Une attente interminable

Bon, imaginez la scène. Nous sommes le 31 décembre, le champagne est au frais, mais pour une poignée de scientifiques, les yeux sont rivés ailleurs. Pas sur une boule à facettes, non, mais sur l’Axial Seamount. C’est ce gigantesque volcan qui dort – enfin, qui fait semblant de dormir – au fond du Pacifique, à environ 480 kilomètres (ou 300 miles pour nos amis américains) au large de la côte de l’Oregon. La tension était palpable car, selon les prévisions de l’année dernière, cette bête sous-marine avait littéralement quelques heures pour se réveiller et entrer en éruption avant la fin de 2025. Ça aurait été un sacré feu d’artifice, je vous le dis.
Mais voilà… rien. Le calme plat. C’est frustrant, non ? Surtout pour les géologues et océanographes qui avaient misé sur cette année. Du coup, il a fallu revoir la copie. Comme l’a avoué Bill Chadwick, qui bosse comme chercheur associé au Hatfield Marine Science Center de l’Université d’État de l’Oregon, on va devoir probablement ajouter une année de plus à la fenêtre de tir. Sur le blog qu’il tient avec son collègue Scott Nooner, professeur de géophysique à l’Université de Caroline du Nord à Wilmington, il semblait un peu résigné. Il explique, je cite de mémoire, qu’au rythme actuel où le volcan gonfle, on n’atteindra pas le seuil critique avant le milieu, voire la fin de 2026. C’est un peu le jeu du chat et de la souris, finalement.
Pourquoi s’est-on trompé ? L’histoire d’un ballon qui gonfle

Alors, pourquoi tout le monde était si sûr que ça allait péter en 2025 ? C’est une question légitime. Prédire une éruption, soyons honnêtes, c’est un peu comme essayer de deviner la météo dans un mois : c’est quasi impossible la plupart du temps. Sauf que l’Axial Seamount, c’est un cas à part. Mark Zumberge, un géophysicien de l’Institution Scripps d’océanographie en Californie, disait l’an dernier que c’est le volcan sous-marin le mieux instrumenté de la planète. On a des capteurs partout là-bas dessous qui surveillent les mouvements du fond marin en temps réel.
Le principe est assez simple, enfin, si on veut. Le volcan gonfle. C’est comme un ballon qu’on remplit de magma. En novembre 2024, Bill Chadwick avait tiré la sonnette d’alarme parce que le niveau de gonflement avait dépassé celui atteint juste avant la dernière éruption de 2015. William Wilcock, de l’école d’océanographie de l’Université de Washington, expliquait en avril que si l’hypothèse du gonflement était bonne, ça pouvait arriver n’importe quand. Mais voilà, l’hypothèse était peut-être un peu… incomplète ? Ou optimiste.
Il s’avère qu’on a dépassé le seuil de 2015, certes, mais ça ne suffit pas. Chadwick et son équipe pensent maintenant qu’il faut atteindre un niveau encore plus haut. En octobre, il écrivait qu’on est environ 10 cm au-dessus du seuil de 2015, mais qu’il manque peut-être encore 20 cm de gonflement avant que ça craque. Et le problème, c’est que le rythme de ce gonflement change tout le temps. C’est capricieux, un volcan. Chadwick disait justement : « Il semble qu’à chaque fois qu’on essaie d’estimer quand le volcan y arrivera, le taux d’inflation change, rendant nos prévisions incorrectes. » C’est un peu l’histoire de ma vie quand j’essaie de prévoir mes finances, vous ne trouvez pas ?
Les signes qui ne trompent pas (ou qui manquent)

Il n’y a pas que le gonflement dans la vie, il y a les tremblements aussi. Et là, c’est le calme plat, ou presque. C’est un autre indicateur que les océanographes surveillent comme le lait sur le feu. Même si le volcan a grossi en 2025, l’activité sismique est restée étonnamment faible. Chadwick notait que ce silence contribue à l’idée que rien n’est imminent. Pour vous donner une idée, même en octobre, on voyait rarement 1 000 séismes par jour. La plupart du temps, c’était autour de 100. Ça paraît beaucoup dit comme ça – je n’aimerais pas que ça se passe sous ma maison – mais c’est un ordre de grandeur bien trop faible.
Deborah Kelley, qui dirige le Regional Cabled Array à l’UW, disait qu’avant une éruption, elle s’attendrait à voir plus de 2 000 séismes par jour pendant quelques mois. On en est loin. Et puis, il y a des théories un peu plus… comment dire… ésotériques ? Ça sonne un peu comme de l’astrologie, mais Maya Tolstoy, géophysicienne marine, a souligné un truc fascinant. La position du Soleil et de la Lune pourrait jouer un rôle. Oui, sérieusement.
C’est une histoire de marées. À marée haute, l’océan pèse lourd sur la croûte terrestre. À marée basse, ce poids diminue légèrement, ce qui facilite les tremblements de terre. C’est dingue, non ? D’ailleurs, les trois dernières éruptions ont eu lieu entre janvier et mai. Pourquoi ? Parce que c’est le moment où l’attraction gravitationnelle du Soleil est la plus faible. Coïncidence ou véritable effet mécanique ? On ne le saura vraiment que quand l’Axial décidera de se réveiller pour de bon.
Conclusion : Vers une nouvelle méthode de prédiction ?

Alors, c’est pour quand ? 2026 ? 2027 ? Au fond, tout ça reste très incertain. Mais la science avance, heureusement. Chadwick et les autres géologues commencent à placer leurs espoirs dans quelque chose de nouveau. Fini le simple repérage de motifs, place à la physique pure et dure. Une nouvelle expérience de prévision a débuté en novembre, basée sur un modèle développé par Qinghua Lei de l’Université d’Uppsala en Suède et Didier Sornette de l’ETH Zurich en Suisse.
Ce n’est pas n’importe quel modèle : il est conçu pour prédire les ruptures mécaniques, que ce soit pour des glissements de terrain, des glaciers ou nos fameux volcans. Chadwick expliquait sur le blog que ce modèle a déjà fait ses preuves… rétrospectivement. C’est-à-dire qu’en analysant les vieilles données, il arrivait à « prédire » les éruptions passées. C’est déjà ça, me direz-vous. Mais est-ce qu’il marchera pour le futur ? Chadwick a l’air curieux de voir le résultat, surtout pour comparer avec leurs tentatives subjectives basées sur la reconnaissance de formes. En attendant, il ne nous reste plus qu’à patienter. Et si ça rate encore en 2026… eh bien, on se donne rendez-vous en 2027 ?
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.