Un prospecteur découvre une pièce japonaise du XIXe siècle. Elle n’aurait jamais dû être là
Auteur: Mathieu Gagnon
Une trouvaille qui défie l’histoire dans un champ australien
Au nord de Ballarat, dans l’État de Victoria en Australie, s’étend un champ aujourd’hui silencieux. Il y a plus de 170 ans, ce lieu grouillait de vie : c’était un campement prisé lors de la ruée vers l’or de 1851. C’est ici qu’Angus James, un passionné de détection de métaux, a fait une découverte qui a surpris jusqu’à ce chercheur d’or expérimenté.
Armé de son détecteur, il a mis au jour un objet qui n’avait, à première vue, rien à faire là. Il ne s’agissait pas d’une pépite d’or, mais d’une pièce de monnaie japonaise datant du milieu du XIXe siècle : une 100 Mon Tenpo Tsuho. Une trouvaille aussi inattendue qu’intrigante. Sur sa page Facebook, Angus James a simplement résumé le sentiment de chaque prospecteur : « On ne sait jamais ce que l’on va trouver ensuite ».
Portrait d’une pièce de monnaie voyageuse
La pièce découverte est une 100 Mon Tenpo Tsuho. De forme oblongue et coulée dans le bronze, elle possède un trou carré en son centre. Frappée au milieu des années 1800, elle était une monnaie courante au Japon pendant la fin de la période Edo, entre 1835 et 1870. Sa valeur n’était pas considérable, en raison de sa faible teneur en cuivre. Aujourd’hui encore, sur le marché des collectionneurs, sa valeur reste modeste, se situant généralement autour de 35 dollars.
Ce qui la rend fascinante, c’est son histoire et son design. La face de la pièce est ornée de caractères chinois, une pratique assez courante pour les monnaies japonaises de l’époque, qui subissaient l’influence des devises chinoises. Bien que banale sur ses terres d’origine pendant près de 35 ans, sa présence sur le sol australien est un véritable mystère.
Un objet « extrêmement rare » loin de ses origines
La surprise d’Angus James fut totale. « Au début, je n’avais aucune idée de ce que c’était, car je n’ai jamais rien trouvé de semblable », a-t-il confié à Fox News Digital. Sa réaction est compréhensible. La probabilité qu’une personne se promenant en Australie à cette époque ait eu les poches pleines de 100 Mon Tenpo Tsuho était infime. L’usage de cette monnaie a été aboli par la restauration Meiji, qui a modernisé le Japon à partir de 1868.
Comment cette pièce a-t-elle pu traverser les océans ? « Trouver une pièce japonaise aussi ancienne en Australie est extrêmement rare », souligne le découvreur. C’est un anachronisme géographique qui ne peut s’expliquer que par un événement mondial majeur capable de bouleverser les flux migratoires : la ruée vers l’or.
La ruée vers l’or : un aimant à populations
L’histoire de l’Australie a basculé en 1851 avec le début de la ruée vers l’or. La région de Ballarat fut l’un des premiers épicentres de cette fièvre. Un article du Geelong Advertiser d’octobre 1851 témoigne de l’ampleur du phénomène. Le journal rapportait la présence de « 1 000 ‘cradles’ (berceaux de lavage) au travail dans un rayon d’un mile de Golden Point, à Ballarat ». Il ajoutait qu’il y en avait « environ 50 près de Black Hill » et « environ 300 ou 400 de plus à Brown Hill Diggings ». Le journaliste estimait la population de mineurs à « environ 7 000 hommes » dans un rayon de cinq miles.
Cet appétit pour le métal précieux a attiré des prospecteurs du monde entier, notamment d’Asie et d’Europe. Cet afflux a complètement redessiné la démographie du pays. En seulement vingt ans, la population australienne a explosé, passant d’environ 430 000 habitants à plus de 1,7 million. C’est dans ce contexte de migration massive que la petite pièce japonaise a probablement fait son voyage.
Un passe-temps qui révèle des trésors cachés
Le champ près de Ballarat où la pièce a été trouvée a servi de campement intensif durant cette période, et les découvertes continues d’Angus James le prouvent. Outre cette monnaie japonaise, il a exhumé des pépites d’or, une boucle de ceinture des années 1840, un jeton commercial daté de 1855, de nombreux bijoux et une grande quantité de pièces de monnaie australiennes. « J’ai hâte de voir ce que je peux encore détecter à cet endroit », a-t-il déclaré.
Pour Angus James, la détection de métaux est bien plus qu’une quête de trésors. C’est un formidable passe-temps qu’il partage avec ses jeunes fils. « On fait beaucoup d’exercice, on prend l’air frais », explique-t-il, « et on peut aussi trouver des choses assez étonnantes ». Une passion qui permet, parfois, de mettre au jour un petit fragment d’histoire du monde, oublié sous la terre australienne.
Selon la source : popularmechanics.com