L’arrivée du lécanemab au Canada : une première historique teintée d’incertitudes financières
Auteur: Adam David
Une page d’histoire se tourne pour les patients canadiens

C’est un moment que beaucoup attendaient avec une impatience mêlée d’anxiété. Sharon Runge est devenue, tout récemment, la toute première patiente de l’histoire du Canada à recevoir une perfusion de ce fameux médicament contre la maladie d’Alzheimer, fraîchement approuvé par Santé Canada. Il s’agit d’une étape majeure, c’est indéniable. Pourtant, on ne peut s’empêcher de noter que le Canada traîne un peu la patte : nous sommes le dernier pays du G7 à donner le feu vert au lécanemab.
Ce traitement représente pourtant une lueur d’espoir tangible. Comme le souligne la Dre Sara Mitchell, neurologue cognitive, « C’est un moment historique pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et leurs familles au Canada, car nous avons pu intervenir de manière significative dans cette maladie ». Ce n’est pas rien. Pour des familles comme celle de Sharon, c’est peut-être le début d’une nouvelle ère, même si tout n’est pas encore rose côté administratif.
Le temps comme traitement : mécanisme et promesses médicales

Mais concrètement, qu’est-ce que ce produit change ? Le lécanemab n’est pas une pilule magique, c’est un anticorps monoclonal. Son boulot, c’est de faire le ménage, si l’on peut dire, en éliminant les plaques amyloïdes nocives qui s’accumulent dans le cerveau. Les résultats sont là : le médicament a démontré qu’il ralentissait la progression de la maladie d’environ 30 %. Ce n’est pas un remède miracle, non, mais c’est un sursis.
La Dre Mitchell analyse les chiffres avec pragmatisme : « Les données à long terme nous indiquent désormais que la prise de ce médicament pendant quatre ans permet de prolonger d’un an la période d’autonomie. » Gagner une année d’indépendance, quand on fait face à une dépendance accrue vis-à-vis de ses proches, c’est énorme. C’est le cadeau le plus précieux que l’on puisse offrir : du temps. M. Dallard, le mari de Mme Runge, ne dit pas autre chose. Pour lui, l’espoir réside dans ce délai supplémentaire.
« Au cours de la dernière année, Sharon a reçu un diagnostic d’Alzheimer. J’espère que ce médicament retardera un peu la progression de la maladie pour nous », confie-t-il avec une émotion palpable. Sa logique est simple, humaine : « Plus nous passerons de temps ensemble, plus nous partagerons de moments de bonheur. »
Le revers de la médaille : coûts exorbitants et absence de financement

C’est ici que le bât blesse, et sérieusement. Même si Santé Canada a dit « oui », l’Agence des médicaments du Canada n’a pas encore émis de recommandation de financement. Résultat ? Les agences provinciales de santé ne couvrent pas encore les frais. C’est un vide administratif qui pèse lourd sur les épaules des familles. Actuellement, des gens comme les Runge doivent payer la facture intégrale de leur poche.
Et quelle facture… On parle d’environ 32 000 dollars pour une année de traitement, sachant que le coût varie selon le poids du patient et qu’il s’agit d’une perfusion bihebdomadaire. C’est une somme astronomique pour le commun des mortels. La Dre Mitchell ne cache pas son inquiétude face à cette inégalité : « Nous espérons que tous les Canadiens pourront avoir un accès égal à ce médicament, et cela nécessite le soutien du gouvernement ». Elle insiste sur le fait que ces patients, ce sont des gens que l’on croise tous les jours, des gens qui veulent juste continuer à vivre chez eux.
Évidemment, cela soulève des débats. Il y a une certaine opposition du public à l’idée que les contribuables financent un traitement aussi coûteux. La réponse de M. Dallard à ces critiques est désarmante de simplicité : « Je leur dirais de se mettre à notre place ». Il ajoute, avec un regret perceptible, qu’il aurait seulement souhaité que sa femme puisse recevoir ce médicament plus tôt. C’est difficile de lui donner tort.
Conclusion : L’importance de l’intervention précoce et l’amour plus fort que l’oubli

Le timing est crucial, les médecins sont catégoriques là-dessus. Sharon a commencé à avoir des symptômes il y a quatre ans. Or, on sait maintenant que ces protéines problématiques s’accumulent des décennies avant que la maladie ne se déclare visiblement. L’intervention précoce est donc la clé pour préserver la qualité de vie. La recherche ne s’arrête pas là : la prochaine étape sera de tester si le médicament peut compenser la maladie chez des patients qui ont ces plaques nocives, mais qui sont encore asymptomatiques.
Quelques instants avant cette perfusion historique – rapportée initialement par CTV News – Sharon confiait qu’elle avait du mal à réaliser son diagnostic. « Dans ma vie quotidienne, je me sens bien », disait-elle avec un sourire qui masque sans doute une certaine confusion. Son mari note que sa mémoire à court terme décline doucement depuis des années. C’est insidieux.
Pourtant, l’essentiel reste intact. Sa mémoire flanche parfois, c’est vrai, mais ses pensées, son dévouement pour ses enfants et son amour pour son mari sont toujours là, vibrants. « J’ai tellement de chance de l’avoir rencontré, il est la chose la plus importante dans ma vie », dit-elle. Au fond, c’est tout ce qui compte. Les Runge espèrent juste que leur vie amoureuse pourra s’étirer encore un peu, défiant le temps et la maladie.
Selon la source : noovo.info
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.