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Une mâchoire vieille de 2,6 millions d’années bouleverse l’histoire de l’humanité
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une découverte qui déplace les frontières

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Imaginez que vous pensiez connaître l’adresse exacte d’un cousin éloigné, pour découvrir soudainement qu’il vivait en réalité à plus de 600 miles de là. C’est exactement ce qui vient d’arriver aux scientifiques qui étudient la famille humaine. Une mâchoire inférieure partielle, appartenant au genre Paranthropus, a été mise au jour dans la région de l’Afar, en Éthiopie. Datée d’environ 2,6 millions d’années, cette trouvaille est tout sauf anecdotique.

Pourquoi ? Parce qu’elle repousse l’aire de répartition connue de cette espèce de plus de 600 miles vers le nord (soit près de 1000 km). Jusqu’ici, on pensait que le Paranthropus boudait cette région, peut-être à cause de la compétition ou d’un régime alimentaire trop strict. Mais cette découverte, dirigée par le Dr Zeresenay Alemseged de l’Université de Chicago, prouve le contraire : ce cousin était bien plus mobile et adaptable qu’on ne le croyait. Son absence des relevés précédents n’était pas une frontière réelle, mais simplement un trou dans les archives fossiles.

Sur la piste du cousin disparu

credit : lanature.ca (image IA)

Le Paranthropus, c’est cette branche éteinte de la famille humaine, célèbre pour ses molaires massives et sa mâchoire puissante. Mais jusqu’à présent, bien que la région de l’Afar ait livré de nombreux fossiles d’autres lignées, notre ami aux grosses dents manquait à l’appel. Ce vide laissait penser qu’il était resté cantonné plus au sud. Tout a changé le 19 janvier 2019.

Ce jour-là, dans la zone de recherche de Mille-Logya, des équipes de terrain ont repéré des fragments de mâchoire inférieure. Ils ont ensuite passé le sol au crible pour récupérer davantage de morceaux. Grâce aux autorisations des responsables du patrimoine éthiopien, ces fragments fragiles ont été transportés avec précaution jusqu’à Addis-Abeba, où le personnel du musée les a mis en sécurité. Cette zone est une mine d’or : le bassin contient des couches géologiques couvrant plusieurs millions d’années. Chaque os trouvé est une ancre qui fixe un moment de l’histoire auparavant invisible. Avec cette datation de 2,6 millions d’années, ce fossile étend officiellement le territoire de l’espèce de 620 miles vers le nord.

Ce que la mâchoire nous dit (et ce qu’elle nous cache)

Comment faire parler une pierre sans la briser ? Les chercheurs ont utilisé des scanners à rayons X haute résolution pour voir à l’intérieur du fossile. Comme l’os dense bloque les rayons, les formes internes ont permis à un logiciel de reconstruire la mâchoire en détail. Et ce qu’ils ont vu est fascinant. La comparaison avec d’autres fossiles a révélé un corps de mâchoire large et robuste, ainsi que des racines de molaires surdimensionnées.

Ces traits signalent une puissance de mastication colossale, avec de grandes zones d’attache musculaire sur le visage pour tirer fort sur l’os. Pourtant, ne vous fiez pas aux apparences. Les rayures et les petits creux sur les dents racontent une autre histoire : leurs repas n’étaient pas toujours composés d’objets durs. L’analyse chimique des isotopes du carbone dans l’émail dentaire – de véritables empreintes digitales alimentaires – pointe fortement vers une consommation d’herbes et de carex. En gros, bien qu’ils aient eu l’équipement pour broyer du dur, ils avaient un régime flexible et n’étaient pas enfermés dans une seule source de nourriture.

Une colocation préhistorique complexe

credit : lanature.ca (image IA)

C’est ici que l’histoire devient vraiment intéressante. Les preuves sur le site placent cette mâchoire dans un paysage déjà fréquenté par les premiers Homo, le genre qui inclut les humains modernes. Ils partageaient donc le même espace. Qui dit colocation dit potentielle compétition, où les conditions locales peuvent favoriser certains traits plutôt que d’autres.

Le Dr Alemseged résume parfaitement l’enjeu : « Si nous voulons comprendre notre propre trajectoire évolutive en tant que genre et espèce, nous devons comprendre les facteurs environnementaux, écologiques et concurrentiels qui ont façonné notre évolution. »

Cette période, entre 3 et 2,5 millions d’années, est cruciale. Elle a vu des changements de précipitations et de végétation qui ont remodelé les ressources alimentaires. Pourtant, peu de fossiles bien datés proviennent de cette fenêtre temporelle. Cette nouvelle étude, publiée dans la revue Nature, suggère un Paranthropus plus résistant et mobile, vivant aux côtés des premiers humains. Pour confirmer ces hypothèses et transformer cette histoire de compétition en certitude, les chercheurs auront besoin de trouver encore plus de fossiles dans ces couches géologiques critiques.

Selon la source : earth.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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