Trump toujours obsédé par l’élection de 2020 : le FBI perquisitionne un bureau électoral clé
Auteur: Simon Kabbaj
Un passé qui refuse de passer

La semaine dernière encore, Donald Trump remettait ça sur le tapis. C’est presque… obsessionnel, je dirais. Le FBI a mené une opération d’envergure en perquisitionnant pas moins de 700 caisses de documents dans un centre électoral du comté de Fulton, situé à Atlanta, la capitale de la Géorgie.
Ce bureau de vote n’a pas été choisi au hasard : il est l’épicentre des accusations — pourtant infondées — de fraude électorale concernant la présidentielle de 2020, une rhétorique que Donald Trump continue de marteler sans relâche. Ce qui est frappant, c’est le timing. Cette descente du FBI intervient tout juste une semaine après des menaces assez explicites proférées par le président américain.
Lors du Forum économique mondial de Davos, il n’y est pas allé de main morte en déclarant : « L’élection de 2020 était une élection truquée, tout le monde le sait. Des gens seront bientôt inculpés pour ce qu’ils ont fait ». Une phrase qui, rétrospectivement, sonne comme un avertissement.
Raid surprise et bras de fer : « Intimidation » ou Justice ?

La version officielle est plutôt laconique. La police fédérale américaine s’est contentée d’indiquer qu’il s’agissait d’« une action de police autorisée par la justice », sans donner plus de détails. Circulez, il n’y a rien à voir ? Pas vraiment. Du côté des autorités locales, le son de cloche est radicalement différent : on parle ouvertement d’une tentative d’« intimidation ».
Le président du comté, Robb Pitts, n’a pas mâché ses mots lors de sa conférence de presse. Il a raconté le déroulement des faits avec une précision qui trahit son agacement : « Comme vous le savez tous à présent, hier, peu après midi, jusqu’à environ 21 h la nuit dernière, le FBI a effectué une perquisition surprise en application d’un mandat au centre électoral du comté de Fulton ». Selon lui, son comté est ciblé depuis des années pour une raison simple : il a, je cite, « tenu tête au grand mensonge de Donald Trump et refusé de céder à la pression » en 2020.
Pitts a tenu à remettre les pendules à l’heure, peut-être pour la centième fois : « Chaque audit, chaque recomptage, chaque décision de justice a confirmé ce que nous, les habitants du comté de Fulton, savions déjà : nos élections étaient justes, les résultats étaient exacts et chaque vote légitime a été comptabilisé ». On sent la fatigue dans ses propos, mais aussi une certaine fierté.
Pastilles de menthe, diffamation et appels téléphoniques

Il faut dire que la Géorgie et le comté de Fulton servent de défouloir aux théories de Donald Trump et de ses partisans depuis un moment. Vous vous souvenez peut-être des frasques de Rudy Giuliani, l’avocat personnel de Trump ? Il avait accusé deux agentes électorales de truquer les résultats.
Son « preuve » ? Une vidéo où l’on voyait les deux femmes s’échanger un objet. Giuliani, avec son sens de la dramaturgie habituel, avait affirmé qu’elles s’échangeaient une clé USB, « comme s’il s’agissait de doses d’héroïne ou de cocaïne ». Sauf que… eh bien, l’objet en question s’est avéré être une simple pastille de menthe. Une erreur qui lui a coûté cher : il a été contraint de leur verser la somme astronomique de 148 millions de dollars américains pour diffamation en décembre 2023. C’est fou quand on y pense.
Donald Trump lui-même a été inculpé en 2023, à la fois par la justice fédérale et celle de Géorgie, pour ses tentatives illégales d’invalider la victoire du démocrate Joe Biden en 2020. Ironie du sort ou fatalité politique, ces poursuites — visant le tout premier ancien président poursuivi au criminel — ont été abandonnées après qu’il a remporté un second mandat en 2024.
Le dossier reposait notamment sur cet appel téléphonique hallucinant, rendu public par le Washington Post en 2021, où le président sortant demandait à Brad Raffensperger, le secrétaire d’État de Géorgie, de « trouver » les quelque 12 000 bulletins de vote manquants pour rafler les 16 grands électeurs de l’État.
Conclusion : Cacophonie juridique et risques de fuites
Pour finir, revenons à cette saisie massive. Ce qui inquiète vraiment les locaux, c’est la méthode. Sherri Allen, la responsable des élections du comté, a rapporté que les caisses ont été perquisitionnées sans que les autorités locales ne puissent faire la moindre copie. C’est d’autant plus étrange que ces documents devaient de toute façon être communiqués très bientôt.
Allen explique d’ailleurs : « La raison pour laquelle je connais ce nombre, c’est que cette affaire faisait déjà l’objet d’un contentieux […] Le 9 février, nous devions aller au tribunal pour discuter de la manière dont tout serait transmis ». Pourquoi cette précipitation du FBI alors ?
Aujourd’hui, tant Robb Pitts que Sherri Allen ne cachent pas leur inquiétude. Ils craignent de possibles fuites d’informations personnelles contenues dans ces 700 caisses, et surtout, le risque accru de pressions sur les agents électoraux qui font juste leur travail. Une ambiance lourde, très lourde.
Créé par des humains, assisté par IA.