Une mère a creusé en secret un tunnel de 10 mètres pour libérer son fils de prison… puis la police l’a découvert
Auteur: Mathieu Gagnon
Un plan élaboré dans le sud-est de l’Ukraine

L’opération débute à l’été 2020, portée par une ambition qui frôle l’impossible. Une femme originaire de la région de Mykolaïv, en Ukraine, se rend dans la colonie de Kamyanske, située dans l’oblast de Zaporijjia. Âgée de 51 ans à l’époque des faits, cette mère, dont l’identité n’a jamais été révélée publiquement, prépare méthodiquement un projet clandestin : creuser un passage souterrain pour libérer son fils incarcéré.
Pour mener à bien son entreprise, elle loue discrètement une maison à proximité du site ciblé. Le mode opératoire exige une patience nocturne absolue. Selon les informations dévoilées par un reportage de la télévision ukrainienne, elle attend la tombée de la nuit pour se déplacer vers la zone de creusement, utilisant un scooter électrique silencieux pour ne pas éveiller les soupçons.
La cible de cette manœuvre est un complexe pénitentiaire proche de Kamyanske, où son fils purgerait une peine de prison à vie. Ce plan d’évasion spectaculaire prend fin de manière abrupte lorsque les enquêteurs finissent par découvrir l’excavation dissimulée, transformant cette tentative locale en un récit international mêlant ingénierie artisanale et dévouement absolu.
Les détails d’une excavation souterraine hors normes

Le travail souterrain s’étend sur une durée de trois semaines. Jour après jour, la quinquagénaire creuse un passage mesurant approximativement 33 pieds de long et 10 pieds de profondeur, orienté vers le périmètre de la prison. L’ouvrage n’a jamais atteint la cellule du détenu, et les rapports n’ont pas permis de clarifier avec certitude si le tunnel s’est étendu jusqu’à la clôture extérieure de l’établissement.
Les détails les plus précis de cette entreprise, assimilée à une prouesse d’ingénierie artisanale, proviennent du média TSN. La chaîne indique que la mère creusait à mains nues, évacuant d’importantes quantités de terre qu’elle dissimulait ensuite dans un garage abandonné. Pour se déplacer à l’intérieur du puits exigu sans marge d’erreur, elle s’allongeait sur un petit chariot en contreplaqué. Le volume extrait représente des « tonnes » de terre, nécessitant un effort physique colossal, nuit après nuit.
La direction de l’excavation visait le mur de la prison ou son périmètre général, plutôt qu’un accès direct à la cellule. L’aboutissement du projet soulevait des questions logistiques majeures : même en cas de succès sous terre, le passage des murs, la localisation exacte du fils et la coordination finale de la fuite restaient des défis entiers à surmonter.
L’identification de l’établissement pénitentiaire

La destination exacte du tunnel a fait l’objet de plusieurs analyses. Le média TSN mentionnait que la prison se trouvait dans la colonie de Kamyanske, également nommée Kamiane, et abritait des « condamnés à perpétuité » ainsi que des « meurtriers ». Par la suite, le magazine Pop Mech a étudié les dossiers officiels pour identifier les lieux avec plus de précision.
Leurs recherches désignent l’Institution pour l’exécution des peines de Vilnyanska n° 11, située à Kamiane, comme étant le site le plus probable. Un rapport du Mécanisme national de prévention rattaché au bureau du Médiateur ukrainien, publié en octobre 2024, détaille la population carcérale : le jour de l’inspection, l’établissement de Vilnyanska comptait 167 personnes, dont 104 purgeaient une peine d’emprisonnement à perpétuité.
Les infrastructures de la prison témoignaient d’un manque de modernisation flagrant. Ce même rapport documente des bâtiments partiellement utilisables ou en cours de rénovation. L’un d’eux présentait une toiture endommagée à 95 pour cent en 2023. Les responsables de Vilnyanska ont même avoué aux inspecteurs que la construction d’une des structures sur le terrain s’éternisait depuis 20 ans.
Le sort incertain de la mère

Six ans plus tard, les conséquences de cette tentative d’évasion restent enveloppées d’une zone d’ombre. À l’époque des faits, les médias ukrainiens rapportaient que la femme avait été arrêtée par les forces de l’ordre et qu’une procédure pénale avait été officiellement ouverte à son encontre.
Les spéculations sur son avenir pénal allaient bon train. Les journalistes de TSN affirmaient alors : « la mère ne rencontrera jamais son fils, car elle purgera sa peine dans une prison pour femmes ». Une déclaration forte qui soulignait la gravité des charges pesant sur l’instigatrice du tunnel.
Cependant, aucune trace administrative claire ne permet de confirmer l’issue de cette affaire. Les journalistes de Pop Mech ont tenté de retrouver un rapport public ou une déclaration officielle, sans succès. Il est aujourd’hui impossible d’affirmer avec certitude si la femme a été condamnée, emprisonnée, acquittée ou si le dossier a été résolu d’une quelconque autre manière.
L’évolution juridique des peines de prison et les mystères restants

L’impact de cette entreprise souterraine sur le statut carcéral du fils demeure inconnu, bien que le cadre légal entourant les peines à perpétuité en Ukraine ait évolué depuis cet incident. En 2021, la Cour constitutionnelle de l’Ukraine a statué sur le sujet, déclarant que les individus purgeant une peine de prison à vie ne pouvaient pas être automatiquement exclus d’une possibilité de libération conditionnelle ou d’une réduction de peine. Rien ne prouve pour autant que le fils ait rempli les critères pour un tel réexamen ou qu’il ait été libéré.
Le paysage judiciaire a continué de se transformer. Une décision distincte de 2023, émise par la même Cour, a établi que les détenus condamnés à perpétuité ne devaient pas faire l’objet d’une interdiction catégorique de courtes sorties à l’extérieur de la colonie lors de circonstances familiales exceptionnelles, telles qu’une maladie mortelle ou le décès d’un membre de la famille.
Malgré ces multiples changements dans le traitement des longues peines, les questions fondamentales de cette affaire restent sans réponse. Le devenir de la mère qui a creusé la terre pour sauver son enfant échappe encore aux archives publiques. L’opération, qualifiée d’audacieuse, restera à jamais une tentative inachevée figée dans le temps.
Selon la source : popularmechanics.com