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Groenland : Le glacier 79°N se fracture en direct, un phénomène inquiétant
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un lac surgi de nulle part au milieu des années 90

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C’est une observation qui fait froid dans le dos, si je puis dire. Imaginez un glacier colossal au Groenland, le glacier 79°N, qui semblait imperturbable jusqu’à ce que le climat commence à s’emballer. Une nouvelle étude vient de confirmer ce que beaucoup redoutaient : ce géant de glace est littéralement en train de se fracturer sous nos yeux, en temps réel. Tout a commencé avec un lac d’eau de fonte.

Ce lac, il n’a pas toujours été là. En fouillant dans les archives, les scientifiques ont réalisé qu’il est apparu pour la première fois sur les observations de 1995. Avant cette date ? Rien. Le calme plat. Comme l’explique très justement la professeure Angelika Humbert, glaciologue au Centre Helmholtz de recherche polaire et marine de l’Institut Alfred Wegener (l’AWI pour les intimes), « Il n’existait pas de lacs dans cette zone du glacier 79°N avant l’augmentation des températures atmosphériques au milieu des années 1990 ». C’est donc bien un marqueur temporel précis du changement.

Mais le problème, ce n’est pas juste que le lac existe. C’est qu’il se vide. Et pas doucement. L’eau s’échappe de manière soudaine, violente, à travers des fissures et des canaux verticaux qui perforent la glace. C’est un système de drainage brutal qui n’avait jamais été observé avec une telle intensité auparavant.

Une accélération brutale et des phénomènes physiques étranges

credit : lanature.ca (image IA)

Ce qui inquiète vraiment les chercheurs, c’est la fréquence de ces événements. Depuis sa formation en 1995, ce lac ne tient pas en place. Entre 1995 et 2023, l’eau s’est drainée de façon répétée, propulsant des quantités astronomiques d’eau douce vers l’océan, au bord de la langue glaciaire. On parle de sept grands événements de drainage identifiés au total. Le chiffre qui fait tiquer ? Sur ces sept événements, quatre ont eu lieu au cours des cinq dernières années. C’est une accélération nette, indéniable.

Le processus est d’une violence assez inouïe. La base du glacier se retrouve inondée en seulement quelques heures. Parfois, la pression est telle que l’eau pousse la glace du bas vers le haut… un peu comme une bulle qui se formerait sous le tapis, soulevant toute la structure. C’est fascinant, mais terrifiant.

Et puis, il y a ces formes géométriques bizarres. À force de se vider brutalement, la surface du glacier a commencé à craquer de partout. Angelika Humbert a noté l’apparition, à partir de 2019, de vastes champs de fractures triangulaires. Elle précise d’ailleurs que ces formes sont « différentes de toutes les drainages de lacs que j’ai observées jusqu’à présent ». Certaines de ces fissures deviennent de véritables gouffres, des « moulins glaciaires » dont l’ouverture peut faire plusieurs dizaines de mètres de large. On imagine à peine le vertige en regardant ça.

La mécanique des fluides : quand la glace devient élastique

credit : lanature.ca (image IA)

Pourquoi la glace réagit-elle comme ça ? C’est là qu’on entre dans la physique un peu complexe, mais passionnante. Le glacier, c’est du solide, mais pas tout à fait. La glace s’écoule lentement, comme un fluide hyper épais, visqueux, qui glisse sur le sol. Mais en même temps, elle a un comportement élastique. C’est un peu comme un élastique géant : elle peut se plier, casser, et tenter de revenir à sa forme initiale.

C’est cette élasticité qui permet aux fissures de s’ouvrir. Et c’est la nature visqueuse (l’écoulement lent) qui aide, théoriquement, les canaux à se refermer doucement après la crise. Sauf que là, le rythme semble cassé. Humbert soupçonne que les fameux moulins triangulaires apparus en 2019 ont été réactivés plusieurs fois. Même quand le gros du drainage est fini, l’eau continue de couler par ces puits, atteignant la base de la calotte en quelques heures à peine. C’est une porte ouverte en permanence vers les entrailles du glacier.

D’ailleurs, c’est la première fois qu’on mesure aussi précisément l’évolution de ces canaux sur plusieurs années. Les images radar prouvent que même si les fractures triangulaires en surface semblent ne pas bouger, à l’intérieur, ça travaille. C’est tout un système interconnecté de fissures qui s’est mis en place, offrant de multiples voies de sortie pour l’eau. Les traces restent détectables des années après leur formation.

Conclusion : Vers un point de non-retour ?

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Pour en arriver là, l’équipe a dû sortir l’artillerie lourde : télédétection par satellite, mesures aériennes pour suivre les trajectoires de l’eau, et modélisation viscoélastique pour comprendre si les plaies du glacier cicatrisent ou non. Le constat est lourd de questions. Est-ce que le glacier a basculé vers un nouvel état permanent ? Ou peut-il encore espérer retrouver son rythme saisonnier d’avant, ses conditions hivernales normales ?

Angelika Humbert reste prudente, mais le ton n’est pas très optimiste. Elle note qu’en seulement dix ans, des schémas récurrents et une certaine régularité dans ces drainages catastrophiques se sont installés. On assiste à des « changements drastiques et abrupts du flux d’eau de fonte », parfois en quelques heures ou jours. Ce sont, pour reprendre ses mots, des « perturbations extrêmes au sein du système ». La grande inconnue aujourd’hui, c’est de savoir si le système glaciaire a la capacité d’absorber de tels chocs ou s’il est condamné à se disloquer petit à petit.

Selon la source : tameteo.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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