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La cour internationale accuse le Canada de poursuivre un « génocide » à l’encontre des peuples autochtones
Crédit: cbc.ca

L’ouverture des audiences dans un climat de recueillement

lanature.ca (image IA)

Les murs du centre d’art daphne, à Montréal, sont tapissés de mocassins. Devant cette installation, sept juges internationaux du Tribunal permanent des peuples ont pris place pour entamer une série d’audiences qui se dérouleront sur les cinq prochains jours. Au centre de la pièce, deux chaises recouvertes d’une couverture portent de petits ballots rouges enveloppés ainsi que deux petites assiettes de nourriture, témoignant du caractère solennel des procédures entamées ce lundi.

« Les chaises sont là pour reconnaître ces enfants disparus qui ne sont jamais rentrés à la maison, » a expliqué Christa Big Canoe, avocate anishinaabe et procureure principale du tribunal. Ces éléments visuels encadrent le début d’une enquête d’une semaine portant sur les enfants autochtones disparus et les sépultures anonymes associées au système des pensionnats pour Autochtones.

Les travaux officiels ont débuté lundi par une cérémonie d’ouverture autour d’un feu sacré. Ce moment de recueillement a été immédiatement suivi par une prestation musicale de Jeremy Dutcher, artiste wolastoqew. Ces événements marquent le coup d’envoi d’une démarche qui vise à examiner en profondeur les responsabilités entourant ces disparitions au sein des établissements résidentiels.

Le mandat du tribunal et la qualification des faits

Saisi d’une demande formulée en 2024 par le Foyer pour femmes autochtones de Montréal, le tribunal a pour mandat d’entendre des témoins experts et d’examiner les preuves concernant la responsabilité du Canada dans le système des pensionnats, ainsi que les violations des droits humains qui y sont liées. Le Tribunal permanent des peuples est un tribunal d’opinion international et indépendant qui mène des enquêtes sur les violations des droits de la personne à l’échelle mondiale depuis 1979. Cette enquête sur les enfants disparus et les sépultures anonymes constitue sa 57e session, et la deuxième organisée au Canada.

Lors des remarques d’ouverture, Na’kuset, directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, et le secrétaire général du tribunal ont pris la parole, précédant la lecture de l’acte d’accusation. Christa Big Canoe, qui occupe également le poste de directrice juridique d’Aboriginal Legal Aid, a profité de ses remarques introductives pour recadrer la terminologie employée dans le dossier des pensionnats.

« Nous entendrons souvent les gens utiliser des termes comme assimilation ou tentatives d’assimilation, » a déclaré l’avocate, avant de préciser la position de l’accusation. « Je veux que nous utilisions le langage correct. Le langage correct dans ces circonstances est le génocide et les crimes contre l’humanité. »

Un acte d’accusation formel face à l’absence d’Ottawa

lanature.ca (image IA)

L’acte d’accusation a été préparé conjointement par le Foyer pour femmes autochtones de Montréal et Aboriginal Legal Services. Le document appelle le Canada à répondre des politiques et des pratiques du système des pensionnats adoptées au fil du temps par diverses administrations. Selon les termes de cet acte, ces actions constituent un génocide et des crimes contre l’humanité en vertu du droit international.

S’adressant directement aux sept juges internationaux présents dans la salle, Christa Big Canoe a souligné l’objectif de cette démarche juridique. « Nous soumettons respectueusement que nous vous donnons les outils pour être en mesure de prendre cette décision, » a-t-elle affirmé lors de la présentation du dossier.

Du côté des autorités fédérales, le ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord a fait savoir que le gouvernement du Canada ne participerait pas à ces procédures. Pour marquer ce refus d’assister aux audiences, une chaise vide a été placée à l’intérieur du centre d’art daphne, « comme un symbole de la défense du Canada dans cet événement crucial et important et historique, » selon les mots de la procureure principale.

Le témoignage central de Kimberly Murray

Kimberly Murray, BA, LL.B, IPC
Interlocutrice spéciale indépendante pour les enfants disparus et les sépultures anonymes liées aux pensionnats autochtones / justice.gc.ca

Tout au long de la semaine, les juges entendront divers témoins répartis en plusieurs groupes. Le programme prévoit l’audition de deux panels de survivants des pensionnats, d’un panel d’experts spécialisés dans les initiatives et les enquêtes dirigées par les survivants, ainsi que d’un panel consacré au journalisme d’investigation.

Lundi après-midi, Kimberly Murray a été la première à témoigner en tant que témoin experte. Ancienne interlocutrice spéciale indépendante du Canada pour les enfants disparus et les tombes et sépultures anonymes, elle est intervenue pour parler de ce mandat ainsi que de son rôle de directrice exécutive de la Commission de vérité et réconciliation. Elle a fourni des preuves et répondu aux questions concernant les enfants disparus ou « évanouis » et les sépultures anonymes.

« Les communautés ont un grand trou dans leur cœur et sur leurs terres et dans leurs communautés parce que ces enfants ont été emmenés et le Canada n’a rien fait en matière de réparations, » a-t-elle déclaré au tribunal. Elle a ensuite ajouté : « Me nommer comme interlocutrice spéciale n’a pas comblé ce vide. » En larmes, elle a poursuivi : « Ces petites vies volées, ces petites vies perdues…. qui auraient-ils pu devenir s’ils avaient seulement été autorisés à vivre et à être avec leurs familles et leurs communautés ? »

Perspectives et processus de guérison

S’adressant à CBC Indigenous, Kimberly Murray a précisé que le tribunal représente bien plus qu’un simple examen de la responsabilité de l’État canadien. Selon elle, c’est une occasion pour les survivants et les communautés autochtones « d’être entendus et de reconnaître le travail qu’ils font et son importance ». Elle a également décrit cet espace de parole comme un « antidote » face au négationnisme entourant l’histoire des pensionnats pour Autochtones.

Le tribunal devrait rendre une décision provisoire à la fin de cette semaine d’audiences. Une décision finale et complète est quant à elle attendue pour le 30 septembre, date qui correspond à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Les conclusions tirées par les juges internationaux s’appuieront sur l’ensemble des preuves documentaires et testimoniales présentées à Montréal.

En marge des procédures juridiques formelles, le Foyer pour femmes autochtones de Montréal prévoit d’organiser un rassemblement de guérison d’une durée de cinq jours, destiné à toutes les personnes impliquées dans les travaux du tribunal. Pour les personnes autochtones nécessitant un soutien émotionnel, la Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être est disponible au 1-855-242-3310.

Selon la source : cbc.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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