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Une erreur médicale qui glace le sang : le CUSM condamné après un faux diagnostic de VIH
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une frayeur inutile et coûteuse

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Imaginez un instant le scénario : vous allez à l’hôpital pour une simple routine, et on vous annonce, par erreur, que vous êtes porteur d’une maladie grave. C’est exactement le cauchemar qu’a vécu une Montréalaise, et disons-le tout de suite, l’histoire fait froid dans le dos. Le tribunal vient de trancher en sa faveur, ordonnant au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) de lui verser la somme de 7500$. Pourtant, chose étonnante, l’établissement jurait ses grands dieux n’avoir commis aucune faute.

Le juge David Pecho, de la division des petites créances de la Cour du Québec, n’a pas été dupe. Il a souligné avec beaucoup d’humanité la détresse de cette dame. Il faut dire que le contexte était déjà lourd pour elle : la patiente était en pleine procédure de divorce à l’époque des faits. Elle se trouvait donc déjà, selon les mots du juge, dans une « situation psychologique à risque ». Son témoignage sur le stress et l’angoisse vécus a été jugé tout à fait crédible par le magistrat. On peut aisément comprendre pourquoi.

D’un projet de fertilité à la panique totale

credit : lanature.ca (image IA)

Tout a commencé en 2020. Cette jeune femme, une Montréalaise dans la vingtaine dont on taira le nom pour des raisons évidentes liées au droit familial, entamait un programme de fertilité à l’hôpital Royal Victoria. Un moment d’espoir, normalement. Comme le veut l’usage dans ce genre de processus, elle a dû se soumettre à une batterie de tests, dont un dépistage du VIH.

C’est là que la machine s’est enrayée. Le laboratoire du CUSM a commis ce qu’on appelle froidement une « erreur d’étiquetage ». Une simple étiquette, mais avec des conséquences dévastatrices : le résultat indiquait faussement qu’elle était positive au VIH-1. Pire encore, ce résultat erroné a été immédiatement transmis au Laboratoire de santé publique du Québec, comme le veut la procédure.

La suite ressemble à un mauvais film. Lors de l’annonce du résultat, la patiente est entrée en crise. Elle savait que c’était impossible, n’ayant eu aucun comportement à risque par le passé. Devant cet état d’angoisse aigu — on parle ici d’un choc violent —, le médecin a eu le bon réflexe de la diriger vers une psychologue au sein même de la clinique. Heureusement, ils ont réussi à lui dénicher une plage horaire pour refaire un test sanguin le jour même. Mais le mal était fait.

L’attente interminable et le combat juridique

S’en sont suivis deux jours d’une angoisse qu’on peine à imaginer. Stressée, confuse, la femme raconte même avoir eu une dispute avec son copain, qu’elle n’avait pas osé mettre au courant tout de suite. On peut comprendre l’hésitation… Le soulagement n’est arrivé que 48 heures plus tard, lorsque le verdict du second test est tombé : négatif. Enfin.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là pour elle. Outrée, elle a intenté une poursuite civile réclamant 15 000$ pour dommages moraux. Un point particulièrement irritant pour elle reste que sa fiche figure toujours dans la base de données de la Santé publique. Certes, le résultat a été modifié et la fiche anonymisée, mais la trace est là.

Devant le tribunal, le CUSM a tenté de se défendre en affirmant n’avoir commis aucune faute légale. Le juge Pecho a balayé cet argument. Il a rappelé une distinction cruciale en droit : ce n’est pas un traitement médical où l’hôpital a une « obligation de moyens » (faire de son mieux), mais bien une situation où le CUSM a une « obligation de résultat ». En clair, quand on fait un test, le résultat doit être le bon, point final.

Conclusion : Une décision sans appel

Au final, la justice a tranché. Le CUSM a été condamné à verser 7500$ à la patiente, auxquels s’ajoutent les frais judiciaires d’environ 350$. C’est la moitié de ce qu’elle demandait, mais c’est une reconnaissance officielle de son calvaire. Comme il s’agit d’un jugement rendu par la division des petites créances, l’hôpital ne pourra pas porter l’affaire en appel. Le dossier est clos, mais on devine que la confiance de cette patiente envers le système de santé restera ébranlée pour un bon moment.

Selon la source : journaldequebec.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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