Des chercheurs de la marine localisent une épave vieille de 500 ans après avoir détecté un mystérieux signal sous-marin
Auteur: Mathieu Gagnon
Une anomalie repérée au large de Ramatuelle

Les fonds marins de l’Hexagone viennent de livrer un secret enfoui depuis cinq cents ans. Lors d’une opération militaire de routine visant à inspecter les fonds marins du pays en 2025, les autorités ont repéré une anomalie topographique. Une simple lecture inhabituelle du sonar a rapidement pris une tournure inattendue pour les chercheurs militaires français impliqués dans cette mission de cartographie.
Cette découverte fortuite s’est produite à environ 1,5 mile au large de la côte de Ramatuelle. Les instruments ont localisé une masse imposante reposant à une profondeur vertigineuse de 8 200 pieds sous la surface de la mer Méditerranée. À une telle distance de la lumière du jour, la pression extrême et l’inaccessibilité ont constitué un bouclier protecteur naturel contre toute forme de détérioration humaine.
La Préfecture maritime de la Méditerranée, une agence gouvernementale française, a rendu compte de l’événement par le biais d’une déclaration traduite. Le document explique comment le navire s’impose aujourd’hui comme l’épave la plus profonde jamais découverte en France. Cette immersion exceptionnelle a préservé la structure des opérations de sauvetage historiques et de l’appétit des pilleurs au fil des siècles.
Le déploiement des robots sous-marins
L’exploration d’un site situé à une telle profondeur a nécessité la mobilisation d’un matériel de pointe. Une équipe conjointe, composée du Centre d’expertise pour la plongée humaine et l’intervention sous-marine de la marine française et du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, a coordonné ses efforts. Cette alliance entre le monde militaire et scientifique a permis de déployer une stratégie d’investigation rigoureuse.
Le dispositif de reconnaissance s’est appuyé dans un premier temps sur le véhicule sous-marin autonome en haute mer A18D. Cet équipement a fourni un premier aperçu visuel des fonds marins. La clarté des données recueillies a ensuite justifié l’envoi d’un second véhicule sous-marin télécommandé, chargé d’inspecter physiquement les lieux et de cartographier la zone grâce à des photographies détaillées.
Thierry de la Burgade, préfet maritime adjoint, a précisé la nature de ces manœuvres auprès de l’Agence France-Presse. « Le sonar a détecté quelque chose d’assez grand, nous y sommes donc retournés avec la caméra de l’appareil, puis à nouveau avec un robot sous-marin pour prendre des images de haute qualité, » a-t-il déclaré, résumant la méthode progressive adoptée par les équipes sur le pont.
L’inventaire d’une cargaison marchande préservée

Les images en couleur transmises depuis les abysses ont révélé les contours d’un navire impressionnant. Les mensurations du bâtiment indiquent une structure de plus de 98 pieds de long et 23 pieds de large. L’architecture générale et les éléments présents sur le pont laissent supposer qu’il s’agit d’un navire marchand datant du 16ème siècle.
La cargaison documentée par les objectifs des robots constitue un trésor archéologique en soi. Au moins 200 pichets en faïence se trouvent actuellement piégés sous une couche de sédiments. Ces contenants globulaires, dotés de becs pincés et de poignées en ruban, arborent le monogramme « IHS », un symbole grec représentant Jésus-Christ, ainsi qu’un motif géographique qui pourrait s’inspirer de la vie végétale.
L’inventaire visuel ne s’arrête pas là. Les chercheurs ont dénombré une centaine d’assiettes jaunes dispersées, accompagnées de l’équipement de bord comprenant des ancres, des canons et deux chaudrons. « Ces pichets sont caractéristiques des productions ligures bien documentées du 16ème siècle, » a écrit l’agence, faisant référence à des ateliers situés dans une région qui correspond aujourd’hui au nord de l’Italie.
L’itinéraire brisé du Camarat 4

Le navire marchand a officiellement été baptisé Camarat 4 par les autorités, en référence à sa position géographique sous-marine. Cette capsule temporelle repose de façon parfaitement immobile depuis le jour de sa perte. Le site offre aux historiens un témoignage matériel inaltéré des pratiques de navigation marchande de l’époque de la Renaissance.
Les experts s’accordent sur le caractère exceptionnel de cette trouvaille. « Camarat 4 est une découverte remarquable en raison de sa profondeur, de sa nature inédite et de l’opportunité qu’elle offre d’étudier un complexe du 16ème siècle virtuellement intact, » a écrit l’équipe de recherche dans ses premiers rapports d’évaluation.
Grâce à la nature même de la cargaison embarquée, les scientifiques estiment que le navire naviguait vers le sud-ouest en provenance de la région de la Ligurie lorsqu’il a sombré. Arnaud Schaumasse, chef du département d’archéologie sous-marine du ministère de la Culture, a mesuré l’ampleur de l’événement lors d’un échange avec l’AFP. « C’est l’épave la plus profonde jamais trouvée dans les eaux territoriales françaises, » a-t-il affirmé.
Modélisation 3D et perspectives de recherche

Face à l’ampleur de la découverte, les agences françaises planifient actuellement un programme scientifique à long terme. La première étape consistera à créer un modèle numérique 3D complet du navire. Cette modélisation permettra de figer l’état actuel de l’épave et d’offrir une base de travail détaillée aux chercheurs du monde entier sans perturber l’environnement marin.
Les spécialistes espèrent pouvoir retourner sur le site dans des conditions optimales afin de procéder à des prélèvements physiques. L’intention est d’échantillonner des artefacts spécifiques pour affiner la datation et comprendre l’origine exacte des matériaux de construction du navire. « Cela représente une opportunité de recherche unique, » a écrit l’équipe scientifique chargée du dossier.
Le calendrier des prochaines années s’annonce dense pour les archéologues subaquatiques. « L’exploration des environs du site, la photogrammétrie complète de l’épave et l’échantillonnage ciblé d’artefacts constituent la perspective de recherche initiale, qui sera menée à bien avec l’assistance d’un panel d’experts, » concluent les responsables, marquant le début d’une enquête qui devrait renouveler nos connaissances sur le commerce maritime du seizième siècle.
Selon la source : popularmechanics.com