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Que va-t-il se passer après le projet de 25e amendement visant à destituer Donald Trump ?
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Une initiative parlementaire pour écarter le président

Jamie Raskin Official Portrait 2019 via wikimedia public domaine

Les efforts pour démettre le président Trump de ses fonctions ont pris de l’ampleur cette semaine. Des législateurs ont enclenché le processus visant à utiliser le 25e amendement de la Constitution, une manœuvre qui, si elle aboutissait, propulserait JD Vance au Bureau Ovale.

Le projet de loi a été déposé mardi par le représentant démocrate Jamie Raskin. Pour justifier cette démarche, il a invoqué la « conduite erratique croissante » de Donald Trump ainsi que sa menace que « toute la civilisation iranienne mourra ce soir ». C’est cette escalade qui, selon lui, justifie une destitution.

Bien que cet amendement ait déjà été utilisé à plusieurs reprises lorsqu’un président s’est retrouvé temporairement incapable d’exercer ses fonctions, par exemple lors d’une intervention médicale, il n’a jamais servi à démettre définitivement un président de son poste. Ce pouvoir serait alors transféré au vice-président.

Une commission d’experts pour évaluer l’aptitude présidentielle

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La complexité de l’application des parties non testées du 25e amendement explique en partie pourquoi il n’a jamais été utilisé à cette fin. Mais le représentant Raskin a opté pour une approche prudente, un processus qui se terminerait par une invitation faite au vice-président Vance de prendre la place de son supérieur.

Le projet de loi, soutenu par 50 démocrates, vise à créer une commission. Celle-ci serait composée de personnalités du Congrès, d’anciens responsables ayant travaillé au sein de l’exécutif et d’experts médicaux. Sa mission : déterminer si le comportement erratique récent de Trump atteint le seuil requis pour invoquer le 25e amendement. Cette méthode contraste avec les dizaines de tentatives précédentes pour destituer Trump, y compris deux procédures d’impeachment qui ont échoué au Sénat.

Dans une déclaration, Jamie Raskin a précisé sa pensée : « La confiance du public dans la capacité de Donald Trump à remplir les devoirs de sa fonction est tombée à des niveaux sans précédent alors qu’il menace de détruire des civilisations entières, sème le chaos au Moyen-Orient tout en violant les pouvoirs de guerre du Congrès, insulte agressivement le Pape de l’Église catholique et diffuse en ligne des représentations artistiques le comparant à Jésus-Christ ». Il ajoute : « Nous sommes au bord d’un dangereux précipice, et il est désormais une question de sécurité nationale pour le Congrès de remplir ses responsabilités en vertu du 25e amendement afin de protéger le peuple américain d’une situation de plus en plus volatile et instable. »

Le 25e amendement, un outil constitutionnel complexe

prompt image: IMAGE_PROMPT: Photographie artistique de style vintage du document de la Constitution américaine. Une loupe est placée sur la Section 4 du 25e amendement, la rendant nette et lisible tandis que le reste du texte est légèrement flou. La lumière est chaude et met en scène le document.

Mais qu’est-ce que le 25e amendement de la Constitution et comment fonctionne-t-il ? Cet amendement codifie ce qu’il advient lorsque le président décède ou devient incapable d’exercer ses fonctions. Il établit le rôle du vice-président dans ce scénario et le processus par lequel il accède au poste suprême.

Ratifié en 1967, dans le sillage de l’assassinat de JFK, l’amendement stipule que le vice-président assume automatiquement la présidence si le président meurt, démissionne ou est démis de ses fonctions. Il précise qu’après cette prise de fonction, le nouveau président choisit un nouveau vice-président, qui doit être approuvé par les deux chambres du Congrès. Il permet aussi au président de transférer volontairement ses pouvoirs à son numéro deux en cas d’incapacité temporaire, comme une anesthésie générale pour une chirurgie, et de les récupérer ensuite.

Cependant, le point crucial pour les législateurs visant à écarter Trump est la Section Quatre. Elle stipule qu’un président peut être démis de ses fonctions contre sa volonté, à condition que le vice-président et le cabinet en conviennent. Le seuil est encore plus élevé : le Congrès doit ensuite approuver cette destitution par un vote à la majorité des deux tiers.

Une pression croissante de toutes parts

CIAs official portait of John Brennan
U.S Government employee

Obtenir l’accord d’un Congrès contrôlé par les Républicains et du propre cabinet de Trump pour le démettre du pouvoir peut sembler une gageure. Pourtant, la pression pour agir concernant l’occupant du Bureau Ovale s’est intensifiée de toutes parts ces derniers jours.

John Brennan, ancien directeur de la CIA et critique notoire de Trump, a déclaré : « Je pense que le 25e amendement a été écrit en pensant à des Donald Trump, car permettre à quelqu’un comme lui de continuer à être le commandant en chef et de contrôler les formidables capacités de l’armée américaine, y compris notre capacité nucléaire, à laquelle il a semblé faire allusion quand il a dit qu’il allait simplement éliminer une civilisation entière… Encore une fois, nous sommes vraiment dans une période très, très troublante. » Pour mémoire, John Brennan est l’une des figures qui a contribué à monter le dossier sur l’ingérence russe dans l’élection de 2016 en faveur de Trump.

Quand d’anciens alliés appellent à la destitution

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Fait notable, les appels à utiliser la Constitution pour démettre le président de ses fonctions ne viennent pas seulement de ses ennemis de longue date. Ces derniers jours, des voix inattendues se sont jointes au concert de critiques.

Alex Jones, animateur d’InfoWars, théoricien du complot et l’un des premiers soutiens du mouvement MAGA, a même posé la question dans son émission : « Comment lui appliquer le 25e amendement ? » (« How do we 25th Amendment his ass? »).

Cette prise de position surprenante illustre l’étendue de la pression qui s’exerce désormais. La question reste entière : ce mécanisme constitutionnel complexe sera-t-il, pour la toute première fois de l’histoire américaine, invoqué pour écarter un président en exercice ? L’initiative de Jamie Raskin ouvre un nouveau chapitre incertain à Washington.

Selon la source : unilad.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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