Un double attentat-suicide frappe la ville de Blida

Lundi 13 avril 2026, la ville de Blida a été le théâtre d’un double attentat-suicide. Cette agglomération, située à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale Alger, a connu ces événements dans le courant de l’après-midi. Une source occidentale informée du dossier s’est confiée à l’Agence France-Presse (AFP) le mardi suivant pour confirmer les faits.
Les premières informations font état de l’action de deux individus. « D’une manière absolument catégorique, c’est attesté par des témoins, il y a eu deux incidents de sécurité hier après-midi à Blida, incidents à caractère terroriste », a précisément déclaré cette source à l’AFP. La même personne a ajouté les détails suivants : « Deux kamikazes se sont fait sauter et sont morts ».
Le bilan exact des victimes reste pour l’heure inconnu. Les autorités algériennes ainsi que les médias locaux n’ont pas communiqué sur ces faits à ce stade. Cette absence de déclaration officielle maintient un certain flou autour des répercussions immédiates de ces explosions.
L’analyse des vidéos et l’hypothèse d’une troisième explosion
Des images largement relayées sur les réseaux sociaux, puis authentifiées mardi par l’AFP, documentent la violence du choc. Au croisement de la rue Palestine et du boulevard Mohamed Boudiaf, deux cadavres déchiquetés gisent au milieu de la chaussée. Les dépouilles apparaissent fortement mutilées, rendant impossible la détermination avec certitude des circonstances de leur mort par le simple visionnage des extraits.
Sur ces vidéos de la scène, de nombreuses personnes se rassemblent autour des corps. Des passants tentent de dissimuler les défunts en les recouvrant à l’aide de draps, sous une pluie légère. D’après les éléments visuels, le périmètre se situe à proximité immédiate de plusieurs commerces et d’un commissariat.
L’étendue du drame pourrait s’élargir au-delà de ce carrefour. La source occidentale a en effet évoqué un possible troisième incident sécuritaire localisé « près du stade de Blida mais il n’a pas été confirmé à ce stade ». Les vérifications concernant cette hypothétique troisième déflagration se poursuivent.
Un événement en marge de la visite historique du pape Léon XIV

Le contexte temporel de cette tragédie est particulièrement symbolique. La diffusion des vidéos est intervenue quelques heures seulement après l’arrivée à Alger du pape Léon XIV. Le souverain pontife effectue actuellement une visite historique dans le pays, marquant le début de sa toute première tournée africaine entamée ce lundi en Algérie.
Lors de ses premières prises de parole, Léon XIV a livré un message direct aux décideurs. Il a exhorté les autorités à « ne pas craindre » la participation populaire à la vie politique et économique. Le dignitaire religieux a encouragé de manière explicite la promotion d’ « une société civile vivante, dynamique et libre ».
Le programme de la visite papale doit se poursuivre le mardi à Annaba, dans l’est du pays. Cette cité antique, anciennement connue sous le nom d’Hippone, fut la ville dont Saint Augustin fut l’évêque. Le chef de l’Église catholique y célébrera une messe au sein de la basilique qui surplombe la ville.
L’Union africaine publie puis supprime une condamnation officielle

La gestion de la communication autour de ces explosions a provoqué une confusion diplomatique internationale. Mardi matin, l’Union africaine (UA) a publié un communiqué sur son site internet et ses différents réseaux sociaux. Le texte condamnait « avec la plus grande fermeté le double attentat survenu le 13 avril 2026 à Blida ».
Le document a finalement été supprimé des plateformes officielles, comme a pu le constater l’AFP. Un porte-parole de l’institution panafricaine a justifié ce retrait en expliquant à l’agence que le texte initial était « basé sur des informations non corroborées par des sources officielles ».
Dans une déclaration écrite transmise à l’AFP, Nuur Mohamud Sheekh, le porte-parole du président de la Commission de l’UA, a tenu à clarifier la situation. Il a souhaité « retirer formellement le communiqué de presse publié plus tôt, relatif à un supposé incident terroriste en Algérie ». Le responsable a réitéré avec insistance que « cette information n’a pas été corroborée par des sources officielles ».
Le rappel du dernier attentat-suicide sur le territoire
Ces incidents de sécurité ramènent l’attention sur l’historique récent des actes de cette nature sur le sol algérien. Le dernier attentat-suicide officiellement recensé dans le pays remontait à plus de six ans, marquant une longue période de calme relatif avant les événements de ce lundi.
L’attaque précédente avait frappé le territoire en février 2020. L’assaut ciblait alors une base de l’armée située dans le sud du pays. L’explosion avait entraîné la mort d’un militaire algérien alors qu’il se trouvait en poste près de la frontière avec le Mali.
À l’époque, le groupe État islamique (EI) avait revendiqué la responsabilité de cette attaque meurtrière. En attendant les futures communications des instances locales concernant le drame de Blida, ces éléments historiques rappellent la persistance d’enjeux sécuritaires majeurs aux portes du Sahara.
Selon la source : journaldemontreal.com