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Ukraine-Russie : le bilan vertigineux après quatre ans de conflit
Crédit: Side-by-side fusion: "Volodymyr Zelenskyy in 2022.jpg" by President of Ukraine from Україна (Public domain) via Wikimedia Commons + Photographie de presse ultra-réaliste en 8K. Vue l... (ai)

Ukraine-Russie : ce que révèlent les chiffres après quatre ans de guerre

Le conflit le plus sanglant sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale entame une nouvelle phase critique. Déclenchée par l’invasion russe du 24 février 2022, la guerre en Ukraine entre désormais dans sa cinquième année. Après quatre ans d’affrontements ininterrompus, la situation sur le terrain reste marquée par une violence extrême et des enjeux géopolitiques complexes.

Alors que les combats perdurent, les destructions s’accumulent et les efforts diplomatiques tentent péniblement de se frayer un chemin. Ce triste anniversaire est l’occasion de dresser un état des lieux précis des forces en présence, du coût humain vertigineux et des perspectives d’avenir pour les deux belligérants.

Un bilan humain incertain mais vertigineux

Après des années de bombardements et de combats acharnés, établir un bilan humain précis demeure un défi majeur. Selon le dernier décompte effectué par l’ONU en 2025, près de 15 000 civils ont perdu la vie et 40 600 ont été blessés sur le territoire ukrainien. Toutefois, les Nations unies précisent que le nombre réel est “probablement considérablement plus élevé”, l’accès aux zones sous occupation russe étant particulièrement difficile pour les observateurs internationaux. Parallèlement, des estimations indiquent que les attaques menées par l’Ukraine contre les régions frontalières russes ont causé des centaines de morts.

Sur le plan militaire, les pertes sont tout aussi lourdes, bien que les chiffres officiels soient sujets à caution. Le président Volodymyr Zelensky a reconnu, au début du mois de février, la mort de 55 000 militaires ukrainiens depuis le début de l’invasion en 2022. Ce chiffre est jugé largement sous-estimé par de nombreux observateurs en raison des dizaines de milliers de soldats portés disparus. Du côté de Moscou, le silence est de mise, mais des enquêtes basées sur des sources ouvertes, menées par le service russe de la BBC et le média Mediazona, chiffrent les pertes à plus de 177 000 tués.

Les analyses internationales avancent des bilans encore plus sombres. Le centre de réflexion américain Center for Strategic and International Studies (CSIS) évoque jusqu’à 325 000 soldats russes tués, et estime les pertes ukrainiennes entre 100 000 et 140 000 soldats morts depuis 2022. Au-delà des morts et des blessés, le conflit a provoqué un exode massif : selon l’ONU, près de 6 millions d’Ukrainiens sont toujours réfugiés à l’étranger.

Un territoire dévasté et miné

La guerre a laissé des cicatrices profondes sur le paysage ukrainien, particulièrement dans l’est du pays. Des villes entières, telles que Bakhmout, Toretsk ou Vovtchansk, ont été littéralement transformées en ruines par l’intensité des combats. Les infrastructures énergétiques n’ont pas été épargnées : les frappes russes répétées ont dévasté le réseau, privant périodiquement des millions de personnes d’électricité et de chauffage.

Le danger persiste même là où les combats ont cessé. Les Nations unies estiment qu’environ 20 % du territoire ukrainien est désormais contaminé par les mines, rendant ces zones inhabitables et inexploitables pour l’agriculture. L’ampleur des dégâts matériels est colossale.

Face à ce désastre, le coût de la reconstruction s’annonce astronomique. Une évaluation conjointe menée par le gouvernement ukrainien, l’Union européenne, la Banque mondiale et l’ONU estime la facture totale à plus de 500 milliards d’euros sur la prochaine décennie.

L’état du front : une guerre de position

Sur le terrain, la dynamique du conflit a évolué. Après les vastes mouvements de troupes observés en 2022 et 2023, la guerre s’est muée en une guerre d’attrition. Les avancées sont désormais lentes et coûteuses, se déroulant sous la menace constante et omniprésente des drones. Actuellement, la Russie occupe près de 20 % du territoire ukrainien, sachant qu’environ un tiers de cette surface était déjà sous le contrôle de forces russes ou prorusses avant l’invasion de 2022.

Le cœur des affrontements se situe dans le Donbass, le grand bassin industriel de l’est de l’Ukraine. Selon une analyse de l’AFP basée sur les données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), un centre de réflexion américain, l’armée russe s’est emparée de la quasi-totalité de la région de Lougansk et contrôle près de 83 % de la région de Donetsk.

L’occupation russe s’étend également au-delà du Donbass. Les troupes de Moscou contrôlent de larges pans des régions méridionales de Kherson et de Zaporijjia. Elles occupent aussi de petites parties des régions de Soumy au nord, de Kharkiv au nord-est et de Dnipropetrovsk dans le centre du pays.

L’impasse diplomatique

Malgré la violence des combats, le dialogue n’est pas totalement rompu. Depuis 2025, Russes et Ukrainiens sont engagés dans des négociations visant une cessation des hostilités, un processus mené sous l’impulsion du président américain Donald Trump. Plusieurs cycles de pourparlers ont été organisés dans des lieux neutres, notamment à Istanbul, à Abou Dhabi et à Genève.

Cependant, ces discussions n’ont pour l’instant débouché sur aucun progrès tangible. La question territoriale demeure le point de blocage principal : la Russie exige le retrait des forces ukrainiennes des zones qu’elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, une condition que Kiev refuse catégoriquement.

Les divergences portent aussi sur la nature même de l’arrêt des combats. L’Ukraine insiste sur la nécessité d’un cessez-le-feu dès que possible. À l’inverse, Moscou refuse toute pause dans les hostilités tant que les bases d’un accord de paix “durable” n’auront pas été clairement fixées.

Économies sous tension et aide internationale

Sur le plan économique, la Russie a su faire preuve de résilience face aux sanctions occidentales. Elle a réussi à contourner les restrictions en mettant en place des circuits d’importations parallèles et en réorientant ses ventes d’hydrocarbures vers de nouveaux marchés. Son industrie a par ailleurs été soutenue par des commandes militaires massives. Toutefois, des signes d’essoufflement apparaissent : le pays fait face à une forte inflation, à des pénuries persistantes de main-d’œuvre, à un déficit budgétaire croissant et à une baisse de ses revenus pétroliers.

L’Ukraine, de son côté, a subi un choc économique violent, perdant près d’un tiers de son PIB en 2022. Le pays souffre de la destruction de ses infrastructures, des perturbations de ses exportations et de la perte de sa force de travail, partie à l’étranger ou mobilisée au front. Bien que l’économie ait connu une légère reprise par la suite, Kiev reste lourdement dépendante du soutien occidental pour financer sa défense et ses dépenses courantes.

L’effort de guerre ukrainien repose en grande partie sur l’aide extérieure. L’Europe s’impose comme le principal contributeur, avec 201 milliards d’euros déjà fournis et 178 milliards promis, selon l’institut allemand Kiel. Les États-Unis, qui ont versé 115 milliards de dollars depuis 2022, ont pratiquement coupé leur aide sans contrepartie depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Alliances et livraisons d’armes

Le soutien matériel reste crucial pour l’Ukraine. Selon les données de l’institut Kiel, les alliés de Kiev ont livré près de 900 chars, 1 200 véhicules blindés, 850 pièces d’artillerie, ainsi que 85 systèmes antiaériens, des avions de combat et des munitions. Le partage de renseignements occidentaux joue également un rôle clé dans la résistance ukrainienne.

De son côté, Moscou n’est pas isolée et bénéficie de l’appui de ses propres partenaires stratégiques. La Corée du Nord a fourni des munitions et a même envoyé des milliers de soldats combattre directement sur le territoire russe contre les Ukrainiens. L’Iran a livré des drones et des missiles, et sa technologie a permis à la Russie de produire ses propres modèles de drones.

Enfin, les Occidentaux pointent du doigt le rôle de la Chine, qu’ils accusent d’aider Moscou à contourner les sanctions internationales, consolidant ainsi la capacité de la Russie à poursuivre son effort de guerre sur le long terme.

Selon la source : journaldemontreal.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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