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Hésitation vaccinale : Une étude anglaise révèle que la méfiance n’est pas une fatalité
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une lueur d’espoir dans les données

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On a souvent l’impression que les avis sont tranchés, indéboulonnables, surtout quand il s’agit de sujets aussi sensibles que la vaccination. Et pourtant… une nouvelle étude fascinante vient bousculer un peu nos certitudes. Publiée dans la prestigieuse revue The Lancet, cette recherche menée par l’Imperial College London nous montre que l’hésitation face au vaccin contre la COVID-19 n’est pas un mur infranchissable, loin de là. C’est même, pour la majorité, une inquiétude qui peut s’apaiser avec le temps et les bonnes informations.

Imaginez un peu l’ampleur du travail : les chercheurs ont suivi plus de 1,1 million de personnes en Angleterre. C’est colossal. Ils ont scruté la période allant de janvier 2021 à mars 2022, pile au cœur de la tempête pandémique. Le constat est plutôt rassurant, je trouve. Parmi ceux qui, au départ, traînaient des pieds ou refusaient carrément l’injection, figurez-vous que 65 % ont fini par se faire vacciner au moins une fois. Oui, près des deux tiers ont changé d’avis. Cela nous offre une perspective nouvelle, presque rafraîchissante, sur la psychologie humaine en temps de crise.

Bien sûr, l’hésitation vaccinale, ce n’est pas nouveau. L’OMS l’avait même classée parmi les 10 plus grandes menaces pour la santé mondiale en 2019 — bien avant le coronavirus, donc. On pense notamment aux retards de vaccination chez les enfants pour la rougeole ou la coqueluche (pertussis, pour utiliser le terme médical), qui restent de gros soucis de santé publique. Mais cette étude anglaise pourrait bien nous donner les clés pour mieux gérer les prochaines campagnes, en adaptant les messages plutôt qu’en braquant les gens.

Plongée au cœur de l’étude REACT : Chiffres et temporalité

credit : lanature.ca (image IA)

Pour bien comprendre, il faut revenir un instant en arrière. Le déploiement du vaccin au Royaume-Uni a débuté le 8 décembre 2020, avec cette stratégie par étapes que nous avons tous connue, privilégiant l’âge et les besoins cliniques. C’est dans ce contexte que le professeur Marc Chadeau-Hyam, l’auteur principal de l’étude, et son équipe ont voulu creuser le sujet. Comme il l’explique lui-même : « Nous voulions examiner l’hésitation vaccinale plus en profondeur pour identifier les groupes présentant des formes d’hésitation plus persistantes ». C’est du bon sens, finalement : comprendre pour mieux agir.

Les chercheurs se sont appuyés sur les données de l’étude REACT (Real-time Assessment of Community Transmission). Ils ont analysé les réponses de 1,1 million d’adultes — âgés de 18 ans et plus, dont 57 % de femmes. Ce qui est intéressant, c’est la méthodologie : ils ont comparé l’attitude des gens au moment de leur inscription à l’étude avec leur dossier de vaccination réel du NHS (le service de santé anglais), et ce, jusqu’au 7 mai 2024. Cela permet d’avoir un recul incroyable sur la réalité des faits, pas juste sur des intentions déclarées.

Alors, qu’ont-ils trouvé ? Globalement, 3,3 % des participants (soit 37 982 personnes) ont signalé une certaine hésitation. Les chercheurs ont pu recouper les données vaccinales pour environ 64 % d’entre eux, soit 24 229 individus. On observe une belle courbe descendante : le taux d’hésitation est passé d’un pic de 8 % en janvier 2021 à un plancher de 1,1 % début 2022. Bon, il y a eu un petit sursaut, c’est vrai, une remontée à 2,2 % en février et mars 2022, sans doute à cause de la vague Omicron qui a un peu brouillé les pistes.

Pourquoi hésiter ? Les raisons et les profils décortiqués

credit : lanature.ca (image IA)

C’est là que ça devient vraiment humain. Les participants sceptiques devaient choisir leurs raisons parmi une liste de 23 options (ou écrire librement ce qu’ils ressentaient). Et contrairement aux clichés, ce n’était pas juste du complotisme, loin de là. Les chercheurs ont identifié huit grandes catégories d’hésitation. Tenez-vous bien : parmi ceux qui ont donné une raison, 41 % (12 498 personnes) s’inquiétaient des effets à long terme sur la santé. C’est légitime, non ? Ensuite, 39 % voulaient simplement « attendre de voir » si le vaccin fonctionnait, et 37 % craignaient les effets secondaires immédiats.

Les différences entre les groupes sont… disons, révélatrices de notre société. Les hommes, par exemple, étaient plus nombreux que les femmes à penser que le COVID-19 ne représentait pas un risque personnel (18 % contre 10 %). Un peu d’excès de confiance, peut-être ? À l’inverse, les femmes s’inquiétaient davantage des conséquences sur la fertilité (21 % contre 8 % chez les hommes). Et puis, il y a le fossé des générations : les personnes âgées de 74 ans ou plus étaient plus susceptibles d’être contre les vaccins *en général* (12 %) comparé aux jeunes de 18-24 ans (seulement 2,5 %). Comme quoi, la méfiance n’a pas toujours l’âge qu’on croit.

L’analyse va encore plus loin en dressant le portrait de ceux qui sont restés non vaccinés. La probabilité était plus élevée chez les personnes âgées, les femmes, les personnes d’ethnie noire, ceux vivant dans des zones défavorisées ou étant au chômage, ainsi que les personnes ayant un niveau d’éducation plus faible. Avoir déjà eu le COVID jouait aussi. En revanche, bonne nouvelle : ceux dont l’hésitation était liée à l’efficacité ou à la santé (grossesse, allaitement) étaient les plus enclins à changer d’avis, comme le souligne la co-autrice, la professeure Helen Ward.

Conclusion : L’importance cruciale de l’information

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Au final, que retenir de tout ça ? Que la confiance, ça se gagne. Ceux qui exprimaient une méfiance envers les développeurs ou un sentiment général anti-vaccin étaient deux à trois fois moins susceptibles de franchir le pas que les autres. C’est plus dur à bouger, c’est certain. Mais comme le dit le professeur Paul Elliott : « Ce que nous avons appris […] c’est l’importance de garantir que les gens aient accès à des informations fiables ». C’est la base. Une information claire, facile à comprendre sur les risques et les bénéfices, surtout en cas d’urgence sanitaire.

Bien sûr, les auteurs sont honnêtes — et c’est tout à leur honneur —, ils admettent quelques limites. Les souvenirs des gens sont parfois imparfaits, et les données du NHS aussi. De plus, les personnes les plus hésitantes ont souvent refusé que leurs dossiers soient liés à l’étude, ce qui crée peut-être un petit biais. Mais cela n’enlève rien à la force du message.

Je laisserai le mot de la fin au professeur Silvio Tafuri, de l’Université de Bari en Italie, qui n’a pas participé à l’étude mais a rédigé un commentaire lié. Il souligne que ces données sont une « contribution précieuse ». Selon lui, il est crucial de voir si ces mêmes mécanismes s’appliquent aux vaccins de routine, pour guider nos futures actions de santé publique, que ce soit au niveau micro, méso ou macro. Une belle leçon d’humilité et d’espoir pour l’avenir, vous ne trouvez pas ?

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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