Au-delà de la mémoire : une réalité physique méconnue

Avec le vieillissement, il est considéré comme normal d’observer un certain déclin dans divers domaines de la vie quotidienne. Cependant, selon les experts médicaux, lorsque certains signes spécifiques commencent à se manifester, cela peut indiquer une pathologie plus grave que la simple usure du temps. La démence, une maladie progressive, entraîne un déclin cognitif chez la personne atteinte, impactant sa mémoire, sa parole et son indépendance.
Les chiffres actuels soulignent l’ampleur de cet enjeu de santé publique. D’après l’Alzheimer’s Society, environ un million de personnes vivent actuellement avec une démence au Royaume-Uni. Les projections sont encore plus préoccupantes, puisque le nombre de personnes diagnostiquées devrait grimper à 1,4 million d’ici l’année 2040.
Si l’on pense souvent aux symptômes typiques comme les trous de mémoire, le Dr Stephanie Nothelle, gériatre et professeure associée à la Johns Hopkins School of Medicine de Baltimore, avertit qu’il existe d’autres indicateurs. Elle révèle des problèmes physiques que vous n’auriez peut-être pas associés à la démence par le passé, mais qui peuvent orienter vers un diagnostic possible.
1. Difficultés à marcher et perte d’équilibre

Le premier signe physique mis en avant par le Dr Nothelle concerne la motricité globale. Elle a confié au Huffington Post : « Je constate que beaucoup des manifestations plus physiques surviennent plus tard dans l’évolution de la démence ». Néanmoins, elle apporte une nuance importante concernant la marche.
Lorsqu’il s’agit de « la capacité de quelqu’un à marcher et à maintenir son équilibre », le médecin explique que ces troubles peuvent survenir plus tôt. La raison est physiologique et neurologique : « la capacité à maintenir son équilibre et à marcher de manière fluide » nécessite en réalité un contrôle cognitif important.
Par conséquent, si ces difficultés motrices commencent à devenir un problème, le Dr Nothelle indique que cela pourrait signaler une démence, surtout si ces troubles sont suivis par d’autres signes caractéristiques de la maladie.
2. Problèmes de déglutition

Les fonctions motrices essentielles, comme le fait de s’alimenter, peuvent également être impactées par la maladie. Selon le Dr Nothelle, les personnes atteintes de démence peuvent voir la nourriture « descendre dans le mauvais conduit » accidentellement lorsqu’elles mangent. Ce phénomène présente un danger réel si les aliments se logent là où ils ne devraient pas être, comme dans les poumons.
Si de la nourriture pénètre dans les poumons, cela peut conduire à ce que l’on appelle une pneumonie par aspiration, causée par les mauvaises bactéries présentes. C’est une complication sérieuse qui nécessite une vigilance accrue de la part des aidants et des proches.
Le Dr Nothelle a expliqué ce lien de cause à effet avec précision : « C’est pourquoi la pneumonie est relativement fréquente dans la phase tardive de la démence ». Ce symptôme physique, bien que moins connu que la perte de mémoire, est donc un indicateur clinique majeur.
3. Problèmes de vessie

Un autre aspect difficile de la progression de la maladie concerne le contrôle des fonctions corporelles, qui peut devenir plus lâche avec le temps. Le Dr Nothelle aborde ce sujet délicat avec franchise : « L’incontinence, malheureusement, peut être un symptôme de la démence ».
Ce phénomène n’est pas simplement dû au vieillissement des organes eux-mêmes, mais bien à l’atteinte neurologique. Selon le médecin, cela s’explique par le fait que les nerfs nécessaires pour contrôler la vessie « dégénèrent à mesure que la démence progresse ».
Il s’agit d’un symptôme physique direct de la dégradation neuronale, illustrant comment la maladie affecte le système nerveux bien au-delà des seules capacités intellectuelles ou mémorielles.
4. Traînement des pieds

Certains symptômes physiques sont spécifiques à des formes particulières de la maladie, comme la démence à corps de Lewy. Généralement, ce type de démence voit les problèmes cognitifs survenir en premier, avant que les changements physiques ne débutent. Cependant, une fois ces changements installés, ils deviennent clairs : vous pourriez remarquer que votre posture et votre capacité à marcher sans traîner les pieds ont été altérées.
Selon Dementia UK, la démence à corps de Lewy survient lorsqu’un amas de protéines se développe sur les cellules nerveuses du cerveau. L’organisation caritative précise les manifestations visibles de ce phénomène biologique sur le corps du patient.
Le site web de Dementia UK déclare que « mouvements ralentis, difficulté à marcher, traînement des pieds, apparence rigide » ou le fait de se « figer » sont des signes courants de cette condition. Ces modifications de la démarche sont donc des marqueurs visuels importants pour le diagnostic.
5. Vos sens changent

Il existe un autre signe qui est majoritairement spécifique à la démence à corps de Lewy : une modification du goût et de l’odorat. Ces sens, qui nous semblent acquis, peuvent se trouver altérés par la progression de la pathologie neurologique.
Ce changement sensoriel peut même avoir des conséquences physiques visibles. Il peut rendre une personne sujette à « baver », car sa production de salive augmente. C’est un symptôme qui peut surprendre l’entourage mais qui s’explique physiologiquement.
Pour remettre ces symptômes dans leur contexte statistique, Dementia UK indique que la démence à corps de Lewy représente environ 10 à 15 pour cent de l’ensemble des diagnostics de démence. Toutefois, l’organisation précise que ce chiffre pourrait en réalité atteindre jusqu’à 20 pour cent.
6. Sommeil agité

Le dernier symptôme physique majeur concerne le repos. Selon l’Alzheimer’s Society, le cycle naturel de veille et de sommeil d’une personne peut être perturbé. Cela survient car la capacité du corps à détecter le matin et la nuit devient endommagée par la maladie.
Le site web de l’organisation explique le mécanisme en jeu : « Une personne atteinte de démence subit des changements physiques dans son cerveau en raison de son état. Ces changements peuvent affecter la quantité et la qualité de son sommeil ».
Concrètement, cela se traduit par des rythmes inversés ou fragmentés. L’Alzheimer’s Society précise : « Une personne atteinte de démence peut avoir des problèmes pour dormir la nuit, et peut dormir davantage pendant la journée. Elle peut trouver difficile de s’endormir ou elle peut se réveiller pendant la nuit ».
Conclusion : Une vigilance globale nécessaire

La reconnaissance de ces signes physiques est cruciale pour une prise en charge adaptée. Comme l’a souligné le Dr Stephanie Nothelle, bien que nous associions principalement la démence à la perte de mémoire, l’observation de la marche, de la déglutition ou du sommeil offre des indices précieux.
Avec les projections annonçant 1,4 million de personnes diagnostiquées au Royaume-Uni d’ici 2040, la compréhension de ces symptômes moins connus devient un enjeu majeur. Ces manifestations corporelles, du traînement des pieds aux changements sensoriels, racontent l’histoire de l’évolution neurologique de la maladie.
Il est donc recommandé de rester attentif à l’ensemble de ces changements, et pas seulement aux facultés cognitives, pour accompagner au mieux les personnes concernées vers un diagnostic précis et un suivi médical approprié.
Selon la source : ladbible.com
Créé par des humains, assisté par IA.