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Guerre ouverte au PLQ : Rizqy déballe tout sur le renvoi de Hinse (et c’est explosif)
Crédit: TVA Nouvelles, Wikimedia Commons (CC BY 3.0)

Quand le linge sale se lave en Cour

credit : lanature.ca (image IA)

On pensait avoir tout vu au Parti libéral du Québec, mais apparemment, les placards sont encore pleins. L’ex-cheffe parlementaire Marwah Rizqy a décidé de ne pas y aller avec le dos de la cuillère pour justifier le licenciement brutal de sa cheffe de cabinet, Geneviève Hinse. C’est une histoire de confiance brisée, de « mensonges » et, disons-le franchement, d’éthique un peu élastique, du moins selon la version de Mme Rizqy. Tout ça ressort dans des documents judiciaires datés du 28 janvier, que Le Devoir a pu consulter.

Pour situer le contexte — parce que ça va vite dans cette histoire —, Mme Hinse poursuit la députée pour la coquette somme de 500 000 $, alléguant avoir été mise à la porte « sans aucun fondement ». La réponse de Marwah Rizqy ? Une contre-attaque juridique détaillée où elle explique que son ancienne employée n’aurait pas pris au sérieux des allégations assez graves concernant un « blitz de vente de cartes de membre » et qu’elle aurait tenté de payer des employés partisans avec nos fonds publics. Rien que ça. C’est, selon ses mots, un « bris de confiance en raison de manque de transparence et de mensonges ».

Fonds publics et « zones grises » : l’affaire Rodriguez

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credit : Lea-Kim Chateauneuf, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

C’est ici que ça devient technique, et un peu inquiétant pour le contribuable. Au cœur du litige, on retrouve la gestion de l’équipe de Pablo Rodriguez, qui était alors le chef non élu du PLQ. Selon les documents déposés par les avocats de Mme Rizqy, tout se serait joué lors d’une rencontre en octobre — le texte source mentionne étonnamment octobre 2025, sans doute une coquille pour l’année précédente, mais passons. Ce jour-là, Geneviève Hinse aurait présenté un plan d’embauche assez particulier : recruter du personnel payé par les fonds publics de l’Assemblée nationale, mais qui travaillerait en réalité pour préparer les prochaines élections générales sous la houlette de M. Rodriguez.

Marwah Rizqy affirme avoir mis le holà. Dans un courriel, elle aurait réitéré une règle qui semble pourtant de base : le salaire des employés « doit relever du parti pour le support au chef et non de l’Assemblée nationale ». Pour elle, le plan de Mme Hinse consistait ni plus ni moins à « attribuer faussement sur papier des fonctions à des employés » pour les rattacher artificiellement à un élu. Elle lui aurait même demandé de faire les suivis nécessaires auprès de la Commissaire à l’éthique pour s’assurer d’avoir un cadre légal béton.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Lors d’une autre réunion, le 11 novembre dernier, Mme Hinse revient à la charge avec des « lignes directrices » proposant des « tâches hybrides » : des employés payés à 40 % par le PLQ et à 60 % par l’Assemblée nationale. L’idée ? Préparer la réplique au « livre bleu » du Parti québécois. Sauf que pour Rizqy, comme Rodriguez n’était pas député, c’était purement partisan. Le document de la défense est cinglant : continuer dans cette voie sans l’aval de la Commissaire, c’est de l’insubordination. Mme Hinse aurait alors plaidé l’existence de « zones grises » et exprimé sa déception que Rizqy ne veuille pas trouver une « solution » à l’intérieur de celles-ci. Une rhétorique que la députée rejette en bloc, parlant plutôt de « contournement de règles pourtant claires ».

« Cash » et cartes de membre : le cas Lakhoyan Olivier

Comme si l’imbroglio financier ne suffisait pas, il y a aussi cette histoire de cartes de membre qui traîne. Selon la version des faits présentée par Marwah Rizqy, une employée de l’Assemblée nationale, Nathalie Côté, a tiré la sonnette d’alarme le 16 novembre. Elle rapportait une situation pour le moins irrégulière survenue six mois plus tôt dans le bureau de la députée Sona Lakhoyan Olivier (qui a depuis été exclue du caucus, soit dit en passant). Le témoignage est assez coloré : « Il y a du cash, des cartes de membres du PLQ et beaucoup de gens ». Bref, ça ressemblait furieusement à un « blitz de vente de cartes » en pleine course à la chefferie.

C’est Nicolas Gosselin, un bénévole chargé de rapporter les cartes au QG, qui aurait décrit la scène en mai. Toujours selon la défense, Mme Côté aurait rapporté tout ça illico à Geneviève Hinse, rappelant qu’on ne fait pas de travail partisan dans un bureau de circonscription. La réaction alléguée de Hinse ? Elle aurait jugé que ce n’était « pas crédible ». Pire, elle aurait tenté de dissuader Rizqy de creuser une déclaration anonyme reçue en septembre sur le même sujet. Pourtant, Rizqy soutient que sa cheffe de cabinet savait pertinemment que l’info était « crédible, voire bien fondée ».

Il faut dire que le passif est lourd : Mme Lakhoyan Olivier a été exclue du caucus le 4 décembre et est visée par une enquête de la commissaire à l’éthique. Le Devoir rappelait même le 22 décembre qu’elle avait déjà été rappelée à l’ordre en 2022 pour l’investiture dans Chomedey. De son côté, Geneviève Hinse nie tout en bloc. Dans une déclaration envoyée lundi, elle affirme avoir pris connaissance des propos rapportés et tranche : « Je démens formellement sa version des faits et déposerai ma réponse en temps opportun ».

Conclusion : La crise qui a tout fait basculer

credit : lanature.ca (image IA)

Tout s’est précipité le 17 novembre dernier. Alléguant une « faute grave », Marwah Rizqy tranche et congédie Mme Hinse. Le détail qui tue ? Elle ne prévient pas Pablo Rodriguez, alors chef du parti. Les documents de la Cour révèlent qu’elle avait consulté un conseiller en relations de travail de l’Assemblée nationale le jour même, qui lui avait recommandé d’agir « promptement » vu la gravité des manquements éthiques.

La réplique ne s’est pas fait attendre. Dès le lendemain, Rodriguez retire à Rizqy ses fonctions de cheffe parlementaire et la suspend du caucus pour « bris de confiance ». L’ironie du sort, c’est que ce conflit a ouvert la boîte de Pandore : des textos ont fuité, laissant penser que des membres auraient été payés pour voter pour Rodriguez. Résultat des courses ? Pablo Rodriguez, devenu une « distraction » pour son parti, a annoncé sa démission officielle le 18 décembre, tout en clamant son innocence. Quant au PLQ, il refuse de commenter, se cachant derrière la procédure judiciaire. Une belle pagaille, non ?

Selon la source : ledevoir.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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