Ce cancer du cerveau mortel est aujourd’hui incurable. Des scientifiques viennent de trouver un moyen de le détruire.
Auteur: Mathieu Gagnon
Un espoir face à un diagnostic redoutable

C’est une maladie face à laquelle la médecine actuelle se trouve souvent démunie. Le glioblastome, forme la plus courante de cancer du cerveau, est aussi qualifié d’agressif, imprévisible et impossible à prévenir. Les chiffres sont éloquents : chaque année, rien qu’aux États-Unis, plus de 14 000 personnes reçoivent ce diagnostic. Le pronostic vital reste particulièrement sombre, avec une espérance de vie moyenne comprise entre 12 et 18 mois après la détection, et bien moins en l’absence de soins. À long terme, les statistiques indiquent qu’un seul patient sur vingt survit au-delà de cinq ans.
Hui Li, chercheur au département de pathologie de l’École de médecine de l’Université de Virginie, résume la situation sans détour : « Le glioblastome est une maladie dévastatrice. Il n’existe essentiellement aucune thérapie efficace. » Pourtant, une avancée récente pourrait transformer cette impasse en une opportunité thérapeutique tangible, potentiellement aussi simple à administrer qu’un comprimé.
Cibler le « talon d’Achille » de la tumeur

Les travaux de l’équipe de Hui Li ne datent pas d’hier. Dès 2020, ces scientifiques avaient franchi une première étape cruciale en identifiant ce qu’ils ont nommé l’« oncogène », responsable du déclenchement du glioblastome. À l’époque, le chercheur qualifiait déjà cette découverte de « talon d’Achille » potentiel de la maladie, estimant que son ciblage spécifique pourrait constituer une approche efficace.
Aujourd’hui, l’équipe annonce être passée à la phase suivante : l’identification d’une molécule capable de bloquer l’activité de cet oncogène. Selon les explications de Hui Li, la nouveauté réside dans le fait de viser une protéine dont les cellules du glioblastome dépendent de manière unique. « Nous pouvons le faire avec une petite molécule qui a une activité in vivo claire », précise-t-il, ajoutant qu’à sa connaissance, cette voie n’avait jamais été exploitée thérapeutiquement auparavant.
Une efficacité ciblée et une administration simplifiée
Les résultats observés lors des études sur les souris sont prometteurs. La molécule identifiée parvient à détruire les cellules cancéreuses sans affecter les tissus sains environnants. Une caractéristique majeure de ce composé est sa capacité à franchir la barrière hémato-encéphalique, un obstacle physiologique qui bloque habituellement l’efficacité de nombreux traitements potentiels pour les cancers du cerveau.
Les chercheurs soulignent que si tout se déroule comme prévu, le traitement pourrait prendre la forme d’une simple pilule. Cependant, il ne s’agit pas encore d’un produit fini. Avant qu’un médicament ne soit disponible pour les patients, le composé doit subir une batterie d’essais cliniques et de tests rigoureux. Des études théoriques supplémentaires sont également nécessaires pour déterminer la meilleure façon de l’exploiter.
Vers un nouveau mécanisme d’action clinique

La publication de cette étude dans la revue Science Translational Medicine marque un tournant potentiel, bien que la prudence reste de mise. Pour Hui Li, l’urgence est réelle : « Les patients atteints de glioblastome ont désespérément besoin de meilleures options. La thérapie standard n’a pas fondamentalement changé depuis des décennies et la survie reste lamentable. »
L’objectif affiché par l’équipe de l’Université de Virginie est clair : introduire en clinique un mécanisme d’action entièrement nouveau, ciblant une vulnérabilité centrale de la biologie du glioblastome. Si le chemin vers la commercialisation reste long, la preuve de principe est désormais établie.
Selon la source : iflscience.com
Créé par des humains, assisté par IA.