Mai 2026 : une Lune bleue et microlune illumineront le ciel dans un phénomène exceptionnel rare
Auteur: Mathieu Gagnon
Un double spectacle céleste au printemps

Le mois de mai 2026 se prépare à offrir un double spectacle céleste particulièrement rare. Le ciel nocturne accueillera en effet une lune bleue qui sera simultanément une microlune. Ces deux événements astronomiques pris séparément ne sont pas extrêmement rares, mais leur combinaison crée un croisement singulier digne d’intérêt pour tous les observateurs.
Le 31 mai très exactement, le satellite naturel de la Terre atteindra sa phase pleine pour la seconde fois du même mois calendaire, ce qui lui confère le titre très spécifique de « lune bleue ». Cette apparition nocturne se doublera du phénomène de microlune. Lors de cette configuration spatiale, l’astre apparaît légèrement plus petit qu’à l’accoutumée dans la voûte céleste.
Il ne s’agit aucunement d’une illusion d’optique. La lune se trouve littéralement plus éloignée de la planète Terre au moment de l’observation. Ce phénomène physique se produit lorsque la phase pleine est atteinte alors que l’astre se situe près de son apogée, soit le point le plus éloigné de son orbite autour de notre planète. Cette distance accrue lui donne une apparence un peu plus lointaine et plus modeste que celle à laquelle les Terriens sont habitués.
La mécanique de l’éloignement lunaire

Ce type de configuration spatiale n’est pas unique sur une année complète. L’événement se produit approximativement deux à trois fois par an. L’occurrence du 31 mai revêt une importance toute particulière, car elle est annoncée comme la plus petite Lune de l’année.
Pour bien saisir la mécanique de la microlune, il suffit d’observer le phénomène astronomique inverse. Comme son nom le suggère, elle est fondamentalement l’opposé d’une superlune. Cette autre situation se présente lorsque l’astre apparaît beaucoup plus imposant à l’œil nu lors des nuits claires.
L’effet d’agrandissement de la superlune intervient lorsqu’une phase de pleine lune coïncide exactement avec le périgée. Ce terme scientifique désigne le point précis de l’orbite lunaire où l’astre vient au plus près de la surface de la Terre. Le contraste entre ces deux positions extrêmes permet de mieux comprendre la réduction visuelle observée lors de la phase d’apogée.
Démystifier le concept de lune bleue
L’expression anglaise indique que cela arrive « une fois dans une lune bleue », suggérant une rareté absolue. L’apparition d’une lune bleue n’est pourtant pas si inhabituelle. Les Terriens ont l’occasion d’en observer une approximativement tous les deux ans et demi, ce qui représente environ une occurrence pour trente pleines lunes.
Il ne faut cependant pas s’attendre à voir la surface lunaire briller d’une teinte céruléenne. En réalité, le terme de « lunes bleues » sert uniquement à nommer une deuxième pleine lune qui survient au cours d’un seul et même mois calendaire, sans le moindre changement chromatique.
L’origine de cette anomalie calendaire réside dans une désynchronisation naturelle des rythmes cosmiques. Le cycle solaire, qui sert de base à notre calendrier grégorien, ne s’aligne pas parfaitement avec les cycles lunaires. La lune gravite autour de la Terre en 29,5 jours, garantissant ainsi l’apparition d’au moins une pleine lune lors de chaque mois calendaire. Sur une année entière, l’astre effectue donc un peu plus de douze orbites.
Une question de mathématiques calendaires

Les mathématiques derrière notre système de mesure du temps révèlent des subtilités notables. La plupart des mois de notre calendrier s’étendent sur 30 ou 31 jours. La durée moyenne d’un mois s’établit très exactement à 30,437 jours, une fraction qui crée un décalage continu.
Étant donné que la lune accomplit légèrement plus de douze orbites lors de chaque année civile, ce décalage se creuse de manière inéluctable. Tous les quelques ans, ce glissement naturel aboutit à une année comptant treize pleines lunes au lieu des douze habituellement recensées.
Lorsque cette configuration se présente, l’un des douze mois du calendrier parvient à intégrer cette pleine lune supplémentaire. De manière générale, cet ajout astronomique se positionne vers la toute fin du mois calendaire, suivant le schéma exact qui se déploiera lors de la soirée du 31 mai 2026.
Origines historiques et teintes volcaniques

Quant au nom attribué au phénomène, la couleur bleue n’y joue qu’un rôle marginal. Selon les recherches des Musées royaux de Greenwich, l’une des théories avance que le terme serait une erreur de traduction du mot « belewe ». Ce vocable issu du moyen anglais signifie « trahir ». Selon cette hypothèse, la treizième pleine lune d’une année civile est une « traîtresse » parce qu’elle brise la convention. Dans un contexte historique, le « traître » était peut-être la lune elle-même pour avoir trompé les fidèles qui s’appuyaient sur elle afin de calculer le calendrier du Carême.
Une autre théorie historique renvoie à une expression du seizième siècle stipulant que « la Lune est bleue ». Cette formulation verbale était utilisée de façon sardonique pour décrire une chose jugée impossible ou hautement invraisemblable par les populations de l’époque.
Il arrive toutefois que la lune prenne véritablement une apparence azurée dans des circonstances très rares. Cet événement s’est notamment produit à la suite de l’éruption cataclysmique du Krakatoa en 1883. Les cendres volcaniques ont alors dispersé la lumière rouge, jetant une étrange teinte bleue dans le ciel. En dehors de ces épisodes, on peut affirmer qu’une lune littéralement bleue ne se produit que « une fois dans une lune bleue ».
Selon la source : iflscience.com