Le cosmonaute russe qui a passé 14 mois dans l’espace : ce que les scientifiques ont découvert sur son corps est impressionnant
Auteur: Simon Kabbaj
L’espace est un environnement hostile où l’absence de gravité met à rude épreuve le corps humain. Pourtant, un homme a défié les lois de la biologie en y passant 14 mois sans interruption. Valeri Polyakov, cosmonaute et médecin russe, détient à ce jour le record du plus long séjour en continu dans l’espace. À son retour sur Terre en 1995, les scientifiques ont minutieusement étudié son état de santé, cherchant à comprendre comment un être humain pouvait survivre si longtemps en apesanteur. Les résultats de ces analyses ont profondément marqué la communauté scientifique.
Un destin hors du commun

Né en 1942 à Tula, en Russie, Valeri Polyakov s’est d’abord orienté vers la médecine avant de se spécialiser dans la médecine spatiale. Conscient des défis que représentaient les longs séjours en orbite, il s’est porté volontaire pour tester les limites du corps humain. Après un premier vol en 1988 de 240 jours à bord de la station spatiale Mir, il accepte un défi encore plus grand en 1994 : rester 437 jours en continu dans l’espace.
Une mission historique à bord de Mir

Le 8 janvier 1994, Polyakov s’installe dans la station Mir, où il passera plus d’un an en orbite autour de la Terre. Il effectue plus de 7 000 révolutions autour de la planète et participe à 25 études scientifiques sur l’impact de l’apesanteur sur le corps humain. Son objectif ? Démontrer que l’homme peut supporter de longues périodes dans l’espace sans altération majeure de sa santé, une donnée essentielle pour préparer d’éventuelles missions vers Mars.
Les effets sur son corps : des résultats étonnants

Après 14 mois en apesanteur, le corps de Polyakov a subi des modifications notables :
- Une croissance de 6,3 cm due à l’absence de gravité, qui allonge la colonne vertébrale.
- Aucune perte cognitive : ses capacités intellectuelles et sa mémoire sont restées intactes.
- Un entraînement rigoureux : grâce à 2 heures de sport quotidien, il a préservé sa force musculaire et osseuse.
- Une adaptation impressionnante : contrairement aux attentes, il a pu marcher seul dès son atterrissage.
Un retour sur Terre qui défie les pronostics

Lorsqu’il touche à nouveau le sol le 22 mars 1995, tous les regards sont tournés vers lui. Son état de santé est scruté par les scientifiques, qui s’attendent à le voir affaibli et incapable de se déplacer. Mais contre toute attente, Polyakov sort seul de sa capsule, s’assoit, fume une cigarette et boit un verre de brandy. Un geste symbolique pour prouver que l’homme peut survivre dans l’espace sans séquelles majeures.
Des enseignements cruciaux pour l’avenir

Les résultats de cette mission ont révolutionné la médecine spatiale. Les chercheurs ont découvert que le corps humain peut s’adapter à un long séjour en apesanteur, à condition de maintenir une activité physique régulière. Ces conclusions ont conforté les agences spatiales dans l’idée que des missions de plusieurs mois, voire plusieurs années, étaient possibles. Aujourd’hui encore, l’expérience de Polyakov sert de référence pour les projets d’exploration vers la Lune et Mars.
Conclusion

Le record de Valeri Polyakov n’a jamais été battu et reste une preuve de la résilience humaine face à l’inconnu. Son courage et sa détermination ont permis d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’exploration spatiale. En repoussant les limites du corps humain, il a contribué à préparer l’humanité aux futures missions dans l’espace profond. Un exploit qui, encore aujourd’hui, continue d’inspirer scientifiques et astronautes du monde entier.