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Maladie du foie gras : pourquoi cette maladie touche même les non-buveurs
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une épidémie invisible au cœur de la population

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Pendant des décennies, les pathologies hépatiques ont été presque systématiquement attribuées à certaines habitudes de consommation. Cette vision est aujourd’hui dépassée. Une affection progresse désormais à bas bruit chez des millions de personnes : la maladie du foie gras.
Récemment rebaptisée MASH (Metabolic dysfunction-Associated SteatoHepatitis), cette pathologie est étroitement liée aux déséquilibres métaboliques modernes, notamment au surpoids, au diabète et à la sédentarité.
L’ampleur du phénomène est considérable. Selon des estimations internationales publiées dans la revue de référence The Lancet Gastroenterology & Hepatology, environ 25 à 30 % des adultes à travers le monde présentent une stéatose hépatique métabolique, désormais nommée MASLD. Cela signifie concrètement qu’un adulte sur quatre est concerné, souvent sans le savoir.

La nature insidieuse de cette maladie complique sa prise en charge précoce. Dans la grande majorité des cas, elle ne provoque aucune douleur ni symptôme visible durant ses premiers stades. La découverte se fait fréquemment par hasard, au détour d’une prise de sang de routine ou d’une échographie abdominale prescrite pour un tout autre motif.

De la simple graisse à l’inflammation destructrice

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Il est essentiel de distinguer les deux stades de cette affection. La MASLD correspond à une accumulation excessive de graisses à l’intérieur du foie. Ce phénomène est la conséquence directe d’un déséquilibre métabolique, souvent associé au surpoids, au diabète, à l’hypertension ou à une résistance à l’insuline. À ce stade, l’affection reste généralement bénigne pour la majorité des patients.

Cependant, la situation se dégrade pour environ 20 % des personnes touchées. La maladie évolue alors vers sa forme inflammatoire : la MASH (anciennement connue sous l’acronyme NASH). Cette phase se caractérise par une inflammation active et une destruction progressive des cellules hépatiques, le foie subissant une agression constante.

Les conséquences de cette évolution peuvent être dramatiques. Une revue publiée en 2023 dans Nature Reviews Gastroenterology & Hepatology détaille les complications possibles : apparition d’une fibrose, développement d’une cirrhose, et dans les cas les plus graves, survenue d’un cancer du foie (carcinome hépatocellulaire). Le danger principal réside dans le fait que cette dégradation peut se poursuivre silencieusement pendant des années.

Le poids de nos modes de vie modernes

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L’explosion du nombre de cas de MASH ne doit rien au hasard. Elle suit une courbe parallèle à celle de l’épidémie mondiale d’obésité et de diabète de type 2. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime aujourd’hui que plus d’un milliard de personnes vivent avec une obésité, identifiée comme un facteur de risque majeur pour les maladies hépatiques métaboliques.
Les mécanismes biologiques sont aujourd’hui mieux identifiés. Une méta-analyse publiée en 2024 dans la revue Hepatology confirme que la résistance à l’insuline constitue le principal moteur de l’évolution vers la MASH. Cette pathologie s’inscrit avant tout dans le cadre du syndrome métabolique global, marqué par des déséquilibres liés au surpoids, au diabète de type 2 et à la sédentarité.
Face à ce constat, les institutions internationales réagissent. Les recommandations de l’OMS sur la prévention des maladies non transmissibles insistent lourdement sur trois piliers : le contrôle du poids, l’équilibre de l’alimentation et le maintien d’une activité physique régulière. Ces leviers restent les moyens les plus sûrs de réduire les risques hépatiques à la source.

Diagnostic et réversibilité : tout n’est pas perdu

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Comment repérer une maladie qui ne fait pas mal ? Le diagnostic médical repose sur un faisceau d’indices. Les médecins s’appuient généralement sur une prise de sang révélant des enzymes hépatiques élevées, complétée par une échographie abdominale. Parfois, un score de fibrose ou une IRM spécialisée sont nécessaires pour affiner l’évaluation de l’état du foie.

Une note d’optimisme existe pourtant : la maladie est réversible si elle est prise en charge à un stade précoce. Les données scientifiques sont formelles à ce sujet. Des études, notamment celles publiées dans le Journal of Hepatology en 2023, démontrent qu’une perte de poids de l’ordre de 7 à 10 % permet d’améliorer significativement l’inflammation hépatique.

Plus encourageant encore, cette perte de poids peut faire régresser une fibrose débutante. Si des traitements médicamenteux spécifiques sont actuellement en cours de développement dans les laboratoires pharmaceutiques, la pierre angulaire de la prise en charge demeure, pour l’instant, la modification durable de l’hygiène de vie.

Vers une première cause de greffe hépatique ?

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Les projections pour l’avenir préoccupent la communauté médicale. Selon des données publiées dans The Lancet, la MASH pourrait devenir, dans les prochaines années, la première cause de transplantation hépatique dans les pays occidentaux, devant les hépatites virales et d’autres atteintes chroniques du foie.
Ce changement de paradigme inquiète d’autant plus les spécialistes que la maladie touche des patients de plus en plus jeunes, reflétant l’évolution des habitudes alimentaires et de la sédentarité dès le plus jeune âge. Le profil type du patient souffrant du foie a radicalement changé en l’espace d’une génération.

Le message des experts est sans équivoque : la MASH n’est pas une maladie rare ou isolée. Il s’agit d’un problème de santé publique massif, intrinsèquement lié à nos modes de vie contemporains. La prise de conscience collective est désormais l’enjeu principal pour freiner cette progression.

Selon la source : passeportsante.net

Créé par des humains, assisté par IA.

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