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Vivons-nous dans une illusion ? Une nouvelle théorie scientifique rebat les cartes de la simulation
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une question vieille comme le monde (ou presque)

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Vous est-il déjà arrivé de vous arrêter un instant, peut-être en regardant par la fenêtre ou en observant les gens passer, et de vous demander : « Est-ce que tout ça est bien réel ? » C’est un sentiment étrange, n’est-ce pas ? On a parfois l’impression que le monde qui nous entoure pourrait n’être qu’une vaste mise en scène, un peu comme dans ces films de science-fiction où tout n’est qu’un programme informatique.

Eh bien, figurez-vous que cette interrogation dépasse largement les discussions de fin de soirée. C’est ce qu’on appelle l’hypothèse de la simulation. Jusqu’à présent, on imaginait souvent une hiérarchie stricte : un monde « réel » qui contrôlerait un monde « simulé » en dessous de lui. Mais une nouvelle étude vient bousculer cette idée reçue.

David Wolpert, un chercheur titulaire d’un doctorat au prestigieux Santa Fe Institute (SFI) au Nouveau-Mexique, s’est penché sur la question. Plutôt que de se perdre dans des conjectures floues, il a utilisé la rigueur de l’informatique pour examiner ce cadre de simulation. Et sa conclusion est pour le moins surprenante : il suggère que deux univers pourraient se simuler l’un l’autre, sans qu’il y ait forcément un « chef » et un « subordonné ». C’est une boucle, pas une échelle.

Transformer l’univers en ordinateur : définitions et limites

credit : lanature.ca (image IA)

Le problème avec les philosophes — et je dis ça avec tout le respect que je leur dois — c’est qu’ils parlent souvent de la réalité « fonctionnant sur un ordinateur » sans jamais vraiment définir ce qu’est une simulation. C’est un peu vague, vous ne trouvez pas ? C’est là que le travail de M. Wolpert devient intéressant. Il a décidé de poser des bases mathématiques solides, ce qu’il appelle un « échafaudage » qui manquait cruellement au débat.

Pour ce faire, il considère chaque univers comme un système informatique avec un état changeant. Il s’appuie sur le concept de la machine de Turing. Pour faire simple, c’est l’idée d’un ordinateur idéal qui suit des règles étape par étape. Cela permet de se concentrer sur ce qui peut être calculé et copié, plutôt que de se demander « qui » a branché la prise. Wolpert définit la simulation comme une relation entre deux systèmes régis par des règles, où l’un prédit l’état futur de l’autre.

Tout cela repose sur une hypothèse fondamentale : la thèse physique de Church-Turing. C’est l’idée — théorique, rappelons-le — que toute la physique mesurable peut, en principe, être calculée par un ordinateur. Si l’on accepte ce postulat, et si un univers possède ce que Wolpert appelle l’« universalité computationnelle » (la puissance nécessaire pour faire tourner n’importe quel programme), alors il devient possible de reproduire n’importe quel résultat observé. Bien sûr, cela reste une supposition ; le cadre ne prouve pas que notre univers obéit réellement à cette règle, mais il montre que c’est mathématiquement plausible.

Boucles infinies, cryptage et l’absence de « vrai » moi

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C’est ici que les choses se corsent et deviennent franchement fascinantes. L’informatique possède des outils pour ce qu’on appelle l’autoréférence. Wolpert utilise un « théorème de récursion ». Imaginez un programme capable de produire sa propre description et de l’utiliser pour fonctionner. Appliqué à notre sujet, cela signifie qu’un simulateur ne doit pas forcément être « au-dessus » de ce qu’il simule.

Le chercheur introduit le concept d’auto-simulation. Un univers pourrait se simuler lui-même de l’intérieur ! Comme l’ordinateur a besoin de temps pour faire ses calculs, la copie apparaîtrait simplement un peu plus tard que le moment qu’elle prédit, évitant ainsi les paradoxes temporels. Wolpert utilise des « graphes dirigés » (des sortes de cartes avec des flèches) pour montrer que ces simulations peuvent former des boucles infinies. Il n’y a plus d’histoire de « haut » et de « bas », mais un réseau de relations où il est impossible de dire où tout commence.

Cela pose un problème vertigineux sur l’identité. Si une simulation est parfaite, l’observateur à l’intérieur (peut-être vous ?) et l’observateur à l’extérieur partagent exactement la même histoire mesurable. Aucune expérience ne permettrait de les distinguer. Wolpert va même plus loin en évoquant le cryptage homomorphe complet. C’est une technique qui permet de faire des calculs sur des données brouillées. En gros, même si quelqu’un a construit notre simulation, il est possible qu’il ne puisse même pas voir ce qui s’y passe sans une clé secrète. Nous pourrions être cachés aux yeux mêmes de nos créateurs.

Conclusion : Ce que cela change vraiment pour nous

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Alors, faut-il paniquer ? Probablement pas. Cette étude, publiée dans le Journal of Physics: Complexity, reste avant tout un exercice théorique. Comme le souligne l’article, il n’y a aucune mesure actuelle qui permettrait de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses. De plus, les vrais ordinateurs ont besoin d’énergie et de mémoire, des ressources qui grimperaient en flèche s’il fallait simuler un univers entier avec ses milliards de galaxies.

L’intérêt de ces travaux n’est pas de nous dire où nous vivons avec certitude, mais de nettoyer le débat. En définissant précisément les termes, Wolpert permet de passer des slogans de science-fiction à des revendications précises que l’on peut comparer. Ça ne nous donnera peut-être pas la réponse ultime demain matin, mais au moins, nous savons maintenant poser les bonnes questions.

Selon la source : earth.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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