Mystère en Andalousie : pourquoi des corps du Moyen Âge reposaient-ils dans un monument vieux de 5 000 ans ?
Auteur: Mathieu Gagnon
Une rencontre inattendue à travers les millénaires

C’est le genre de découverte qui force à s’arrêter une minute pour réfléchir. Imaginez un instant : nous sommes en Espagne, sur un site vieux de 6 000 ans, une époque où l’on commençait à peine à comprendre comment empiler de grosses pierres pour en faire quelque chose de durable. Et pourtant, au cœur de ce monument néolithique, on retrouve des restes humains… qui n’ont rien à voir avec la préhistoire.
Une analyse ADN récente vient de lever le voile sur ce mystère un peu déroutant. Il s’avère que deux hommes, vivant à l’époque médiévale — soit environ 1 000 ans avant nous — ont été enterrés là, dans une position pour le moins… particulière. Pourquoi choisir un tombeau vieux de plusieurs millénaires pour y déposer des défunts du Moyen Âge ? C’est toute la question.
Ce n’est pas juste une anecdote amusante ; cette découverte change notre perception du site. Elle suggère que le dolmen de Menga n’était pas une simple ruine oubliée, mais un lieu chargé de sens, traversant les époques sans jamais perdre sa aura sacrée. Je trouve ça assez fascinant, cette idée de continuité.
Deux hommes, une étrange posture et des siècles d’écart

Entrons un peu dans le vif du sujet. Les chercheurs se sont penchés sur les restes de deux hommes adultes, découverts initialement en 2005 sur ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce qui frappe d’abord, c’est leur âge : ils avaient tous les deux environ 45 ans au moment de leur mort. Mais attention, ils ne se connaissaient pas. Loin de là. Ils sont décédés à plus de 100 ans d’écart l’un de l’autre.
Leur position d’inhumation est, disons, intrigante. Ils ont été enterrés face contre terre. Oui, vous avez bien lu. Cette posture suivait l’axe de symétrie du mégalithe. C’est un détail technique, mais crucial. Cela respectait la tradition islamique de l’époque, mais — et c’est là que ça devient intéressant — l’alignement des corps ne correspondait pas aux autres sépultures islamiques de la région. Ils s’alignaient sur le monument, pas sur La Mecque, semble-t-il.
Les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Archaeological Science: Reports, notent que cette réutilisation des monuments préhistoriques était un phénomène connu en péninsule Ibérique, mais ici, c’est spécial. « Le fait que les deux aient été enterrés alignés avec l’axe d’un monument mégalithique… souligne la continuité de Menga comme lieu symbolique », expliquent-ils. En gros, même après 5 000 ans, l’endroit en imposait encore.
Ce que l’ADN a fini par avouer

La science a parfois des allures de miracle, surtout quand on travaille avec du matériel aussi abîmé. La datation au radiocarbone a d’abord situé ces hommes quelque part entre le VIIIe et le XIe siècle de notre ère. Mais l’ADN ? C’était une autre paire de manches. Retrouvé dans l’atrium, il était extrêmement dégradé. On imagine bien la frustration des équipes en laboratoire.
Heureusement, une collaboration impressionnante s’est mise en place. Des chercheurs de l’Université de Huddersfield, de l’Université de Séville, de Harvard et de l’Institut Francis Crick ont uni leurs forces. Ils ont réussi, non sans mal je suppose, à extraire des informations génétiques de l’un des restes. Le résultat ? Un profil génétique fascinant qui révèle des liens ancestraux avec l’Europe occidentale, l’Afrique du Nord et le Levant (la Méditerranée orientale).
Cet ADN ancestral était tout à fait cohérent avec les mouvements de populations dans la région à cette période. Cela confirme donc solidement l’origine médiévale de ces inhumations. Le dolmen de Menga n’était pas une « merveille d’une seule époque ». Il a continué d’attirer, de servir et de protéger, bien longtemps après que ses bâtisseurs néolithiques aient disparu dans les brumes du temps.
Conclusion : Plus qu’un tas de pierres

Pour finir, il faut replacer tout ça dans son contexte géographique. Nous sommes au cœur de l’Andalousie, dans le sud de l’Espagne. Le site abrite trois monuments mégalithiques, dont le fameux dolmen de Menga. Construits à l’époque néolithique avec d’énormes blocs de pierre, ces monuments forment des chambres avec des toits à linteaux ou de fausses coupoles, le tout enfoui sous un tumulus.
L’UNESCO ne s’y trompe pas en qualifiant ces tombes de « l’une des œuvres architecturales les plus remarquables de la préhistoire européenne ». Ce sont des exemples majeurs du mégalithisme européen. Mais ce que cette étude nous apprend, c’est peut-être le plus beau : pour les hommes du Moyen Âge qui ont choisi d’y reposer, ce n’était pas une ruine antique à visiter le dimanche.
C’était, vraisemblablement, encore un monument sacré. Une structure vivante, spirituellement parlant. En croisant les données ADN et l’archéologie pure, on comprend que la sacralité du lieu a traversé les millénaires, ignorant les frontières religieuses et culturelles qui se sont succédé.
Selon la source : popularmechanics.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.