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La cote de popularité de Trump atteint un nouveau plus bas durant son second mandat
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L’alerte rouge des instituts de sondage

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En politique, les chiffres ne chutent jamais par hasard. Lorsqu’un président entame son second mandat sans bénéficier de l’état de grâce habituel de ses prédécesseurs, et qu’il perd ensuite 10 à 13 points supplémentaires par rapport à son point de départ, les observateurs s’interrogent. Actuellement, la cote de popularité de Donald Trump ne se résume pas à une simple courbe sur un graphique. Elle illustre une convergence entre une forte anxiété économique, un conflit armé ouvert au Moyen-Orient et l’érosion progressive des traits de caractère personnels qui constituaient autrefois le socle de son soutien public.

Ce qui distingue la période actuelle des fluctuations habituelles de la popularité présidentielle, c’est l’unanimité des indicateurs. Que l’on observe les panels en ligne, les enquêtes téléphoniques, les méthodologies mixtes, les sondeurs proches des Républicains ou ceux du centre-gauche, tous dressent le même constat au même moment. Une telle uniformité indique un mouvement de fond réel au sein de l’opinion publique.

Comprendre ce qui motive ce changement de cap, et ce qu’il implique pour le président, son parti et les élections de mi-mandat de novembre, nécessite d’analyser son point de départ, sa position actuelle et les thématiques précises qui ont le plus pesé sur son bilan.

Une chute chiffrée et continue depuis 2025

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Trois enquêtes menées fin avril par Leger, Big Data Poll et le Pew Research Center, toutes réalisées entre le 17 et le 28 avril auprès d’échantillons représentatifs d’adultes américains, pointent vers une tendance lourde plutôt qu’une anomalie statistique. Le Pew Research Center, qui a interrogé 5 103 adultes américains du 20 au 26 avril 2026, situe l’approbation de Donald Trump à 34 %, soit le niveau le plus bas de son second mandat. Les données montrent une chute depuis les 47 % enregistrés fin janvier 2025, tandis que la désapprobation est passée d’un peu plus de 50 % à 64 % sur la même période. L’évaluation nette de Donald Trump s’est détériorée de façon constante, passant de -4 au début de l’année 2025 à -30 dans la dernière enquête, représentant un basculement net de 26 points de pourcentage en environ 15 mois.

Le sondage NBC News Decision Desk, réalisé par SurveyMonkey, dresse un tableau presque identique. Globalement, 37 % des adultes approuvent l’action du président, contre 63 % qui la désapprouvent, incluant 50 % de personnes déclarant la désapprouver fortement. Ces chiffres marquent le point le plus bas de son second mandat dans les enquêtes NBC News Decision Desk. Lors des deux premiers sondages de ce second mandat, sa cote était stable : 45 % d’approbation et 55 % de désapprobation. Depuis, les indicateurs n’ont cessé de reculer.

La moyenne des sondages du Silver Bulletin, qui suit la popularité de Donald Trump quotidiennement avec les commentaires de Nate Silver, confirme cette plongée vers de nouveaux records à la baisse. Le contexte est essentiel pour lire ces données : avec 47 % d’opinions favorables au début de son second mandat, il s’agissait déjà du deuxième démarrage le plus bas de l’histoire moderne des sondages, juste derrière son propre premier mandat. Un sondage Reuters/Ipsos, réalisé du 24 au 27 avril 2026 via le panel probabiliste KnowledgePanel, situe son approbation à 34 % parmi l’ensemble des répondants et à 37 % parmi les électeurs inscrits. À titre de comparaison, lors de son premier mandat, sa cote était restée relativement stable, oscillant au-dessus des 40 % jusqu’aux élections de mi-mandat de 2018 et à la course de 2020. Aujourd’hui, la tendance est clairement à la baisse, et ce déclin a commencé avant même la guerre en Iran.

L’économie et le coût de la vie : principaux moteurs du mécontentement

lanature.ca (image IA)

Lorsqu’on demande aux Américains ce qui assombrit leur vision du président, la question économique revient systématiquement en tête. L’économie demeure la préoccupation numéro un pour 29 % d’entre eux, devançant les menaces sur la démocratie (24 %), la santé (12 %) et la criminalité et la sécurité (10 %). Un sondage CNN réalisé par SSRS révèle que l’approbation de Donald Trump sur la gestion économique est tombée à un niveau historiquement bas de 31 %. Près des deux tiers des citoyens estiment que ses politiques ont aggravé la situation économique, une hausse de 10 points depuis janvier. Seuls 27 % approuvent sa gestion de l’inflation, contre 44 % il y a un an.

La hausse d’environ 40 % des prix du carburant, liée au conflit avec l’Iran, a considérablement accentué cette frustration. En tout, 63 % des personnes interrogées affirment que la hausse des prix à la pompe a causé au moins quelques difficultés financières à leur foyer, et 15 % qualifient ces difficultés de sévères. D’ailleurs, selon le sondage Decision Desk de l’ère du second mandat, 40 % des Américains jugent leur situation financière personnelle pire qu’il y a un an, tandis que seulement 19 % la trouvent meilleure. Pour approfondir ces conséquences économiques, l’article « Trump’s 2026 foreign policy and its domestic consequences » offre un contexte détaillé sur l’impact des tarifs douaniers et de l’inflation au niveau des États.

Une enquête de l’Université Quinnipiac, menée du 9 au 13 avril auprès de 1 028 électeurs inscrits, place l’approbation globale de Donald Trump à 38 %, avec 55 % de désapprobation. Ce résultat égale le point le plus bas enregistré par Quinnipiac pour son second mandat, observé pour la première fois en mars 2026. Le prix de l’essence est devenu un point de friction particulièrement vif : une large majorité des sondés tient Donald Trump pour responsable, au moins en partie, de cette hausse récente, un sentiment qui grimpe encore plus haut chez les électeurs indépendants.

Le conflit iranien : un second front d’impopularité

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La crise avec l’Iran est devenue le deuxième fardeau majeur pesant sur la popularité du président. Dans certains sondages, le niveau de désapprobation sur ce sujet s’approche de celui de sa politique économique. Les deux tiers des personnes interrogées dans l’enquête NBC News Decision Desk désapprouvent à la fois sa gestion de l’inflation et celle du conflit iranien. Un sondage Marist souligne que la note d’évaluation nette de Donald Trump a atteint un niveau record à la baisse, plongeant à -22 points, soit sa pire performance dans une enquête Marist, tous mandats confondus. L’institut précise que 61 % des Américains désapprouvent sa gestion de l’économie (contre 58 % en mars) et que son approbation sur le dossier iranien s’effondre à -27 points, contre -18 points le mois précédent.

Le suivi régulier réalisé par YouGov et l’Economist a enregistré une approbation nette de -19 points de pourcentage début avril, avec 37 % d’avis favorables et 56 % de défavorables. Le cessez-le-feu de deux semaines dans le conflit iranien n’a pas modifié la donne de manière significative : environ deux tiers des Américains ont continué à désapprouver la gestion de la crise par Donald Trump, même après l’annonce de cette trêve.

La frustration de la population est d’autant plus marquée que Donald Trump avait explicitement promis, lors de sa campagne présidentielle de 2024, de maîtriser l’inflation et de maintenir les États-Unis à l’écart des conflits étrangers. L’écart entre ces promesses électorales et la réalité de l’exercice du pouvoir semble constituer un facteur central dans la manière dont les électeurs justifient leur insatisfaction actuelle.

L’effritement des qualités personnelles perçues

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La dimension la plus révélatrice de ces enquêtes réside peut-être dans l’érosion qui touche non seulement l’évaluation de son travail, mais aussi la manière dont les Américains perçoivent les caractéristiques personnelles de Donald Trump. Historiquement, ces traits de caractère ont toujours servi de filet de sécurité à sa popularité, même lorsque ses décisions politiques étaient critiquées. Le Pew Research Center a constaté une baisse significative de la proportion d’Américains estimant qu’il respecte ses engagements. Actuellement, seuls 38 % des sondés estiment que l’expression « tient ses promesses » décrit bien le président, une forte chute par rapport aux 51 % enregistrés peu après sa réélection en 2024.

D’autres perceptions sont également en recul. Ils ne sont plus que 44 % à le décrire comme « mentalement vif » (contre 48 % en août dernier), et 64 % affirment qu’il « défend ce en quoi il croit », ce qui représente une baisse par rapport aux 68 % de l’été précédent. La confiance du public sur plusieurs dossiers clés a aussi diminué : 41 % se disent désormais très ou assez confiants dans la capacité de Donald Trump à prendre de bonnes décisions sur la politique d’immigration (contre 53 % après sa réélection de 2024), et 38 % expriment leur confiance dans sa capacité à utiliser la force militaire de manière judicieuse (contre 46 % l’été dernier).

Sur le plan moral, une majorité d’Américains, soit 56 %, estime que le niveau global d’éthique et d’honnêteté au sein du gouvernement fédéral a baissé au cours du mandat de Donald Trump, tandis que seulement 19 % jugent qu’il a augmenté. Toutefois, bien que l’approbation de son travail ait chuté, son indice de faveur personnel est resté globalement stable tout au long du printemps. Cela suggère que la frustration du public est de plus en plus liée à ses performances concrètes plutôt qu’à sa personnalité, une nuance importante pour savoir si sa cote a encore une marge de progression. Il n’est pas rejeté personnellement par le public au même degré que ses politiques.

Des fissures visibles au sein même de la base électorale

La base de Donald Trump demeure son atout politique le plus solide, mais même en son sein, les chiffres s’orientent dans la mauvaise direction. Si la majorité de ses électeurs approuve toujours sa façon de diriger le pays, cette proportion se réduit : 78 % de ses électeurs de 2024 approuvent actuellement son action, contre 83 % en janvier et 95 % dans les premiers jours de son mandat. Au sein de cette coalition de 2024, les électeurs plus jeunes et hispaniques sont désormais nettement moins enclins à valider son bilan que les électeurs plus âgés et blancs. Seuls 57 % des électeurs de Trump de moins de 35 ans et 70 % de ceux âgés de 35 à 49 ans l’approuvent aujourd’hui, contre 87 % de ses électeurs de 50 ans et plus.

Dans le sondage NBC News Decision Desk, 83 % des Républicains lui accordent une note d’approbation positive, soit une baisse de 4 points par rapport au début de l’année. La part des Républicains qui approuvent fortement son travail est passée de 58 % à 52 %, perdant ainsi 6 points. Le tableau est encore plus sombre du côté des indépendants. Les données de YouGov et de l’Economist fixent l’approbation de Donald Trump auprès des indépendants à 22 % dans la vague la plus récente, en baisse par rapport aux 25 % de fin février et aux 31 % de début mars. Ce déclin prolongé parmi les électeurs non alignés a une importance capitale pour les élections de mi-mandat de novembre 2026, où les sièges disputés à la Chambre et au Sénat seront largement déterminés par la participation de ces indépendants.

Pour mettre ces chiffres en perspective et voir comment la position de Donald Trump auprès des groupes démographiques clés se compare à celle d’autres figures de son administration, l’analyse intitulée « Melania Trump popularity comparison analysis » s’appuie sur les mêmes données de sondage d’avril 2026.

L’ombre des élections de mi-mandat de novembre 2026

Les conséquences politiques de cette baisse de popularité commencent à se refléter dans les intentions de vote pour le Congrès, l’indicateur le plus direct de ce qui attend les Républicains aux élections de mi-mandat de novembre. Historiquement, le parti au pouvoir à la Maison-Blanche perd des sièges lors de ces scrutins. Une cote de popularité en berne pourrait donc compromettre les chances du Grand Old Party (GOP) de conserver le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants, où il ne maintient déjà que des majorités infimes. Dans les enquêtes Decision Desk de NBC News, seul un tiers des Américains estime que le pays est sur la bonne voie, contre deux tiers pensant qu’il fait fausse route, marquant l’évaluation la plus pessimiste depuis le retour de Donald Trump aux affaires.

Sur le bulletin de vote générique pour le Congrès, les sondés privilégient systématiquement un candidat démocrate dans leur circonscription locale avec des marges qui, selon les analystes, indiquent historiquement la possibilité d’une vague électorale. Toutefois, des facteurs structurels, dont le redécoupage électoral, font qu’il y a aujourd’hui moins de sièges réellement compétitifs en jeu qu’à d’autres époques comparables. Face à cela, un porte-parole de la Maison-Blanche a fait savoir que l’administration considère la victoire électorale de 2024 comme la mesure définitive du soutien public, arguant que le président a déjà accompli des progrès historiques sur l’emploi, l’inflation et le pouvoir d’achat, et qu’il commence tout juste à mettre en œuvre son programme. Un point positif subsiste : la sécurité aux frontières reste le seul domaine où Donald Trump obtient des résultats favorables. Fox News enregistre 55 % d’approbation sur cette question spécifique, rappelant que le mandat migratoire qui a soutenu sa victoire en 2024 reste intact, même si le sentiment économique global s’est fortement dégradé.

L’ensemble de ces données récoltées en avril et mai 2026 raconte une histoire cohérente. Parti d’une base modeste de 47 %, le président a vu sa popularité décliner pour atteindre des records à la baisse situés entre 34 et 37 %. L’agence Reuters/Ipsos souligne même qu’une part croissante d’Américains, soit 61 %, juge l’économie nationale sur la mauvaise voie, contre 43 % en janvier 2025. Cette inquiétude économique transpartisane, couplée à l’impopularité de la guerre en Iran et à l’effritement de sa crédibilité structurelle, dessine un défi majeur pour les candidats républicains qui défendront des districts compétitifs à l’approche de novembre. Un défi qui, à la mi-mai 2026, ne montre aucun signe de retournement.

Selon la source : pewresearch.org

Créé par des humains, assisté par IA.

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