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Une langue fantôme refait surface : mystère archéologique au cœur de l’Empire hittite
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un trésor inattendu dans les archives de l’âge du bronze

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On pourrait penser qu’après un siècle de fouilles, la terre a livré tous ses secrets, mais l’histoire a cette fâcheuse tendance à nous surprendre quand on s’y attend le moins. Imaginez-vous sur le site archéologique de Boğazköy-Hattusha, en Turquie. C’est l’ancienne capitale de l’Empire hittite, une superpuissance de l’âge du bronze qui a dominé le centre-nord de la Turquie entre 1650 et 1200 avant notre ère (oui, ça remonte à loin). Ce lieu est un véritable foyer de langues anciennes, une sorte de tour de Babel antique figée dans le temps.

Lors des fouilles des ruines, les archéologues sont tombés sur quelque chose d’assez incroyable : une tablette décrivant un rituel étranger, rédigée dans une langue totalement inconnue. Vous ne la trouverez pas de sitôt sur Duolingo, croyez-moi. Bien que les experts ne sachent pas encore exactement ce que dit cet idiome spécifique, ils ont pu confirmer une chose cruciale : cette nouvelle langue appartient bien à la famille des langues indo-européennes anatoliennes. C’est un peu comme retrouver un cousin éloigné dont on ignorait l’existence sur une vieille photo de famille.

Hattusha : La bibliothèque d’argile aux 30 000 tablettes

Il faut comprendre l’ampleur du site pour saisir l’importance de la découverte. Hattusha, c’est une mine d’or pour les linguistes. Au cours du siècle dernier, les fouilles à Boğazköy-Hattusha ont permis d’exhumer environ 30 000 tablettes cunéiformes. Ces bouts d’argile sont la mémoire vive de l’Anatolie de l’âge du bronze : ils détaillent l’histoire, les traditions et la société de l’époque. La richesse historique est telle que le site a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1986. Ce n’est pas rien.

La majorité de ces tablettes sont évidemment écrites en hittite. Pour la petite histoire, le hittite est la plus ancienne langue indo-européenne attestée — c’est littéralement la branche linguistique par laquelle l’anglais (et bien d’autres) a évolué. Mais ce n’est pas tout… on y trouve un mélange fascinant d’autres langues régionales comme le louvite, le palaïte et le hatti. C’était un carrefour culturel immense. Et pourtant, les fouilles de 2023 sont venues bouleverser ce que l’on croyait savoir avec cette révélation surprenante d’une langue entièrement nouvelle.

L’énigme de Kalašma et le goût des rituels étrangers

credit : lanature.ca (image IA)

Daniel Schwemer, qui dirige la chaire d’études du Proche-Orient ancien à l’Université Julius-Maximilians (JMU) de Würzburg en Allemagne, a fait une observation très juste dans un communiqué de presse. Il a déclaré : « Les Hittites étaient particulièrement intéressés par l’enregistrement de rituels en langues étrangères ». C’est fascinant, non ? Cette curiosité culturelle est la raison pour laquelle nous avons cette trace aujourd’hui.

Cachée dans ce texte cultuel spécifique, on trouve une récitation dans cette langue inconnue. Selon les archéologues, le texte hittite fait référence à un idiome provenant du pays de Kalašma. Géographiquement, cela correspondrait à une zone située à la lisière nord-ouest de la frontière de l’Empire hittite. Pour vous situer, les preuves suggèrent que Kalašma se trouve près des villes modernes de Bolu ou Gerede, dans le nord-ouest de la Turquie. C’est assez proche de la zone où l’on parlait le palaïte.

Mais voilà le hic, ou plutôt la surprise : bien que géographiquement proche du palaïte, cette nouvelle langue découverte a plus de points communs avec le louvite. Or, le louvite était parlé par des gens situés… à l’autre bout, dans le coin sud-est de l’empire ! C’est un casse-tête géographique et linguistique comme on les aime. Même si les experts n’ont aucune idée de ce que dit ce passage cunéiforme précis pour l’instant, l’appartenance à la famille anatolienne indo-européenne (aux côtés du louvite, du palaïte et du hittite) est confirmée.

Conclusion : Une famille linguistique qui n’a pas fini de grandir

Comme son nom l’indique assez clairement, la famille des langues indo-européennes est immense, englobant de nombreux pays modernes d’Europe et du sous-continent indien. La plupart des langues de ces régions peuvent remonter leurs racines à une langue « mère » originale (bien que la langue basque reste une exception incompréhensible qui fait se gratter la tête aux chercheurs). Les experts pensent d’ailleurs que le proto-indo-européen a probablement pris naissance autour de la mer Noire, dans ce qui est aujourd’hui le sud de l’Ukraine.

Même si nous ne connaissons aujourd’hui qu’un mince fragment de la langue de Kalašma, c’est une fenêtre ouverte sur le passé. Il est plus que probable — je dirais même quasi certain — que d’autres preuves de cette langue oubliée attendent patiemment d’être découvertes quelque part dans les vastes étendues de l’Anatolie. L’histoire est loin d’avoir dit son dernier mot.

Selon la source : popularmechanics.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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