Des archéologues découvrent une nécropole antique contenant plus de 3 000 sépultures
Auteur: Mathieu Gagnon
Une vaste mise au jour sous le tissu urbain de Zadar

La ville de Zadar, en Croatie, est reconnue comme la plus ancienne cité du pays habitée de manière continue. C’est sous le centre urbain dense de cette métropole qu’une équipe d’archéologues a mis au jour les vestiges d’une nécropole romaine antique.
La découverte s’est déroulée dans le quartier de Relja, très exactement en dessous d’un édifice abritant autrefois le club automobile croate, couramment désigné par le sigle HAK. Ce site révèle un complexe funéraire qui documente environ cinq siècles d’inhumations ininterrompues. Les fouilles ont permis d’identifier plus de 3 000 tombes individuelles.
Cette découverte, annoncée par le département d’archéologie de l’université de Zadar, éclaire une période allant du premier au cinquième siècle de notre ère. À cette époque, la cité portait le nom de Iader. La mise au jour des artefacts documente l’approche culturelle romaine concernant la vie après la mort.
L’historique des fouilles et l’aménagement urbain antique
Les efforts archéologiques menés à Zadar s’inscrivent dans une longue lignée, les premières initiatives datant du dix-neuvième siècle. Les fouilles passées avaient déjà permis de faire des trouvailles sous l’actuel centre commercial de Relja, sous l’église Saint-Jean, ainsi que sous un jardin et divers sites commerciaux. L’analyse conjointe de ces découvertes anciennes avec cette nouvelle zone de tombes et de biens funéraires confirme l’utilisation ininterrompue de la nécropole pendant près de cinq cents ans.
Les chercheurs de l’université, Igor Borzic et Ivana Jadric-Kucan, indiquent que ce cimetière est l’un des plus vastes sites funéraires romains jamais découverts dans la région. Cet espace offre une perspective renouvelée sur la vie romaine, incluant les pratiques funéraires, les structures sociales et les interactions commerciales de la cité. Face au volume de sépultures, les experts concluent que la nécropole servait de lieu d’inhumation principal à l’apogée de la puissance de la Iader antique.
La tradition romaine imposait de repousser les complexes funéraires au-delà des murs de la ville, le long des routes principales. L’envergure de ce site révèle le tracé et l’aménagement urbain de Iader tels qu’ils existaient il y a 2 200 ans. Les traditions funéraires étant solidement établies dès le premier siècle, la position de la nécropole indique clairement l’endroit où se trouvait autrefois la grande artère de la ville, et informe les spécialistes sur les pratiques commerciales régionales.
La diversité sociale à travers les biens funéraires

La nécropole abrite les restes de personnes issues de tous les milieux. Cette diversité permet aux experts d’analyser les coutumes propres aux différentes classes sociales de l’époque romaine. En fouillant les sépultures, les archéologues ont mis au jour une grande quantité d’artefacts.
Les tombes renfermaient majoritairement des urnes et des amphores, fabriquées en céramique et en verre. Les chercheurs ont recensé d’autres biens funéraires accompagnant les défunts, parmi lesquels figurent des bijoux, des lampes à huile, des pièces de monnaie et de la vaisselle.
Les objets découverts varient dans leur conception, allant de pièces minutieusement travaillées à des éléments très basiques. Chaque artefact trouvé sur le site reflète les croyances qui guidaient les habitants de Zadar au moment d’envoyer leurs proches décédés dans l’au-delà, illustrant les coutumes individuelles liées à chaque tombe.
La fonction rituelle des objets et les réseaux d’échanges

Le choix des objets déposés dans les sépultures répondait à des rôles précis. Les lampes, par exemple, avaient pour fonction d’éclairer le chemin du défunt vers l’au-delà. Les pièces de monnaie représentaient le paiement pour assurer le passage vers l’autre vie.
Les sépultures comprenaient des éléments rudimentaires tels que des couverts. Ces objets étaient placés auprès des morts pour leur fournir des outils utiles dans l’au-delà.
Les archéologues ont noté que les objets extraits de la nécropole antique trouvent leurs origines dans de nombreuses régions différentes. Située sur la mer Adriatique, l’ancienne Iader entretenait de forts liens commerciaux à travers tout le bassin méditerranéen, une dynamique que reflètent directement les biens funéraires exhumés.
Une exploration continue sous la ville moderne

L’exploration archéologique du Zadar romain suit son cours. Cette recherche continue signifie que la taille et la portée exactes de la nécropole ne sont pas encore totalement définies par les scientifiques.
Cette récente découverte donne l’espoir qu’une grande part de l’antique Iader attend simplement d’être mise au jour, dissimulée sous les infrastructures et le quotidien du Zadar d’aujourd’hui.
Selon la source : popularmechanics.com