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Quand la forêt recule, les moustiques changent de cible : ce que révèle une étude brésilienne inquiétante
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un changement de menu forcé au cœur de la Mata Atlântica

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Imaginez-vous marchant dans ce qu’il reste de la forêt atlantique brésilienne. C’est beau, certes, mais c’est surtout un écosystème en lambeaux. Et dans ces fragments de nature qui rétrécissent à vue d’œil, quelque chose d’invisible est en train de changer. Les moustiques, ces éternels indésirables, ne piquent plus tout à fait au hasard. Une nouvelle étude suggère qu’ils se tournent désormais activement vers nous, les humains, même là où la faune sauvage devrait théoriquement suffire à leur appétit.

Ce n’est pas juste une question de piqûres qui grattent. Ce changement de comportement alimentaire pourrait bien ouvrir une autoroute aux virus, leur permettant de passer plus facilement de la faune sauvage aux communautés humaines voisines. C’est un peu le scénario catastrophe que l’on redoute tous, surtout dans une région comme l’État de Rio de Janeiro, déjà bien connue pour ses maladies transmises par les insectes. Les chercheurs se sont penchés sur ce phénomène en analysant les repas sanguins de moustiques capturés dans deux réserves protégées, et les résultats sont… disons, assez perturbants.

Traque génétique : ce que révèlent les abdomens gorgés de sang

credit : lanature.ca (image IA)

Pour comprendre ce qui se tramait, l’équipe scientifique n’a pas fait les choses à moitié. Ils ont posé des pièges lumineux dans deux zones spécifiques de l’État de Rio : le Sítio Recanto Preservar et la Réserve Écologique de la rivière Guapiacu. L’idée était simple : capturer les moustiques sur le terrain et les ramener au labo. Mais pas n’importe lesquels. Ils se sont concentrés sur les femelles engorgées, celles dont l’abdomen rebondi trahissait un récent repas sanguin.

La suite ressemble à une enquête de police scientifique. À partir de ce sang, ils ont extrait de l’ADN et séquencé un gène spécifique servant de « code-barres » pour identifier l’espèce. En comparant ces séquences à des bases de données de référence, ils ont pu déterminer avec précision quel vertébré avait servi de dîner. C’est une méthode implacable : on ne devine pas en fonction des animaux présents dans le coin, on a la preuve directe de ce que l’insecte a ingéré.

Parlons chiffres, parce que c’est là que ça devient intéressant. Sur les 1 714 moustiques collectés (représentant tout de même 52 espèces différentes), seules 145 femelles étaient gorgées de sang. Et sur ce lot, l’équipe a réussi à identifier la source pour 24 repas. Ça peut sembler peu, un échantillon modeste, on est d’accord. Mais la tendance qui s’en dégage est frappante : sur ces repas identifiés, 18 provenaient d’humains. Le reste ? Un mélange anecdotique : un amphibien, six oiseaux, un canidé et une souris.

Opportunisme et repas mixtes : quand la biodiversité s’effondre

credit : lanature.ca (image IA)

Ce qui est fascinant, c’est de voir à quel point ces bestioles sont flexibles. Certains moustiques avaient même fait des repas « mixtes », ce qui arrive quand l’insecte est interrompu en plein festin et doit finir son assiette ailleurs. Par exemple, un spécimen identifié comme Cq. venezuelensis avait ingéré à la fois du sang d’amphibien et du sang humain. D’autres, de l’espèce Cq. fasciolata, avaient mélangé rongeur et oiseau, ou oiseau et humain. Pour les chercheurs, c’est le signe d’une grande adaptabilité, mais surtout d’une attraction marquée vers l’homme dans ces forêts morcelées.

Pourquoi cet acharnement sur nous ? Jeronimo Alencar, biologiste à l’Institut Oswaldo Cruz de Rio et auteur principal de l’étude, rappelle que le comportement des moustiques est complexe. Même s’il y a des préférences innées, c’est souvent l’opportunité qui fait le larron. La forêt atlantique a perdu environ deux tiers de sa surface d’origine. Cette fragmentation perturbe toute la chaîne alimentaire : les animaux perdent leur habitat, s’éloignent ou disparaissent. Et nous, les humains, nous nous installons en lisière.

Comme l’explique le Dr Sergio Machado de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro, avec moins d’options naturelles sous la main (ou sous la trompe), les moustiques vont au plus simple. Nous devenons l’option la plus fiable et la plus abondante. C’est de la pure convenance : faute de grives, on mange des merles… ou plutôt des humains.

Conclusion : Un signal d’alarme pour la santé publique

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Il ne faut pas prendre cette étude à la légère. Dans ces régions, une piqûre n’est pas juste une nuisance. Ces moustiques sont des vecteurs potentiels de maladies graves comme la fièvre jaune, la dengue, le Zika, le virus Mayaro, le Sabiá ou encore le Chikungunya. Si les moustiques qui piquent habituellement la faune sauvage se mettent à nous cibler, la barrière entre les pathogènes de la forêt et nos villes s’amincit dangereusement. Le risque de transmission bondit.

Bien sûr, les auteurs, qui ont publié leurs travaux dans Frontiers in Ecology and Evolution, restent prudents. Le taux d’identification des hôtes était bas (environ 38 %), car le sang se dégrade vite dans l’abdomen de l’insecte. Il faudra d’autres recherches, avec des techniques encore plus pointues pour démêler les repas mixtes et sur des jeux de données plus larges. Mais le message est là : surveiller qui les moustiques décident de mordre est crucial pour anticiper les prochaines épidémies. Quand l’équilibre de l’écosystème vacille, c’est souvent notre santé qui finit par payer l’addition.

Selon la source : earth.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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