Ce phénomène inattendu chez les ours du Svalbard qui contredit les prévisions climatiques
Auteur: Adam David
Un constat scientifique qui défie la logique apparente

L’image d’Épinal est connue de tous : un ours polaire isolé sur un morceau de banquise à la dérive, symbole vivant de la fonte des glaces et de la raréfaction des ressources. La logique voudrait que la diminution de leur habitat de chasse entraîne inévitablement un déclin de leur santé. Pourtant, une étude à long terme menée dans l’archipel norvégien du Svalbard vient bousculer ces certitudes.
Les chercheurs s’attendaient à observer une dégradation de l’état physique des plantigrades face au réchauffement climatique. C’est l’inverse qui s’est produit. Les données, qui choquent aujourd’hui la communauté scientifique, révèlent que la santé globale de ces animaux s’est améliorée, et non détériorée.
Des données robustes sur près de trois décennies

Les conclusions des scientifiques reposent sur un vaste ensemble de données collectées entre 1992 et 2019. Au cours de cette période, l’équipe a procédé à 1 188 captures, permettant d’examiner 770 ours adultes. Le constat est sans appel : depuis l’an 2000 environ, les animaux sont nettement plus gros et affichent une meilleure santé.
Ce résultat survient alors même que la région subit une fonte rapide de la banquise. Le Dr Jon Aars, de l’Institut polaire norvégien et auteur principal de l’étude, ne cache pas sa surprise face à ces observations. « Plus un ours est gros, mieux c’est », rappelle-t-il simplement, avant d’ajouter : « Je m’attendais à ce que leur état physique se détériore si la fonte de la banquise est si importante. »
Le secret de cette adaptation surprenante

Comment expliquer ce paradoxe ? Les chercheurs avancent que les ours du Svalbard ont adopté une stratégie classique de survie : l’adaptation. Face au manque de phoques accessibles sur la glace, ils semblent se tourner davantage vers des ressources terrestres. Les rennes, mais aussi les morses, figurent désormais au menu.
Le cas des morses est particulièrement intéressant. Leurs populations se sont rétablies en Norvège suite à des efforts de conservation datant de plusieurs décennies, offrant ainsi aux ours une nouvelle source de nourriture riche en graisses. Une autre hypothèse, plus contre-intuitive, concerne la chasse en mer. La réduction de la surface gelée pourrait contraindre les phoques à se regrouper dans des zones plus restreintes. Tant qu’il reste suffisamment de glace pour servir de plateforme aux ours, cette concentration rendrait la chasse temporairement plus efficace.
Une embellie temporaire ?

Bien que la population d’ours de la mer de Barents n’ait pas connu le déclin progressif redouté, les scientifiques restent prudents. Cette situation positive au Svalbard pourrait ne pas refléter une tendance globale, d’autres populations subissant déjà les effets négatifs du rétrécissement de la banquise.
À long terme, le recul des glaces oblige les ours à parcourir des distances de plus en plus grandes. Cette dépense énergétique accrue risque, à terme, de ne plus être compensée par une alimentation diversifiée. Les auteurs de l’étude insistent sur un point fondamental : malgré cette résilience actuelle, les ours polaires dépendent toujours de la banquise pour leur survie.
Référence : État corporel des ours polaires du Svalbard (Ursus maritimus) pendant une période de fonte rapide de la banquise, publié sur BBC.co.uk, Janvier 2026.
Selon la source : tameteo.com
Créé par des humains, assisté par IA.