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Pourquoi Christine Fréchette veut un ministre non élu ? Les explications
Crédit: Christine Fréchette / via X

Une recherche entamée avant l’élection

credit : credit : lanature.ca (image IA)

La première ministre désignée, Christine Fréchette, est actuellement à la recherche de la personne idéale pour combler un poste bien particulier. Elle évalue en ce moment diverses candidatures afin de faire une place à une personnalité non élue au sein de son futur conseil des ministres.

Cette démarche n’est pas une réflexion de dernière minute. Selon les informations recueillies par notre Bureau parlementaire, les premiers appels téléphoniques ont débuté avant même son élection, qui s’est tenue dimanche dernier. L’équipe de la dirigeante a entamé des discussions avec des individus intéressés à siéger dans le nouveau gouvernement.

La méthode de recrutement prend plusieurs formes. Certaines personnes se sont manifestées de leur propre chef pour proposer leurs services, tandis que d’autres profils ciblés ont été approchés directement par l’équipe de la candidate. Cette chasse au candidat externe explique probablement la raison pour laquelle la première ministre désignée a choisi d’attendre avant de dévoiler la composition officielle de sa nouvelle équipe ministérielle.

Des conditions strictes et des refus notables

credit : guy cormier / via inkedin

Les tractations impliquent les plus hautes sphères de l’équipe de transition. La semaine dernière, l’une de ces candidatures potentielles a été directement contactée par Geneviève Bélisle, la future cheffe de cabinet de Christine Fréchette.

Une exigence stricte accompagnait cette proposition gouvernementale. La future cheffe de cabinet a posé une condition claire pour accepter le poste : la personne choisie devra s’engager formellement à se présenter comme candidate lors des prochaines élections générales, prévues l’automne prochain.

Face à cette exigence, cette personnalité connue a décidé de décliner l’offre du nouveau gouvernement. Elle n’est pas la seule à avoir refusé l’invitation. Le quotidien La Presse rapporte qu’un autre candidat pressenti, Guy Cormier, l’ex-patron du Mouvement Desjardins, a décliné la proposition formulée par l’équipe Fréchette.

Une intention assumée publiquement

credit : credit : lanature.ca (image IA)

La question du recrutement externe a fini par s’inviter sur la place publique. Mardi matin, lors d’une entrevue diffusée sur les ondes du 98,5FM, la première ministre désignée a abordé le sujet de front face à ses auditeurs.

Durant cet échange radiophonique, elle n’a pas caché qu’elle envisageait sérieusement de recruter une candidature externe pour venir siéger au conseil des ministres. Interrogée sur cette éventualité, elle a déclaré publiquement qu’il s’agissait d’une « possibilité ».

Si l’intention générale est assumée au micro, les détails demeurent pour le moment confidentiels. Sollicitée mardi pour commenter les informations relatives aux appels et aux refus récents, son équipe a refusé de fournir la moindre déclaration.

Le besoin de renouveau et le poids de l’histoire

credit : Side-by-side fusion: « François Legault (portraitcrop).jpg » by LouisRoyQc licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons + « Lucien Bouchard02 crop.jpg » by Simon Villeneuve licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

L’intégration d’un membre non élu répond à un objectif stratégique précis pour le nouveau gouvernement. Recruter une personnalité connue du grand public permettrait de renouveler le visage de l’administration caquiste, une démarche jugée nécessaire alors que plusieurs de ses ténors occupent leurs fonctions depuis bientôt 8 ans.

L’exercice demeure peu habituel dans les traditions parlementaires contemporaines, mais il n’est pas inédit. L’histoire politique québécoise montre que cette manœuvre a déjà été réalisée par le passé lors de remaniements ou de formations de cabinets.

François Legault en représente lui-même le meilleur exemple. À l’époque, le premier ministre Lucien Bouchard lui avait permis d’accéder au Saint des saints du gouvernement sans même qu’il ait eu besoin de passer par la case des élections au préalable.

Le risque de grogne et l’enjeu de l’unité

credit : Side-by-side fusion: « Bernard Drainville Janvier 2024 (1; cropped).jpg » by TVA Nouvelles licensed under CC BY 3.0 via Wikimedia Commons + « Christine Fréchette (cropped).jpg » by TVA Nouvelles licensed under CC0 via Wikimedia Commons

Cette stratégie de recrutement n’est pas sans risque pour la cohésion interne. Accorder un tel privilège à un nouveau venu risque de faire de nombreux mécontents au sein de la députation actuelle, qui observe attentivement la distribution des portefeuilles.

La situation est d’autant plus délicate que Christine Fréchette a d’ores et déjà annoncé son intention de réduire la taille du conseil des ministres. Mécaniquement, des élus actuellement en poste perdront leur limousine de fonction et devront retourner s’asseoir sur les banquettes arrière de l’Assemblée.

Dans le casse-tête politique qui s’annonce, la nouvelle dirigeante devra composer avec une autre contrainte majeure. Au terme d’une course à la direction parfois acrimonieuse, elle devra faire une place aux partisans de son adversaire défait, Bernard Drainville, dans le but de ramener l’unité au sein des troupes du parti.

Selon la source : journaldemontreal.com

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