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La méthode Fréchette face à Ottawa : ce style qui pourrait tout changer pour le Québec
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un nouveau ton face à Ottawa : la stratégie du partenariat

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Face au gouvernement fédéral de Mark Carney, la première ministre du Québec Christine Fréchette affiche une nouvelle approche. N’en déplaise à l’aile plus nationaliste des caquistes, elle assume une posture de « partenaire » et refuse de crier au scandale immédiatement, même face à un empiétement dans les champs de compétence québécois. C’est un changement de style notable par rapport à son prédécesseur.

Lors d’une entrevue éditoriale accordée au Bureau parlementaire, elle a clairement défini sa ligne de conduite. « Avec le fédéral, je ne vais pas déchirer ma chemise d’emblée pour tous les sujets possibles », prévient la première ministre. Cette déclaration donne le ton de sa future relation avec Ottawa, une relation qu’elle souhaite avant tout pragmatique.

La diplomatie d’abord, la fermeté si nécessaire

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La stratégie de Christine Fréchette a été mise à l’épreuve rapidement. Alors que Justin Trudeau avait l’habitude d’intervenir dans les compétences provinciales avec de nouvelles dépenses, son successeur Mark Carney a suivi cette voie en créant un fonds de formation pour la main-d’œuvre en construction. La réaction de la première ministre et de son ministre des Relations canadiennes, Jean Boulet, a pourtant été mesurée et polie.

Elle conditionne cependant sa patience à des résultats concrets. « Si ça ne donne pas les résultats escomptés à courte échéance, là, je vais déchirer ma chemise, mais je ne vais pas le faire avant même de savoir sur quel ton veut travailler le fédéral et ce qu’il est prêt à nous accorder dans le respect de nos compétences. » La cheffe caquiste assure d’ailleurs réclamer le plein contrôle de la part québécoise de cette cagnotte fédérale, qui représente 200 millions de dollars cette année.

Ce ton posé tranche radicalement avec le style plus combatif, qualifié de « va-t-en-guerre », de François Legault. Interrogée sur son aversion pour la chicane, elle répond : « Ce n’est pas mon premier réflexe. Je suis capable d’avoir des rapports corsés, mais ce n’est pas le premier élan qui m’habite. » Reste à voir si cette démarche diplomate portera ses fruits. La CAQ a en effet essuyé des refus répétés d’Ottawa pendant sept années de politique autonomiste. La première ministre prévient toutefois qu’elle peut « changer d’approche assez solide » si la situation l’exige.

Une étiquette « rouge » qu’elle rejette fermement

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Son approche collaborative avec Ottawa a conduit certains observateurs à lui coller une étiquette « rouge », synonyme de fédéraliste ou de libérale. Une qualification qu’elle rejette sans montrer d’agacement. « Je trouve que c’est des demi-vérités », juge-t-elle, rappelant qu’elle porte aussi des mesures nationalistes, comme l’élargissement de la loi 101 à la formation des adultes et à la formation professionnelle. « C’est comme si on portait ombrage à ces dimensions-là », ajoute-t-elle.

Dans les faits, son bilan est nuancé. Elle a écarté le très nationaliste Simon Jolin-Barrette des postes de leader du gouvernement et de ministre des Relations canadiennes. En revanche, son réflexe a été vif et immédiat lorsque le ministre fédéral Sean Fraser a évoqué un possible encadrement du recours à la clause dérogatoire par les provinces. « Non, c’est hors de question », avait-elle aussitôt signalé sur ses réseaux sociaux.

Durant l’entretien, son désir d’efficacité a pris le pas sur l’émotion. La seule exception fut un bref moment d’emballement en évoquant la victoire du Canadien de Montréal le mercredi précédent. « Mon Dieu, les cinq dernières minutes, là, j’étais sur le bout de ma chaise », a-t-elle lancé, illustrant un rare instant de relâchement.

Un style qui commence à porter ses fruits dans les sondages

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Les premiers signaux semblent positifs pour la nouvelle première ministre. Selon un récent sondage de la firme Léger, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a repris quatre points depuis son élection à la chefferie. Ces gains ont été principalement réalisés aux dépens du Parti Libéral du Québec (PLQ) de Charles Milliard.

Les libéraux avaient anticipé que le profil de Christine Fréchette, moins focalisé sur les questions identitaires et plus tourné vers l’économie, pourrait leur nuire. Leur nervosité semble donc justifiée. La principale intéressée attribue cette embellie directement à son style de leadership. « Je ne suis pas étonnée que ça commence à percoler », commente-t-elle.

Sans faire preuve d’un excès de confiance, la première ministre estime voir « une voie de passage claire et nette » pour son gouvernement. Il est vrai que de nombreux Québécois ont perçu un changement depuis le 12 avril, date de son arrivée. La question demeure : au moment de voter, se souviendront-ils de ce nouveau style ou du bilan caquiste des huit dernières années ?

Pouvoir d’achat : priorité aux plaques d’immatriculation, pas à l’essence

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Sur le front économique, Christine Fréchette écarte l’idée d’imiter Mark Carney en suspendant temporairement la taxe provinciale sur l’essence. La première ministre craint une flambée des prix le jour où la taxe devrait être réinstaurée. Elle privilégie une autre méthode pour soulager les automobilistes : la diminution des frais d’immatriculation.

Cette mesure, promise lors de sa course à la chefferie, demeure son « approche préférée ». Le principe est de réduire la facture de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) d’un montant qui serait proportionnel aux revenus additionnels générés par la taxe sur le carburant. « Donc, si on a fait, je ne sais pas moi, 20 millions de plus, eh bien, on va offrir 20 millions de rabais sur le coût des plaques d’immatriculation », a-t-elle expliqué.

Pour elle, « alléger la pression sur le portefeuille des Québécois » reste un objectif « incontournable ». Dans cette optique, son ministre des Finances, Eric Girard, a le mandat de lui proposer une liste de « produits de consommation courante » qui pourraient être exemptés de la Taxe de vente du Québec (TVQ). « Qu’est-ce qu’on va choisir? Est-ce que ça va être des produits alimentaires […], des produits de soins hygiéniques? […] On va regarder le champ des possibles », a détaillé la première ministre, confirmant qu’il s’agit d’une avenue qu’elle « considère très sérieusement ».

Achat local : l’inspiration du maire de Québec, Bruno Marchand

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La première ministre a trouvé une source d’inspiration pour stimuler l’économie locale en la personne de Bruno Marchand, le maire de Québec. Son objectif : garnir davantage les carnets de commandes des entreprises québécoises avec des contrats publics. En réaction à la guerre tarifaire initiée par Donald Trump, la Ville de Québec s’est récemment fixé une cible d’approvisionnement local de 70 % d’ici 2029.

Christine Fréchette a discuté de cette initiative avec le maire Marchand, qui fut d’ailleurs le premier élu à la rencontrer après sa victoire à la chefferie de la CAQ. Mettant en avant l’impact positif de l’achat local, elle souhaite « offrir de la prévisibilité aux entreprises » du Québec pour les futurs appels d’offres gouvernementaux, notamment ceux concernant les hôpitaux et les établissements d’enseignement.

À cette fin, la première ministre a donné une directive claire aux sous-ministres. Elle leur a demandé de s’assurer que le gouvernement « aide davantage les entreprises québécoises en faisant connaître ce qui s’en vient en termes de besoins d’achat [d’ici] […] les deux, trois, quatre prochaines années ».

Selon la source : journaldequebec.com

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