Escalade verbale et déluge de feu : Moscou menace directement la future force européenne en Ukraine
Auteur: Adam David
Une fin de non-recevoir glaciale

C’est un refus net, brutal, qui ne laisse guère de place à l’interprétation. La Russie a littéralement torpillé, ce jeudi, le plan échafaudé par les Européens visant à déployer une force multinationale de plusieurs milliers de soldats en Ukraine une fois la guerre terminée. Le message envoyé par le Kremlin est sans équivoque : toute présence militaire occidentale sur le sol ukrainien ne sera pas vue comme une force de maintien de la paix, mais comme une « cible légitime » pour Moscou. On sent bien que la tension diplomatique atteint ici un nouveau sommet.
Pendant que les mots claquent dans les chancelleries, la réalité du terrain est, elle, beaucoup plus sombre. L’armée russe ne relâche pas son étreinte et continue de pilonner l’Ukraine, s’acharnant particulièrement sur les infrastructures énergétiques. Le résultat est catastrophique pour les civils : jeudi, plus d’un million d’habitants dans les zones centrales se sont retrouvés privés d’eau et de chauffage. Et quand on connaît les températures extrêmement basses qui sévissent actuellement, on imagine sans peine la détresse des foyers touchés par ces frappes nocturnes de drones.
D’ailleurs, signe que la situation est particulièrement volatile, l’ambassade des États-Unis à Kiev a émis jeudi soir une mise en garde assez rare pour être soulignée, craignant une attaque aérienne russe d’importance dans les jours à venir. Une alerte suffisamment sérieuse pour être relayée dans la foulée par le président Volodymyr Zelensky lui-même.
Bras de fer diplomatique et coalition des volontaires

La réponse russe aux initiatives européennes ne s’est pas faite attendre et elle est venue de Maria Zakharova. La porte-parole de la diplomatie russe n’a pas mâché ses mots en évoquant le dispositif militaire proposé. Pour elle, c’est clair : toutes ces unités, toutes ces installations seront traitées comme des cibles militaires. Elle a d’ailleurs fustigé ce qu’elle appelle les « déclarations militaristes » des soutiens de Kiev, allant jusqu’à qualifier les participants du récent sommet de Paris d’« axe de la guerre ».
Ce sommet, tenu mardi, avait réuni les membres de la Coalition des volontaires, un groupe essentiellement européen. C’est dans ce contexte que l’Ukraine, qui subit cette offensive majeure depuis 2022, a reçu des promesses de garanties de sécurité. L’idée centrale ? Une force multinationale pour dissuader Moscou de recommencer, une fois qu’une paix — encore très hypothétique, avouons-le — aura été conclue.
Sur le papier, le Royaume-Uni et la France ont avancé leurs pions en signant une déclaration d’intention avec l’Ukraine. Ils se disent prêts, noir sur blanc, à déployer des soldats en cas de cessez-le-feu. Mais le réalisme politique est venu tempérer ces ardeurs. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a admis jeudi une vérité qui dérange : mettre en œuvre ces garanties est tout bonnement impossible sans le consentement de la Russie. Et comme il l’a souligné lui-même, nous sommes « probablement encore assez loin » d’un tel scénario.
L’équation américaine et les exigences de Zelensky

Et les États-Unis dans tout ça ? C’est un peu le grand flou. Ils n’ont pas signé la déclaration de la capitale française, et les contours précis de leur engagement militaire restent, pour l’instant, assez nébuleux. Pourtant, Volodymyr Zelensky tente de faire bouger les lignes. Il a annoncé jeudi que le document sur les garanties de sécurité américaines était pratiquement finalisé, prêt à être soumis à l’approbation de Donald Trump.
On sent toutefois une certaine frustration chez le chef de l’État ukrainien. La veille, il ne cachait pas son regret de n’avoir reçu aucune réponse claire de ses alliés européens sur la réaction concrète à adopter en cas de nouvelle attaque russe post-conflit. C’est bien beau de promettre, semble-t-il dire, mais que fera-t-on vraiment si les chars reviennent ?
Pour assurer sa propre survie, l’Ukraine a fait ses calculs. M. Zelensky a affirmé qu’il fallait maintenir une armée colossale de 800 000 hommes. Pour donner une idée de l’échelle, c’est deux fois plus que les armées française et britannique réunies. Une force qui devra, bien entendu, être dotée d’armes adéquates pour être crédible.
Sur le terrain : Obscurité, pertes et avancée russe

Pendant ces tractations, la guerre continue de broyer des vies et des infrastructures. Dans la région de Dnipro, au centre du pays, plus d’un million de foyers se sont retrouvés sans eau ni électricité jeudi suite aux frappes, même si les autorités ont réussi à rétablir une partie du réseau par la suite. Le bilan humain s’alourdit également : trois personnes ont été tuées dans la région de Kherson (sud) lors d’une série de bombardements, et la première ministre Ioulia Svyrydenko a rapporté qu’au moins 13 personnes avaient été blessées par des tirs de missiles à Kryvyï Rig.
L’objectif de Moscou semble clair : briser la résistance. Depuis l’annonce d’un plan de paix par Washington fin novembre, les efforts diplomatiques s’intensifient, mais le dialogue de sourds persiste. La Russie exige toujours le retrait des forces ukrainiennes des 20 % de la région de Donetsk qu’elles contrôlent encore, ainsi qu’un engagement juridiquement contraignant que l’Ukraine n’adhérera jamais à l’OTAN. Vladimir Poutine l’a assuré fin décembre : la Russie atteindra ses objectifs, que ce soit par la diplomatie ou par les armes.
Et les armes parlent. Les forces russes, plus nombreuses et mieux équipées, grignotent du terrain. Le ministère russe de la Défense a revendiqué jeudi la prise de Bratské, dans le sud de la région de Dnipro. Une information corroborée par le site de cartographie DeepState, proche de l’armée ukrainienne, qui note également la perte des localités d’Andriïvka (région de Soumy) et de Novomarkové (Donetsk). La carte de la guerre change, jour après jour, et rarement à l’avantage de Kiev ces derniers temps.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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