Aller au contenu
Le secret de Vinci : 6 hommes vivants détiennent-ils la clé de sa tombe ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un mystère vieux de 500 ans dans le caveau d’Amboise

Dans le silence du Château d’Amboise, une question persiste : les ossements reposant dans la tombe de Léonard de Vinci sont-ils vraiment les siens ? Pendant des siècles, l’authentification de telles reliques relevait plus de la réputation que de la preuve. Un expert se présentait, examinait, et son verdict suffisait. L’époque où l’on pouvait affirmer qu’un os appartenait à un saint sur la seule foi d’une parole est révolue.

Aujourd’hui, la science offre des outils d’une précision redoutable. L’ADN et les analyses de laboratoire peuvent désormais confirmer ou infirmer l’origine de restes humains, de manuscrits ou d’artefacts. C’est précisément l’objectif du « Leonardo da Vinci DNA Project » : utiliser la génétique pour répondre à cette énigme historique. Le plan est simple en théorie : comparer l’ADN des restes attribués à l’artiste avec celui de ses descendants vivants pour, peut-être, reconstituer une partie de son génome.

La quête généalogique d’une lignée sans enfants

La première difficulté était de taille : Léonard de Vinci n’a jamais eu d’enfants. Comment alors retrouver sa trace génétique dans le présent ? Les chercheurs Alessandro Vezzosi et Agnese Sabato, de l’association Leonardo Da Vinci Heritage, se sont tournés vers la généalogie la plus traditionnelle. Leur travail colossal a été publié dans un ouvrage intitulé « Genìa Da Vinci. Genealogy and Genetics for Leonardo’s DNA ».

En suivant les branches collatérales de la famille, ils ont reconstitué un arbre généalogique impressionnant. Partant du père de Léonard, Ser Piero, et d’un de ses demi-frères, ils ont minutieusement tracé la lignée masculine jusqu’à aujourd’hui, remontant les archives jusqu’en 1331. Ce travail de fourmi a permis d’identifier des parents contemporains dont l’ADN pourrait servir de référence dans cette enquête scientifique.

Le chromosome Y, fil conducteur à travers les siècles

L’enquête s’est concentrée sur la lignée paternelle pour une raison scientifique précise. Né d’une union hors mariage entre le notaire respecté Ser Piero et une paysanne nommée Caterina, Léonard a hérité du chromosome Y de son père. Ce chromosome a la particularité d’être transmis quasi intact de père en fils, agissant comme un marqueur génétique fiable à travers les générations.

Grâce à cette spécificité, le projet a pu identifier 15 descendants masculins appartenant à la branche familiale de Léonard. En collaboration avec l’anthropologue légiste Elena Pilli, l’équipe a pu faire un pas de géant. Selon le site Phys.org, ils ont procédé à des tests sur six de ces descendants. L’analyse a été concluante : « Leur analyse a révélé que des segments du chromosome Y — utilisés pour l’identification individuelle — correspondaient chez ces hommes, confirmant la continuité génétique de la lignée masculine de Vinci, au moins depuis la 15e génération ».

Des fragments d’os au cœur de l’analyse

La recherche généalogique initiale a également permis de localiser le lieu de sépulture de plusieurs parents de Léonard, incluant probablement son grand-père et certains de ses demi-frères. Une excavation sur ce site a mis au jour des fragments d’os, qui sont aussitôt devenus le centre de toutes les attentions. Ces restes ont été soumis à une datation au radiocarbone ainsi qu’à une analyse paléogénomique.

Les premiers résultats, rapportés par Phys.org, ont confirmé que les fragments provenaient d’un individu de sexe masculin. L’étape suivante est désormais critique. Si le chromosome Y extrait de cet échantillon osseux correspond à celui des descendants vivants, le projet validera non seulement la fiabilité des archives de paternité historiques, mais ouvrira aussi la voie à la reconstruction de l’ADN de Léonard de Vinci lui-même.

Au-delà de la tombe : l’ADN au service de l’art

L’ambition du projet ne s’arrête pas à l’identification d’une sépulture. Si les chercheurs parviennent à reconstituer un profil génétique clair de Léonard, ils pourront le comparer à des empreintes ou d’autres traces biologiques présentes sur des œuvres et des objets qui lui sont attribués. L’équipe a d’ailleurs déjà mené des études pilotes pour identifier des « matériaux biologiques utiles sur des échantillons d’art vieillissants » et analyser la flore microbienne présente sur ou dans les œuvres.

Séquencer l’ADN du maître de la Renaissance pourrait également nous offrir une compréhension plus intime de l’homme. Les marqueurs génétiques pourraient éclaircir des traits physiques jusqu’ici déduits de ses portraits, comme son ascendance, la pigmentation de sa peau ou même sa prédisposition à certaines maladies. Si la science ne pourra jamais décoder le « génie », elle pourrait ajouter un contexte biologique inestimable à la vie et à l’œuvre d’un homme qui continue de fasciner le monde, plus d’un demi-millénaire après sa naissance.

Selon la source : popularmechanics.com

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu