Après le choc Maduro, Zelensky suggère à Washington de « s’occuper » du cas Kadyrov
Auteur: Adam David
Une proposition audacieuse venue de Kiev

C’est une déclaration qui ne passera certainement pas inaperçue dans les chancelleries occidentales, et encore moins à Moscou. Volodymyr Zelensky, le chef de l’État ukrainien, a lancé mercredi une idée pour le moins directe : et si les États-Unis réservaient au dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov le même sort spectaculaire qu’au président vénézuélien Nicolas Maduro ?
L’objectif affiché par Kiev est clair, quoique ambitieux : il s’agit de faire pression, de convaincre le Kremlin de mettre un terme définitif à la guerre en Ukraine. Pour Zelensky, les événements récents en Amérique du Sud pourraient bien servir de modèle, ou du moins d’avertissement sévère.
L’exemple vénézuélien comme levier de pression

Tout s’est joué au lendemain d’un sommet crucial à Paris, réunissant les Ukrainiens et leurs alliés occidentaux. Face aux journalistes, Volodymyr Zelensky n’a pas mâché ses mots. Il a explicitement fait référence à l’opération coup de poing menée par Washington samedi dernier. Pour rappel, cette intervention militaire choc a abouti à la capture de Nicolas Maduro et de son épouse, qui ont été emmenés de force jusqu’à New York. Une image forte qui semble avoir marqué les esprits à Kiev.
« Voilà un exemple avec Maduro, n’est-ce pas ? (…) Qu’ils mènent une sorte d’opération avec (Ramzan) Kadyrov, avec ce meurtrier », a lâché le président ukrainien. L’idée derrière cette suggestion un peu provocatrice ? Faire réfléchir Vladimir Poutine. Zelensky estime, peut-être avec un brin d’espoir, que si le président russe voit ses alliés tomber ainsi, il pourrait « y réfléchir à deux fois » avant de poursuivre ses offensives.
Kadyrov : Le fidèle « soldat » de Poutine dans le viseur

Mais qui est vraiment cet homme que Zelensky qualifie de « meurtrier » ? Ramzan Kadyrov n’est pas n’importe qui. C’est un ancien séparatiste qui a retourné sa veste pour devenir l’un des plus fidèles soutiens du chef de l’État russe. Il dirige la Tchétchénie, cette république russe du Caucase, d’une main de fer indiscutable. On se souvient qu’il avait applaudi des deux mains la décision du Kremlin d’envahir l’Ukraine en février 2022. Depuis, il n’a cessé de multiplier les menaces contre Kiev et ses alliés, allant jusqu’à envoyer des milliers de ses propres militaires tchétchènes sur le front.
Son passif est lourd, très lourd même. Il est accusé de certains des assassinats politiques les plus marquants de ces vingt dernières années en Russie. De nombreuses ONG le mettent aussi en cause pour de très graves violations des droits humains au sein de sa république. Pourtant, l’homme semble parfois vulnérable. Ces dernières années, les rumeurs sont allées bon train, le disant tantôt malade, tantôt mourant. Début janvier, pour tenter de faire taire ces bruits, l’un de ses proches collaborateurs a dû diffuser une vidéo le montrant en sa compagnie, histoire de démentir les allégations sur son hospitalisation dans une clinique de Moscou. Une mise en scène qui montre bien la fébrilité autour de son état de santé.
Vers une extension de la menace aux plus hauts sommets ?

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Volodymyr Zelensky rebondit sur l’actualité vénézuélienne pour envoyer des messages à la Russie. Déjà samedi, juste après l’opération américaine, il avait réagi avec une certaine ironie, semblant suggérer que la cible ultime pourrait être Vladimir Poutine lui-même.
Lors d’une conférence de presse, il avait lancé avec bonne humeur : « À propos du Venezuela ? Qu’est-ce que je peux dire ? S’il est permis de s’occuper des dictateurs de cette façon, alors les États-Unis savent ce qu’ils doivent faire ensuite ». Une petite phrase lourde de sens qui montre que pour Kiev, tous les moyens sont bons pour déstabiliser l’adversaire, y compris en jouant sur la psychose d’une intervention extérieure directe.
Selon la source : journaldemontreal.com
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