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Pourquoi des millions d’Américains pourraient soudainement être classés comme obèses
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une redéfinition qui change la donne

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Vous avez sans doute remarqué que la façon dont on parle de notre poids évolue, mais là, on est peut-être à l’aube d’un virage majeur. Ce n’est pas que nos tours de taille ont changé du jour au lendemain, non… c’est plutôt l’instrument de mesure qui vient d’être ajusté, et pas qu’un peu.

Une nouvelle étude menée par Mass General Brigham suggère que des millions de personnes, longtemps considérées comme étant « hors de danger » ou simplement en surpoids, pourraient en fait courir les mêmes risques de santé que les personnes souffrant d’obésité avérée. C’est assez déroutant quand on y pense.

Pendant des décennies, on ne jurait que par l’IMC, l’indice de masse corporelle. C’est simple, rapide : on prend la taille, le poids, et hop, la calculatrice nous sort un chiffre. Les médecins l’adorent pour sa rapidité, et les agences de santé publique pour sa facilité de suivi. Mais est-ce vraiment fiable ? Je me suis souvent posé la question, et il semble que je n’étais pas le seul.

Au-delà de l’IMC : quand le mètre ruban remplace la balance

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Le problème avec l’IMC — et c’est un gros problème —, c’est qu’il est un peu aveugle. Il ne nous dit pas où la graisse est stockée, ni s’il s’agit de muscle ou de gras. C’est là que la nouvelle définition, publiée plus tôt cette année, change tout. Elle n’annule pas l’IMC, mais elle ajoute des mesures cruciales : le tour de taille, le rapport taille/taille (hauteur) et le rapport taille/hanches.

Pourquoi ? Parce que la graisse abdominale, celle qui se loge autour du ventre, est traître. Elle a longtemps été liée à des risques de santé plus élevés. Lorsque les chercheurs ont appliqué cette nouvelle grille de lecture à un ensemble de données massif — on parle ici de plus de 300 000 adultes issus du programme de recherche All of Us des National Institutes of Health (NIH) —, les résultats ont fait l’effet d’une bombe.

Tenez-vous bien : avec la définition traditionnelle basée uniquement sur l’IMC, environ 42,9 % des participants étaient classés comme obèses. Mais en utilisant la nouvelle définition incluant le tour de taille ? Ce chiffre a bondi à 68,6 %. C’est énorme. Cela signifie que près de sept adultes sur dix tombent désormais dans cette catégorie.

Ce bond spectaculaire ne vient pas des personnes ayant déjà un IMC très élevé. Non, il provient presque entièrement de gens qui avaient un IMC « normal » mais des mesures de taille élevées. Ces personnes étaient littéralement invisibles pour les anciennes méthodes de dépistage.

L’âge et la biologie : pourquoi les seniors sont en première ligne

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Il y a un facteur qui ressort particulièrement dans cette étude : l’âge. Chez les adultes de plus de 70 ans, près de 80 % répondent aux nouveaux critères d’obésité. C’est un chiffre qui donne le vertige, mais qui reflète une réalité biologique que beaucoup d’entre nous connaissent, ou connaîtront.

En vieillissant, notre masse musculaire a tendance à fondre, tandis que la graisse se déplace sournoisement vers l’abdomen. La balance, elle, peut rester stable, nous donnant une fausse impression de sécurité alors que les risques pour la santé grimpent en flèche. L’IMC échoue souvent avec les personnes âgées justement parce qu’il ne capture pas ces changements internes.

Bien sûr, des différences sont apparues selon le sexe et l’origine ethnique, mais c’est vraiment l’âge qui montre le schéma le plus fort. L’étude souligne que de larges segments de la population, en particulier nos aînés, ont probablement été mal classés pendant des années. Et comme les données proviennent d’une des cohortes les plus diversifiées jamais assemblées aux États-Unis, il est fort probable que ces résultats reflètent une tendance nationale, et pas juste un cas isolé.

Il faut rappeler que l’IMC a été créé au 19ème siècle comme une statistique de population. Il n’a jamais été conçu pour être l’outil de diagnostic précis qu’on en a fait, faute de mieux. Mais la localisation du gras compte. La graisse abdominale libère des molécules inflammatoires et perturbe l’insuline, ce que l’IMC ignore totalement.

Des risques bien réels cachés à la vue de tous

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Ce qui est vraiment inquiétant — ou important, selon la façon dont on voit les choses —, ce n’est pas tant l’augmentation des statistiques, mais ce que cela implique pour la santé. Les personnes qui correspondent à ces nouveaux critères (IMC normal mais tour de taille élevé) font face à des risques accrus de diabète, de maladies cardiovasculaires et même de décès, comparé à ceux sans obésité.

L’étude révèle qu’environ la moitié de tous ceux qui répondaient à la nouvelle définition présentaient une obésité clinique, c’est-à-dire une déficience physique ou un dysfonctionnement d’organe lié à l’obésité. Le Dr Lindsay Fourman, co-auteure de l’étude, n’a pas mâché ses mots : « Nous pensions déjà avoir une épidémie d’obésité, mais c’est stupéfiant. Avec potentiellement 70 % de la population adulte considérée comme ayant un excès de graisse, nous devons mieux comprendre quelles approches thérapeutiques prioriser. »

Le Dr Steven Grinspoon, auteur principal, ajoute une réflexion intéressante : « Voir un risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabète chez ce nouveau groupe de personnes… soulève des questions intéressantes sur les médicaments contre l’obésité et autres thérapies. »

C’est une prise de conscience brutale : la composition corporelle compte plus que le simple poids. « Ce ne sont pas juste des kilos sur une balance », insiste le Dr Fourman. L’équipe a d’ailleurs déjà développé une thérapie qui réduit le tour de taille et prévoit d’explorer comment différents traitements fonctionnent sur ce groupe nouvellement défini.

Conclusion : Vers une nouvelle ère de la médecine ?

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Au moins 76 organisations, dont des sociétés médicales majeures, ont déjà approuvé ce nouveau cadre de définition de l’obésité. Ce n’est donc pas une simple hypothèse de chercheurs isolés, mais le signal d’un changement profond dans la manière dont les cliniciens vont bientôt identifier et gérer ces risques.

Si cette définition est largement adoptée, elle pourrait bouleverser qui se fait dépister, qui reçoit un traitement, et à quel stade on intervient. Cela forcera peut-être aussi notre système de santé à se préparer à une réalité où l’obésité n’est plus l’exception, mais la norme. Pour ceux qui veulent aller plus loin, cette recherche fascinante est publiée dans le journal JAMA Network Open.

Selon la source : earth.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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