Un trésor enfoui dans le sol gelé de l’Alaska
C’est une découverte majeure qui vient d’être annoncée par des archéologues travaillant dans le Grand Nord. Au cœur d’une couche de sol gelé en Alaska, une équipe de chercheurs a mis au jour un extraordinaire trésor composé d’outils en pierre et en ivoire de mammouth. Cette trouvaille ne se contente pas d’enrichir les collections des musées : elle offre les exemples les plus anciens d’outils composites en tiges d’ivoire jamais découverts en Amérique du Nord.
Cette excavation promet de transformer notre compréhension de la dispersion des populations humaines à travers le continent. Selon les nouvelles recherches effectuées sur cette couche de sol vieille de 14 000 ans, les objets exhumés permettent de mieux saisir l’histoire de ces premiers habitants. Ils offrent des indices précieux sur les ancêtres de la célèbre culture Clovis.
Pour les scientifiques, il s’agit d’une percée significative. En mettant en lumière ces artéfacts, l’étude suggère une réécriture potentielle des chronologies établies concernant l’arrivée et les mouvements des humains en Amérique du Nord. Les implications de cette fouille dépassent le simple cadre régional pour toucher à l’histoire globale du peuplement des Amériques.
Le site Holzman : trois décennies d’investigations

Le théâtre de cette découverte est le site Holzman, situé au milieu de la vallée de la Tanana, dans le centre de l’Alaska. Ce lieu suscite l’intrigue géologique et archéologique depuis plus de trente ans. Régulièrement, des chercheurs se rendent sur la rive ouest du ruisseau Shaw (Shaw Creek) pour y étudier le sol gelé, riche en enseignements sur le passé lointain de la région.
Dans une nouvelle étude publiée au sein de la revue Quaternary International, une équipe de chercheurs de l’Université Adelphi et de l’Université d’Alaska Fairbanks a dévoilé les résultats de leurs fouilles. Ils révèlent que les excavations sur le site ont mis au jour une fabrication d’outils remontant à 14 000 ans. Cette datation place le site Holzman parmi les lieux les plus précoces ayant abrité des humains dans les Amériques.
Les auteurs de l’étude soulignent l’importance de la diversité des activités identifiées sur place. Ils écrivent : « Le site révèle des preuves de production d’outils en pierre et en ivoire de mammouth, de préparation de nourriture et de dispersions humaines remontant à 14 000 ans ». Le site fournit également des indices sur les ancêtres de la culture Clovis, un groupe de population qui fabriquait des outils dans les Grandes Plaines il y a 13 000 ans.
Le chaînon manquant vers la culture Clovis

Selon une théorie établie de longue date, la culture Clovis est arrivée en Amérique du Nord via le pont terrestre de Béring. La découverte réalisée au site Holzman pourrait confirmer cette hypothèse, car l’emplacement représente un point de passage stratégique entre la Sibérie et les Grandes Plaines. Ce site servait vraisemblablement de point d’étape pour ces populations anciennes.
Les chercheurs insistent sur la pertinence géographique et temporelle de leur trouvaille pour valider les modèles de migration. Les auteurs notent dans leur rapport : « Le site Holzman apporte de nouvelles informations à un registre archéologique croissant de la moyenne vallée de la Tanana au cours de la période tardiglaciaire. Sur la base des preuves actuelles, la confluence du ruisseau Shaw avec la rivière Tanana était particulièrement active lors de l’arrivée initiale des peuples autochtones ».
Pour les chasseurs mobiles de mégafaune qui ont créé les outils laissés sur le site Holzman, la vallée de la Tanana en Alaska a probablement servi de porte d’entrée. Elle permettait l’exploration et la colonisation de nouvelles zones de la steppe à mammouths, le long de la route menant aux Grandes Plaines. La découverte représente donc une étape importante dans le tout premier voyage humain vers l’intérieur de l’Amérique du Nord.
Inventaire d’un atelier préhistorique

Les objets les plus anciens trouvés sur le site Holzman comprennent une défense de mammouth femelle, des outils sur éclats, un percuteur en pierre, de l’ocre rouge ainsi que des traces de brûlure et de taille de pierre (le processus de façonnage). Ces éléments témoignent d’une occupation structurée et d’une utilisation variée des ressources disponibles dans l’environnement immédiat.
Des trouvailles légèrement plus récentes, datées de 13 700 ans, ont révélé la présence d’un atelier contenant du quartz, un matériau critique pour former des outils en ivoire de mammouth. C’est dans cette strate que les chercheurs ont identifié les plus anciens outils en tige d’ivoire jamais découverts dans les Amériques, marquant une avancée technologique notable pour l’époque.
L’importance de ce matériau est centrale dans l’analyse des archéologues. Les auteurs précisent : « L’ivoire de mammouth jouait également un rôle important dans les technologies primitives. Le processus de fabrication d’outils en ivoire et les outils composites en tige d’ivoire trouvés sur le site Holzman sont parmi les plus anciens connus dans les Amériques, démontrant davantage de similitudes technologiques avec la tradition Clovis plus au sud ».
Une fenêtre sur la circulation des ressources en Béringie

L’« atelier étendu » découvert à Holzman se caractérisait par une abondance d’outils en ivoire et de preuves de fabrication d’outils. Cette concentration d’artefacts suggère une activité intense et organisée, dépassant la simple halte temporaire pour devenir un véritable centre de production pour ces peuples de l’âge de glace.
Les chercheurs expliquent l’impact de ces matériaux sur les mouvements de population : « L’ivoire de mammouth et le matériel lithique semblent figurer de manière proéminente dans la circulation des ressources à travers la Béringie orientale et la dispersion éventuelle des populations plus au sud vers les Montagnes Rocheuses et les Hautes Plaines du Nord de l’Amérique du Nord ».
L’utilisation de l’ivoire de mammouth est particulièrement intrigante pour les chercheurs. Elle met en valeur les interactions de cette culture ancienne avec la mégafaune de l’âge de glace, en particulier le mammouth laineux, avec un niveau de détail sans précédent. Ces vestiges offrent ainsi un regard inédit sur la vie quotidienne et les stratégies de survie aux confins de l’Arctique.
Selon la source : popularmechanics.com
Créé par des humains, assisté par IA.