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Ce tombeau scellé depuis 2000 ans terrorise les archéologues (et voici pourquoi)
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un silence de deux millénaires

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C’est assez fou quand on y pense : cela fait plus de 2 000 ans que personne n’a mis les pieds à l’intérieur. Et croyez-moi, il y a d’excellentes raisons à cela. Ce n’est pas seulement une question de respect pour les morts, c’est aussi une histoire de peur, de chimie et… eh bien, de pièges potentiellement mortels.

Tout commence par un hasard total. En mars 1974, un fermier nommé Yang Zhifa, accompagné de ses cinq frères et d’un voisin particulièrement serviable, creusait un puits au nord-est de Xi’an, la capitale de la province du Shaanxi, en Chine. Ils ne cherchaient rien d’autre que de l’eau. Mais en creusant dans la terre, ils ont heurté quelque chose de dur. Sur le coup, ils ont cru tomber sur une statue de Bouddha.

Ils étaient loin du compte. Ce que Yang et ses proches venaient de déterrer, c’était l’une des découvertes archéologiques les plus stupéfiantes du XXe siècle. Ce n’était pas un Bouddha isolé, mais la pointe de l’iceberg d’une armée entière.

Une armée de terre et un chantier titanesque

credit : lanature.ca (image IA)

Les enquêtes menées par les archéologues ont rapidement révélé l’ampleur de la trouvaille : Yang avait frappé l’une des quelque 8 000 sculptures en terre cuite de soldats, datant d’environ 200 avant notre ère. C’était totalement inattendu. Il existe étonnamment peu de traces écrites de l’Armée de terre cuite, comme on l’appelle aujourd’hui, malgré l’échelle du projet. On sait maintenant qu’il s’agit d’art funéraire enterré avec l’empereur Qin Shi Huang en 210-209 av. J.-C.

Imaginez un peu la logistique de l’époque… La construction de cette nécropole élaborée à Lintong a commencé quand Qin Shi Huang est monté sur le trône en 247 av. J.-C. Il n’avait que 13 ans ! Le chantier s’est achevé à sa mort, près de 40 ans plus tard. Un document sur le sujet explique que la main-d’œuvre aurait pu impliquer jusqu’à 700 000 artisans et ouvriers venus de tous les coins de l’Empire Qin. Certains étaient probablement des esclaves, et il est bien possible qu’ils aient été exécutés une fois leur tâche accomplie pour garder le secret. Sympa, l’ambiance.

Vu que rien de tel n’existait en Chine auparavant, ce projet a dû être un cauchemar logistique et technologique. Une fois les fosses excavées, on a trouvé des milliers de soldats grandeur nature — ils mesurent en moyenne 178 centimètres, soit environ 70 pouces —, des chevaux de guerre, d’autres animaux et des fonctionnaires estimés. Leur but ? Garder le mausolée voisin de Qin Shi Huang. Et franchement, ils font du bon boulot, car le tombeau lui-même n’a jamais été ouvert à ce jour, plus de 2 000 ans après avoir été scellé.

Entre fragilité extrême et pièges mortels

credit : lanature.ca (image IA)

Alors, pourquoi ne pas simplement ouvrir cette porte ? Il y a des raisons pratiques, et d’autres un peu plus… dignes d’Indiana Jones. D’abord, la peur des dégâts. Les archéologues sont terrorisés à l’idée d’abîmer ce qui se trouve à l’intérieur. Lorsqu’ils ont découvert les premiers guerriers en terre cuite, le vernis sous leurs visages peints s’est recroquevillé en environ 15 secondes après avoir été exposé à l’air. 15 secondes ! C’est tragique. Des méthodes non invasives comme la tomographie muonique (utilisant des rayons cosmiques) ont été suggérées pour modéliser le site, mais ça n’a pas encore été vraiment utilisé.

Et puis, il y a la peur des pièges. L’historien chinois Sima Qian, écrivant environ un siècle après la construction du tombeau, racontait : « Au neuvième mois, le Premier Empereur fut inhumé au Mont Li… 700 000 hommes y furent envoyés… Ils creusèrent à travers trois couches d’eaux souterraines et coulèrent du bronze pour le cercueil extérieur. »

Mais attendez, ça devient plus inquiétant. Sima Qian ajoute que des artisans ont reçu l’ordre de fabriquer des arbalètes et des flèches prêtes à tirer sur quiconque entrerait dans la tombe. Il décrit aussi des palais, des tours panoramiques pour cent fonctionnaires, et un trésor inouï. Des bougies faites de graisse de « homme-poisson » (probablement de la baleine ou du dugong ?) étaient censées brûler longtemps sans s’éteindre. On ne sait pas si les arbalètes fonctionnent encore après 2 000 ans — j’en doute un peu — mais qui voudrait prendre le risque ?

Rivières de mercure et prudence scientifique

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S’il y a un danger qui semble bien réel, c’est le mercure. Sima Qian écrivait que du mercure avait été utilisé pour simuler les cent rivières, le Yangtze et le fleuve Jaune, ainsi que la grande mer, le tout mis en mouvement mécaniquement. Au-dessus, des représentations des constellations célestes ; en dessous, les traits de la terre.

Ça ressemble à une légende, non ? Sauf que des enquêtes sur la teneur atmosphérique en mercure atomique au-dessus du tertre funéraire ont trouvé des concentrations allant jusqu’à 27 ng/m3. C’est significativement plus élevé que les niveaux de fond habituels dans la région. Une équipe a écrit dans son étude que ce mercure très volatil s’échappe peut-être par des fissures apparues dans la structure avec le temps. Leurs conclusions ajoutent une sacrée crédibilité aux écrits vieux de 2 200 ans de l’historien Sima.

Bien sûr, il y a de grandes incertitudes dans ces estimations, comme le soulignent les chercheurs, mais les preuves s’accumulent. Pour l’instant, le tombeau reste aussi scellé qu’il y a des millénaires. Peut-être qu’un jour, les archéologues pourront jeter un coup d’œil à l’intérieur grâce à des scanners avancés, avant de risquer la double menace des tirs d’arbalète et de l’empoisonnement au mercure. En attendant, on ne peut qu’imaginer ce qui se cache dans cette capsule temporelle fascinante de l’histoire de la Chine.

Selon la source : iflscience.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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