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Un sauropode vieux de 120 millions d’années devient le plus grand dinosaure découvert en Asie, aussi lourd que 9 éléphants
Crédit: Patchanop Boonsai (CC BY SA 4.0)

Un trésor paléontologique surgi du passé

credit : lanature.ca (image IA)

Au bord d’un simple étang en Thaïlande, la terre a livré un secret enfoui depuis des millénaires. Les paléontologues viennent d’y identifier le plus grand dinosaure jamais découvert sur le continent asiatique. Surnommé « le dernier titan » par la communauté scientifique, ce spécimen exceptionnel a été mis au jour dans les roches fossilifères les plus jeunes de la région.

Ces formations géologiques offrent une fenêtre temporelle précise, datant de 100 à 120 millions d’années. L’animal a évolué bien avant que le célèbre astéroïde de Chicxulub ne vienne frapper la Terre et ne raye les dinosaures non-aviens de la carte du monde.

L’hommage aux légendes locales

credit : lanature.ca (image IA)

Les ossements ont été extraits il y a dix ans au bord d’un point d’eau dans la province de Chaiyaphum. Aujourd’hui formellement identifié, ce géant devient le quatorzième dinosaure à être baptisé en Thaïlande. Les chercheurs lui ont attribué le nom scientifique de Nagatitan chaiyaphumensis, une appellation chargée d’histoire et de mythologie.

La première partie du nom rend un hommage direct aux serpents Naga, ces créatures aquatiques mythologiques profondément ancrées dans le folklore thaïlandais et d’Asie du Sud-Est. Le terme « Titan » vient s’y greffer pour souligner la taille monumentale de l’animal, en référence directe aux géants de la mythologie grecque. La seconde partie, chaiyaphumensis, indique simplement sa provenance de la province de Chaiyaphum.

Des dimensions qui défient l’imagination

credit : Thitiwoot Sethapanichsakul et al (CC BY SA 4.0)

Le Nagatitan chaiyaphumensis appartient à la famille des sauropodes. Ces géants herbivores, reconnaissables à leur très long cou, présentaient des gabarits très variés à travers le monde, allant d’un poids inférieur à celui d’un humain jusqu’aux plus grands animaux terrestres que notre planète ait portés. Celui-ci affiche des mensurations impressionnantes : 27 mètres de long (soit 88,6 pieds) pour un poids de 27 tonnes (29,7 tons), l’équivalent de neuf éléphants d’Asie adultes.

Bien qu’il reste éloigné des records mondiaux absolus, sa carrure éclipse totalement certains des spécimens les plus célèbres. Il surpasse notamment l’un des sauropodes les plus connus au monde, actuellement exposé au Herbert Art Gallery & Museum de Coventry, au Royaume-Uni. Thitiwoot (Perth) Sethapanichsakul, auteur principal de l’étude et doctorant thaïlandais à l’UCL, détaille cette comparaison dans un communiqué.

« Notre dinosaure est grand selon les standards de la plupart des gens – il pesait probablement au moins 10 tonnes de plus que Dippy le Diplodocus (Diplodocus carnegii) », précise le chercheur. Il nuance toutefois : « Cependant, il est toujours éclipsé par des sauropodes comme le Patagotitan (60 tonnes) ou le Ruyangosaurus (50 tonnes). »

La fin d’une ère géologique

credit : Thitiwoot Sethapanichsakul

La taille colossale du Nagatitan est parfaitement illustrée par une photographie fascinante où Thitiwoot Sethapanichsakul pose à côté de l’os de la patte avant de l’animal. Ce seul fragment fossilisé mesure 1,78 mètre de long (5,4 pieds), démontrant physiquement l’énormité de la créature.

Selon l’équipe de recherche, la position de ce fossile au sein de la roche apporte une information cruciale. Elle pourrait signifier que le Nagatitan représente le dernier ou le plus récent des grands sauropodes qui sera jamais trouvé en Asie du Sud-Est. Il n’est cependant pas exclu que la région recèle d’autres dinosaures encore inconnus.

Cette conclusion s’explique par les bouleversements géologiques locaux. Peu de temps après l’existence de ce titan, la région s’est transformée en une mer peu profonde, marquant la fin de l’habitat terrestre dans cette zone. Le spécimen demeure donc l’un des ultimes dinosaures ayant foulé le sol de la Thaïlande.

Les promesses d’une collection inexplorée

credit : lanature.ca (image IA)

Si les mers ont recouvert la région, le potentiel de découvertes reste immense. Le doctorant porte une ambition forte pour son domaine de recherche. « Mon rêve est de continuer à faire pression pour que les dinosaures d’Asie du Sud-Est soient reconnus internationalement », affirme-t-il.

Pour y parvenir, il mise sur le développement des partenariats mondiaux. « Plus de collaborations internationales entre la Thaïlande et d’autres institutions comme l’UCL peuvent approfondir notre compréhension de la paléobiologie de la région et l’appliquer à un contexte mondial. Tout cela commence par identifier et décrire les spécimens que nous avons trouvés en premier. Nous avons une grande collection de fossiles de sauropodes qui n’ont pas encore été formellement décrits – ceux-ci pourraient inclure un certain nombre de nouvelles espèces », explique le scientifique.

Publiée dans la revue Scientific Reports, cette recherche représente bien plus qu’une simple avancée académique pour son auteur principal. « J’ai toujours été un enfant passionné par les dinosaures. Cette étude ne se contente pas d’établir une nouvelle espèce mais accomplit également une promesse d’enfance de nommer un dinosaure », conclut-il avec émotion.

Selon la source : iflscience.com

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