de prendre la fuite. Ce déchaînement de violence, le deuxième sur la même rue en seulement quatre jours, ravive le souvenir des dérapages passés de la violence armée qui ont secoué la métropole.
Le choc d’une famille prise pour cible

Pour la famille qui occupait les lieux, la nuit a viré au cauchemar. « On a directement commencé à chercher pour déménager », a confié la mère d’un bambin de 18 mois, qui a souhaité conserver l’anonymat. « C’est la première fois qu’on vit un événement pareil. » La jeune femme a avoué avoir eu toutes les peines du monde à retrouver le sommeil après la fusillade.
Les assaillants n’ont pas fait dans la demi-mesure. L’Agence QMI a pu recenser pas moins de 22 impacts de projectiles sur la devanture de la résidence. Agissant avec une totale négligence, les tireurs ont donc fait feu alors qu’un très jeune enfant se trouvait à l’intérieur. Par miracle, personne n’a été blessé, mais des projectiles ont également atteint un véhicule stationné à proximité.
Un quartier inquiet face à la violence répétée

Cet événement est le second du genre à frapper la même artère en l’espace de quelques jours. Dans la nuit de lundi à mardi, une autre maison, située à seulement 750 mètres de là, avait été la cible de coups de feu. Les enquêteurs doivent maintenant déterminer si ces deux attaques sont liées ou s’il pourrait s’agir d’une terrible erreur sur la personne.
Quelques heures après les faits, le choc était palpable chez les résidents du quartier, d’autant que la fusillade s’est déroulée à un jet de pierre d’une garderie. La plupart des personnes rencontrées par Le Journal ont préféré ne pas être identifiées, pour des raisons de sécurité ou professionnelles. « On ne sait pas où la balle peut aller, c’est toujours un peu inquiétant », a admis Jean-Eudes Gaudreault, un habitant du secteur depuis des décennies. Une autre citoyenne a tenté de relativiser, tout en espérant qu’il s’agisse d’un cas isolé. « Même mes ados ont dit ‘Bon, ça arrive’. Je ne pense pas que ça affecte notre sentiment de sécurité, mais c’est sûr que c’était vraiment proche », a-t-elle fait valoir.
Face à cette situation, certains habitants réclament une présence policière plus marquée dans les environs. En fin d’avant-midi, des agents effectuaient d’ailleurs du porte-à-porte pour recueillir des informations.
L’analyse d’un expert : un message sans « aucun égard pour la vie »
Pour André Gélinas, ancien policier spécialisé dans la lutte contre le crime organisé, le nombre de tirs n’a rien d’anodin. Selon lui, un tel volume de projectiles laisse supposer qu’un « message » devait être passé aux individus ciblés par l’attaque.
L’expert va plus loin dans son analyse, soulignant la brutalité de l’acte. « Quand tu tires 22 coups de feu sur une résidence, peu importe que ce soit un bandit qui habite là, ou que ce soit une erreur, ça veut dire que tu n’as aucun égard pour la vie », assène-t-il. Cette déclaration met en lumière le mépris total des auteurs pour les conséquences potentielles de leurs gestes.
Un écho aux sombres heures de la violence armée

Cet assaut n’est pas sans rappeler les fusillades qui avaient particulièrement marqué les esprits à Montréal durant la flambée de violence armée survenue en pleine pandémie. Ces événements avaient instillé un climat de peur dans certains quartiers de la ville.
Des épisodes tragiques restent gravés dans la mémoire collective. Comment oublier, par exemple, le triple meurtre commis le 2 août 2021 à Rivière-des-Prairies, sur les lieux duquel la police avait retrouvé pas moins de 26 douilles ? Un an plus tard, dans ce même quartier, près de 80 coups de feu avaient été tirés au hasard sur des passants. Un juge avait alors qualifié ces gestes d' »équivalents à un acte terroriste », illustrant la gravité de la situation à laquelle la métropole avait été confrontée.
Selon la source : tvanouvelles.ca