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Covid long et Alzheimer : des similitudes biologiques inquiétantes découvertes dans le sang des patients
Crédit: lanature.ca (image IA)

Quand le brouillard cérébral cache quelque chose de plus sombre

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On a tous entendu parler de ces symptômes persistants, parfois invalidants, qui traînent bien après l’infection. Des maux de tête, des vertiges qui vous prennent par surprise, des problèmes d’équilibre, ou encore ces altérations bizarres du goût et de l’odorat… sans parler du fameux « brouillard cérébral ». Mais une nouvelle étude publiée dans eBioMedicine vient jeter un pavé dans la mare, et honnêtement, les résultats font froid dans le dos.

En examinant 227 individus souffrant de ces difficultés neurocognitives post-COVID-19, des chercheurs ont mis le doigt sur une anomalie biologique précise. Ils ont observé une augmentation significative, dans le plasma sanguin, d’une protéine cruciale appelée tau. Normalement, cette protéine se trouve dans les nerfs et surtout dans le cerveau. Le problème, c’est que des niveaux excessifs de tau sont directement liés aux maladies neurodégénératives. C’est d’ailleurs ce qu’on retrouve chez de nombreux patients atteints d’Alzheimer.

L’étude suggère donc – et c’est là que l’inquiétude monte d’un cran – que les personnes subissant ces symptômes neurocognitifs liés au Covid long pourraient courir un risque accru de développer des maladies neurodégénératives. Ce n’est pas juste une fatigue passagère, c’est peut-être, je dis bien peut-être, un signal d’alarme biologique bien plus sérieux.

Une cohorte unique : les héros du 11 septembre sous le microscope

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Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ne se sont pas basés sur n’importe qui. La recherche implique des études en cours sur les biomarqueurs sanguins des intervenants du World Trade Center (WTC) du 11 septembre. Ces gens sont suivis de très près par les cliniciens et chercheurs du Stony Brook WTC Health and Wellness Program. C’est un contexte particulier, certes, mais qui offre des données précieuses.

L’équipe de recherche a pu analyser des échantillons de plasma prélevés avant même que les participants ne contractent le COVID-19, et les comparer avec des prélèvements effectués plusieurs mois, voire des années après l’infection. Ils ont mesuré une protéine tau spécifique, la pTau-181 (ou tau phosphorylée), un type anormal souvent associé aux patients atteints de démence. Les résultats ? Assez parlants, malheureusement.

Dans l’ensemble, la cohorte a montré une augmentation de 59 % des niveaux de tau (pTau-181) dans leur plasma après l’infection au COVID-19, pendant ou après l’apparition de symptômes neurocognitifs, par rapport à leurs niveaux pré-COVID. Tous les participants concernés sont des individus souffrant d’une forme de Covid long, ou plus spécifiquement pour cette étude, ceux atteints de séquelles post-aiguës neurologiques du COVID (N-PASC).

Pour donner du contexte, Sean Clouston, Ph.D., auteur correspondant et professeur au département de médecine familiale, de population et préventive à la Renaissance School of Medicine (RSOM) et au programme de santé publique de l’université Stony Brook, explique : « La présence de tau à des niveaux plus élevés dans le sang est un biomarqueur connu de lésions cérébrales durables ». Il ajoute, et c’est important de le noter : « Par conséquent, ces résultats d’étude impliquent que le Covid long pourrait s’aggraver avec le temps et causer des changements dans les symptômes neurologiques ou mener à des difficultés cognitives qui empirent. Cependant, nous ne savons pas si cette augmentation de tau dans notre échantillon représente un cours biologique qui pourrait être similaire aux individus qui développent Alzheimer ou des maladies apparentées. »

Le temps : un ennemi silencieux et des comparaisons frappantes

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Pour valider ces observations, il fallait comparer ce qui est comparable. Les 227 individus atteints de N-PASC ont été mis en parallèle avec 227 autres intervenants du WTC qui servaient de groupe témoin. Ces témoins avaient soit échappé au virus entre leurs prélèvements sanguins pré et post-pandémie, soit contracté le COVID mais sans développer aucun symptôme de Covid long, y compris neurologiques.

La différence est flagrante. Contrairement à ceux souffrant de N-PASC, aucune augmentation des niveaux de tau plasmatique par rapport à leurs niveaux pré-COVID n’était évidente dans le groupe témoin, selon les tests. Rien. Nada.

Mais attendez, il y a un aspect temporel qui complique encore l’affaire. Pour ceux avec N-PASC ayant des symptômes neurocognitifs depuis plus de 1,5 an, les augmentations des niveaux de tau étaient encore pires. Cette découverte, écrivent les auteurs, « pourrait présager une aggravation du fonctionnement cognitif à mesure que les individus vieillissent ».

Xiaohua Yang, premier auteur et responsable principal du programme de recherche au Stony Brook WTC Health and Wellness Program, précise la chronologie : « Nous avons mesuré le tau à une moyenne de 2,2 ans après l’infection au COVID-19, et nos mesures variaient de six mois à quatre ans ». Il souligne que « ce délai d’échantillonnage représente une véritable séquelle post-aiguë à long terme du COVID-19 ».

Conclusion : Vers de nouvelles pistes thérapeutiques ?

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Bien sûr, il faut rester prudent – c’est la science qui veut ça. Clouston et ses collègues insistent sur le fait que d’autres étapes de recherche sont nécessaires pour déterminer si ces niveaux plasmatiques élevés de tau chez les personnes atteintes de N-PASC ont une association réelle avec le déclin cognitif ou les maladies neurodégénératives. « Une étape importante est de valider nos résultats d’étude en utilisant des outils de neuro-imagerie pour voir si les augmentations des niveaux plasmatiques de tau représentent également des niveaux accrus dans le cerveau des participants », explique Clouston.

De plus, les auteurs soulignent eux-mêmes un bémol : la cohorte de cette étude – les intervenants du WTC – a eu plus d’expositions environnementales que la population générale. Donc, les résultats pourraient différer un peu pour le patient lambda.

Malgré tout, l’impact potentiel est énorme. Benjamin J. Luft, MD, auteur principal, directeur du WTC Health and Wellness Program, spécialiste des maladies infectieuses et professeur de médecine Edmund D. Pelligrino à la RSOM, ne mâche pas ses mots : « L’impact à long terme du COVID-19 peut être conséquent des années après l’infection et donner lieu à des maladies à long terme, y compris des problèmes neurocognitifs similaires à ce qui est vu dans la maladie d’Alzheimer ».

Il ajoute que « c’est l’une des premières études à montrer qu’un virus peut contribuer au développement d’une production anormale de tau au fil du temps ». Cela a des implications majeures, non seulement pour notre compréhension biologique des maladies neurodégénératives, mais aussi sur un plan pratique. Comme le dit le Dr Luft, cela concerne « le développement de vaccins et de thérapies efficaces pour prévenir une infection aiguë avant qu’elle ne puisse s’incruster chez les gens et causer une maladie à long terme ».

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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