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Ménopause et santé mentale : près de 75 % des femmes ignorent les effets psychiques
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un lien largement ignoré par les patientes

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Une grande majorité de femmes traverse la ménopause sans connaître l’intégralité de ses effets potentiels sur la santé mentale. Un récent rapport publié par le Royal College of Psychiatrists (RCPsych) révèle que l’impact psychologique de cette transition demeure une zone d’ombre pour près de 75 % des femmes. Ce déficit d’information soulève des questions sur la pertinence de l’accompagnement médical actuel.

Un sondage commandé par cette même institution britannique précise les contours de cette méconnaissance. Les chiffres montrent que seules 28 % des femmes savent que la ménopause peut déclencher des troubles psychiatriques. À titre de comparaison, les symptômes physiques sont largement identifiés : 93 % des sondées connaissent les bouffées de chaleur et 76 % sont au courant de la baisse de libido. Ce décalage prive de nombreuses patientes d’une prise en charge adaptée lorsqu’elles rencontrent des difficultés psychologiques.

L’augmentation avérée des risques psychiatriques

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Les fluctuations hormonales caractéristiques de la périménopause accentuent considérablement la vulnérabilité aux troubles psychiques, comme le souligne le document du RCPsych. Les données indiquent que les risques de développer un trouble bipolaire sont multipliés par deux durant cette période. Parallèlement, la probabilité de souffrir d’une dépression clinique connaît une hausse de 30 %.

Le rapport met en évidence d’autres problématiques graves associées à cette tranche d’âge. On observe une augmentation des comportements alimentaires perturbés ainsi qu’un taux de suicide supérieur. Le document précise que le danger est particulièrement amplifié pour les femmes présentant un terrain favorable, notamment celles ayant des antécédents de dépression post-partum ou d’instabilité de l’humeur avant leurs règles.

Des inégalités d’information marquées chez les minorités

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L’accès aux données médicales concernant la ménopause n’est pas uniforme. Une enquête menée par l’University College London démontre que 58 % des femmes noires au Royaume-Uni considèrent mal connaître la ménopause. Ces lacunes les exposent à des détresses psychologiques qui échappent fréquemment à un diagnostic précis et rapide.

Les résultats de cette étude sont révélateurs des failles du système de soins. Plus d’une femme noire sur deux affirme souffrir d’anxiété pendant cette période. Pourtant, seules 23 % d’entre elles bénéficient d’un traitement hormonal. La majorité de ces patientes est souvent réorientée vers des psychothérapies isolées, une approche jugée inadéquate au regard de la nature hormonale de leurs symptômes.

La mobilisation pour briser le silence médical

Face à ce constat, différentes initiatives émergent pour modifier la perception et le traitement de la ménopause. La présentatrice Davina McCall fait partie des voix publiques appelant à lever les tabous existants. Elle milite pour que la prise en charge de la santé mentale soit formellement intégrée dans les parcours professionnels et médicaux des femmes.

Les pouvoirs publics commencent à réagir, comme en témoignent les engagements du ministère britannique de la Santé. Ce dernier annonce des investissements futurs dans la formation du personnel soignant et dans le développement d’un dépistage plus précoce. Des associations se joignent au mouvement, plaidant pour une écoute renforcée des patientes, dont les symptômes invisibles ralentissent la reconnaissance formelle du problème. Ces évolutions sont documentées par la journaliste Harriet Boehm dans un article récent du Guardian.

L’impact d’un diagnostic tardif : le cas de Sonja

Le parcours de Sonja Rincón, âgée de 43 ans, cristallise les défaillances du système de repérage actuel. Traitée durant plusieurs années pour une dépression, elle ne savait pas que son état de santé était en réalité la conséquence directe de la périménopause. Cette absence d’informations l’a laissée démunie face à un bouleversement qu’elle ne parvenait pas à identifier.

Sonja a dû supporter ces symptômes de manière prolongée avant qu’un diagnostic tardif ne lui ouvre enfin la voie vers un traitement adapté à sa condition hormonale. Ce témoignage illustre la nécessité d’améliorer la formation des médecins généralistes et des spécialistes. L’objectif est d’éviter que la souffrance psychique liée à cette étape spécifique de la vie ne reste invisible au sein du parcours de soins.

Selon la source : passeportsante.net

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