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Trump évite une question cruciale sur Taïwan après sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping
Crédit: Xi Jinping avec Donald Trump et leurs épouses, en 2017. PAS China via flickr Domaine public

Une rencontre sous haute tension à Pékin

Xi Jinping, General Secretary of the Chinese Communist Party, wia wikimedia / shutterstock

C’était un jeudi, à Pékin. Le président américain Donald Trump rencontrait son homologue chinois, Xi Jinping. Au-delà des poignées de main officielles, une question brûlante restait en suspens : celle de Taïwan. Pourtant, au moment de rendre des comptes, Donald Trump a soigneusement évité le sujet, laissant les observateurs perplexes.

Le statut de Taïwan est, depuis des années, un point de friction majeur entre la Chine et les pays occidentaux, États-Unis en tête. Le nœud du problème ? Pékin considère l’île comme une province renégate et n’exclut pas une invasion future pour la ramener dans son giron. Beaucoup d’analystes estiment que la Chine observe attentivement la réaction internationale face à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, y voyant un possible modèle pour évaluer les conséquences d’une telle opération.

Dans ce contexte, le sujet reste l’un des plus délicats dans les relations sino-américaines. Après des entretiens à huis clos entre les deux dirigeants, les journalistes présents à Pékin étaient donc logiquement avides de savoir si le dossier taïwanais avait été abordé. La réponse, ou plutôt l’absence de réponse, fut révélatrice.

L’échange évasif au Temple du Ciel

shutterstock

La scène se déroule juste après les pourparlers, alors que Donald Trump achève une visite du célèbre Temple du Ciel. Un moment choisi par les reporters pour tenter d’en savoir plus. Un premier journaliste lance : « Comment se sont passés vos entretiens, monsieur ? »

La réponse du président américain se veut enthousiaste, mais déplace immédiatement le sujet. « Génial – un endroit formidable. Incroyable. La Chine est magnifique », réplique-t-il. L’esquive est habile, mais un autre reporter ne se laisse pas décourager et insiste, posant la question que tout le monde attend : « Avez-vous parlé de Taïwan, Monsieur le Président ? »

Cette fois, le silence est total. Donald Trump n’offre aucune réponse, ignorant purement et simplement l’interpellation. Un mutisme qui contraste fortement avec le flot de paroles qu’il déversera par ailleurs sur son hôte.

Une pluie de louanges pour le président chinois

Chinese Communist Party (CCP) general secretary Xi Jinping addresses Chinese and foreign journalists at the Great Hall of the People in Beijing, Oct 23, 2022.

Car si le sujet de Taïwan est passé sous silence, Donald Trump n’a pas été avare de compliments à l’égard de Xi Jinping durant sa visite. Il a publiquement couvert le dirigeant chinois d’éloges, allant jusqu’à déclarer : « c’est un honneur d’être votre ami ».

Poursuivant sur sa lancée, le président américain a ajouté, comme pour insister sur la sincérité de sa démarche : « Vous êtes un grand dirigeant. Parfois, les gens n’aiment pas que je le dise, mais je le dis quand même, parce que c’est vrai ». Une déclaration forte, qu’il a réitérée en affirmant : « C’est un honneur d’être avec vous. C’est un honneur d’être votre ami ».

L’optimisme était de mise, du moins en apparence. Donald Trump a conclu son panégyrique par une prédiction ambitieuse : « La relation entre la Chine et les États-Unis va être meilleure que jamais auparavant ». Une affirmation qui laisse en suspens la manière dont les dossiers les plus épineux, comme celui de Taïwan, seront gérés.

La ligne rouge tracée par la Chine

SpoxCHN_MaoNing via X

Le silence de Trump est d’autant plus significatif que la partie chinoise, elle, n’a jamais caché la centralité de cette question. Xi Jinping lui-même avait déjà, par le passé, mis en garde Washington sur l’importance de Taïwan, prévenant que l’approche américaine sur ce dossier pourrait mettre « toute la relation en péril » et mener à des « conflits ».

Cette position a été réaffirmée sans ambiguïté par la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning. Dans une publication sur les réseaux sociaux, elle a martelé que « la question de Taïwan est la question la plus importante dans les relations sino-américaines », et qu’elle constitue la clé de la poursuite de bonnes relations.

Mao Ning a détaillé la pensée de Pékin avec une clarté redoutable : « Si elle est gérée correctement, la relation bilatérale jouira d’une stabilité globale. Autrement, les deux pays connaîtront des heurts et même des conflits, mettant toute la relation en grand péril ». Le message ne pouvait être plus clair.

Coopération ou confrontation : l’ambiguïté calculée

De son côté, le dirigeant chinois Xi Jinping a adopté un ton qui se voulait plus mesuré, en apparence conciliant, mais dont les implications restent profondes au vu de la puissance et de l’ambition des deux nations.

Ses paroles, prononcées dans le cadre de cette rencontre, résonnent comme un principe directeur autant que comme un avertissement. « La coopération profite aux deux parties, tandis que la confrontation nuit aux deux », a-t-il déclaré. Une formule simple pour résumer un équilibre complexe et fragile.

Le Premier ministre chinois a ensuite dessiné la voie à suivre, selon lui : « Les deux pays devraient être des partenaires plutôt que des rivaux, réussir ensemble et viser une prospérité commune, et tracer une voie correcte pour les relations entre grandes puissances dans la nouvelle ère ». Entre la main tendue et l’affirmation de puissance, la relation sino-américaine continue de naviguer en eaux troubles, avec Taïwan comme principal écueil potentiel.

Selon la source : nbcnews.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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