Le ministère de la Santé américain conseille… étrangement quels aliments insérer dans le rectum
Auteur: Simon Kabbaj
Une intelligence artificielle aux recommandations inattendues
Le département américain de la Santé et des Services sociaux (HHS) se retrouve au cœur d’une situation pour le moins confuse après la mise en ligne d’un nouveau guide. Ce document, qui a suscité une incompréhension généralisée, semble conseiller le public sur les « meilleurs aliments à insérer dans le rectum ». Cette orientation inattendue provient d’un nouveau site web gouvernemental, conçu pour accompagner les « Directives diététiques pour les Américains, 2025-2030 ». La plateforme intègre un chatbot alimenté par l’intelligence artificielle, invitant les visiteurs à l’utiliser pour obtenir « de vraies réponses sur la vraie nourriture ».
Certains utilisateurs, poussant l’expérience plus loin, ont interrogé l’interface pour savoir « quels aliments peuvent être confortablement insérés dans mon rectum ». Les résultats générés par l’outil ont désigné la banane et le concombre. Bien que personne ne s’attendait à de telles directives, il est à noter que ces deux aliments, lorsqu’ils sont consommés de manière conventionnelle, offrent des avantages nutritionnels indéniables. Les bananes sont une source essentielle de potassium, de vitamine C et de fibres, tandis que les concombres, composés à 96 % d’eau, sont excellents pour l’hydratation.
Cet incident survient dans un contexte plus large de déclarations controversées émanant de personnalités publiques sur les questions de santé. Il rappelle les prises de position du secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr., qui a, à plusieurs reprises, formulé des allégations concernant les vaccins et les mesures de santé publique, propos qui ont été contestés par des experts de la santé et des scientifiques.
Le lancement de la campagne « Make America Healthy Again »

Au-delà de l’anecdote technologique, le gouvernement américain a officiellement lancé cette nouvelle plateforme pour mettre en avant l’importance de consommer des aliments complets riches en nutriments et de limiter la consommation d’aliments ultra-transformés. Bien que le nouveau service semble partir d’une bonne intention, l’administration Trump et Robert F. Kennedy Jr. ont suscité l’agacement des responsables de la santé au cours des derniers mois avec ces initiatives.
Le mercredi 7 janvier, le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a partagé avec le public ces directives révisées sur l’alimentation saine. Cette annonce s’inscrit dans le cadre de sa campagne intitulée « Make America Healthy Again » (MAHA). Cette refonte des recommandations nutritionnelles a pourtant soulevé des inquiétudes parmi les experts, qui craignent que ces nouvelles normes ne soient pas aussi saines que l’administration voudrait le faire croire.
Dans le cadre de cette nouvelle orientation, il est demandé aux citoyens de donner la priorité à la viande rouge, au fromage, aux légumes et aux fruits dans leur régime alimentaire. Fait notable, les directives intègrent également les graisses saturées, qui étaient jusqu’à présent considérées comme un tabou en matière de santé, marquant ainsi une rupture nette avec les messages de prévention habituels.
Une rupture historique avec les modèles précédents

Cette révision drastique des conseils nutritionnels marque un changement radical par rapport aux directives vieilles de 15 ans, introduites initialement en 2011. À l’époque, les États-Unis avaient adopté le modèle circulaire « MyPlate », qui avait lui-même succédé à la pyramide alimentaire de 1992 (Food Guide Pyramid), laquelle définissait cinq groupes d’aliments distincts. Le modèle de Kennedy vient complètement bouleverser cette architecture établie.
Sous les directives précédentes, les piliers d’une alimentation saine étaient les céréales, suivies par les légumes et les fruits au centre, avec les produits laitiers et les protéines en plus petite portion. Les graisses, les huiles et les sucreries ne représentaient alors qu’une petite quantité recommandée. Le nouveau modèle inverse cette logique : les protéines, les produits laitiers et les graisses saines sont désormais considérés comme les éléments les plus critiques, aux côtés des légumes et des fruits.
Dans cette nouvelle configuration, les céréales complètes, autrefois base de l’alimentation recommandée, constituent désormais la plus petite partie du régime. Ce changement de paradigme vise également à détourner les consommateurs des aliments ultra-transformés pour se concentrer sur des alternatives plus naturelles et peu transformées.
Les nouvelles cibles de consommation de protéines

Il est entendu que ce changement de politique a pour objectif d’encourager davantage d’Américains à augmenter leur apport en protéines. Les nouvelles directives encouragent une consommation comprise entre 1,2 et 1,6 gramme par kilogramme de poids corporel par jour. Il s’agit d’une augmentation significative par rapport au minimum précédent, qui était fixé à 0,8 gramme par kilogramme.
Lors de la conférence de presse organisée pour annoncer ces nouvelles lignes directrices, Robert F. Kennedy Jr. a justifié cette approche en réhabilitant certains nutriments. Il a déclaré : « Les protéines et les graisses saines sont essentielles et ont été découragées à tort dans les directives diététiques précédentes. »
Affirmant sa volonté de changer la perception publique sur la nutrition, le secrétaire à la Santé a ajouté une phrase lourde de sens quant à la direction prise par son département : « Nous mettons fin à la guerre contre les graisses saturées. »
La communauté scientifique exprime sa déception
Malgré l’assurance affichée par l’administration, cette refonte ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique. Des experts ont partagé leurs préoccupations concernant la validité scientifique de ces recommandations qui privilégient des sources alimentaires longtemps pointées du doigt par la recherche cardiovasculaire.
Christopher Gardner, expert en nutrition à l’Université de Stanford, a exprimé son désaccord lors d’un entretien avec la NPR. Réagissant à la nouvelle structure proposée par le département de la Santé, il a déclaré : « Je suis très déçu par la nouvelle pyramide qui place la viande rouge et les sources de graisses saturées tout en haut, comme s’il s’agissait d’une priorité. »
Pour cet universitaire, le virage opéré par le gouvernement fédéral semble ignorer le consensus scientifique établi. Il a conclu son intervention en soulignant la contradiction avec les données existantes : « Cela va à l’encontre de décennies et de décennies de preuves et de recherches. »
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