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TDAH : Les médicaments comme la Ritaline ne fonctionnent pas du tout comme on l’imaginait
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une surprise de taille pour des millions de patients

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C’est le genre de nouvelle qui vous fait marquer une pause, surtout si vous avez des enfants ou des petits-enfants concernés. On estime qu’aux États-Unis seulement, environ 3,5 millions d’enfants âgés de 3 à 17 ans prennent des médicaments pour le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec/sans Hyperactivité). C’est énorme, n’est-ce pas ?

Pendant des années, on a vécu avec une certitude assez confortable. On se disait que ces stimulants, comme le célèbre Ritaline ou l’Adderall, agissaient directement sur les zones du cerveau responsables de l’attention. Ça semblait logique, après tout. Mais voilà que la science vient bousculer nos acquis. De nouvelles données révèlent que le mécanisme d’action de ces pilules est en réalité bien différent de ce que les scientifiques eux-mêmes pensaient jusqu’à présent.

Il s’avère que ces médicaments ne ciblent pas spécifiquement l’attention. Non, ils agiraient principalement sur les zones de l’éveil et de la récompense. C’est une nuance qui change toute notre compréhension de la gestion de ce trouble de plus en plus diagnostiqué, aussi bien chez les plus jeunes que chez les adultes.

L’étude qui remet les pendules à l’heure

credit : lanature.ca (image IA)

Benjamin Kay, qui est professeur adjoint de neurologie et docteur en médecine, l’a admis avec une franchise rafraîchissante dans un communiqué : en tant que neurologue pour enfants, on lui a toujours enseigné que ces stimulants facilitaient les systèmes d’attention pour donner aux patients un contrôle volontaire sur leur concentration. C’était la doctrine officielle, pour ainsi dire.

Mais le Dr Kay et ses collègues de l’École de médecine de l’Université de Washington à St. Louis ont décidé de creuser un peu plus. Et ils n’ont pas fait les choses à moitié. Ils ont examiné les données d’imagerie cérébrale de près de 6 000 enfants. Ces données provenaient de l’étude ABCD (Adolescent Brain Cognitive Development), une recherche neurodéveloppementale à long terme menée dans plusieurs centres à travers le pays. C’est une base de données colossale.

Grâce à des examens d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), l’équipe a pu comparer les schémas de connectivité cérébrale. D’un côté, les enfants qui avaient pris un stimulant le jour du scan, et de l’autre, ceux qui n’en avaient pas pris. Pour être sûrs de leur coup, ils ont même validé ces résultats avec une petite expérience sur cinq adultes. Ces derniers, qui n’avaient pas de TDAH et ne prenaient pas de stimulants habituellement, ont passé des scanners avant et après avoir pris du méthylphénidate (l’ingrédient actif de la Ritaline). Le verdict ? Identique.

Ce que l’équipe a vu sur les écrans, aussi bien chez les enfants que chez les adultes, c’était une modification de la connectivité dans les centres de l’éveil et de la récompense. Les zones de l’attention, elles, n’étaient pas les cibles directes. C’est assez fascinant quand on y pense, non ?

Pourquoi ça marche ? Le paradoxe de l’hyperactivité expliqué

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Alors, comment expliquer que ces médicaments aident quand même à se concentrer ? Le Dr Kay avance une explication qui, finalement, tombe sous le sens : l’amélioration de l’attention serait un effet secondaire. L’enfant, étant plus alerte et trouvant la tâche plus « gratifiante » (grâce à l’activation du centre de la récompense), arrive naturellement à mieux s’y consacrer.

Le coauteur de l’étude, le professeur de neurologie Nico U. Dosenbach, ajoute une pierre à l’édifice en expliquant ce qui semblait être un paradoxe. Pourquoi donner des excitants à des enfants hyperactifs les calme-t-il ? C’est une question que beaucoup de parents se sont posée. Dosenbach explique que les tâches sur lesquelles les enfants n’arrivent pas à se concentrer sont celles qu’ils trouvent, eh bien… ennuyeuses, ou non gratifiantes.

« Sous stimulant, ils peuvent mieux rester assis parce qu’ils ne se lèvent pas pour trouver quelque chose de mieux à faire », précise-t-il. C’est tout bête, mais il fallait y penser. L’agitation viendrait d’une recherche inconsciente de stimulation. Si le médicament apporte cette stimulation chimique, le besoin de bouger s’estompe.

Il faut noter aussi une différence majeure : si des personnes sans TDAH utilisent ces produits (souvent détournés comme drogues « intelligentes » ou pour étudier), elles deviennent souvent surexcitées, erratiques et… moins concentrées. C’est l’inverse de l’effet thérapeutique recherché chez les patients TDAH.

Conclusion : Le piège du sommeil et les perspectives d’avenir

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L’étude a soulevé un autre point crucial, et franchement, un peu inquiétant. Les chercheurs ont remarqué que les médicaments pouvaient contrer les effets du manque de sommeil chez les enfants TDAH. En gros, si un participant n’avait pas assez dormi mais avait pris son stimulant, la signature cérébrale du manque de sommeil était effacée, tout comme les baisses de performance cognitive associées.

Cela pourrait sembler être une bonne nouvelle, mais le Dr Kay nous met en garde : ce n’est pas parce que les symptômes sont masqués que le corps récupère. « Ne pas dormir assez est toujours mauvais pour vous, et c’est particulièrement mauvais pour les enfants », insiste-t-il. Le risque, c’est que ces enfants subissent les conséquences à long terme d’un manque de sommeil chronique, sans que personne ne s’en rende compte parce que le médicament fait illusion.

Il est donc essentiel que les professionnels de santé intègrent le sommeil dans leurs plans de traitement. Avec des recherches récentes suggérant que jusqu’à 25 % des adultes américains pensent qu’ils pourraient avoir un TDAH, la demande de diagnostics et de traitements ne fait qu’augmenter. Mieux comprendre comment ces pilules agissent réellement sur notre cerveau n’est pas seulement un exercice académique, c’est une nécessité absolue pour l’avenir de la médecine.

Selon la source : iflscience.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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