4 missiles Flamingo, 4 frappes directes : l’Ukraine cible le cœur de la production des Su-57 russes
Auteur: Simon Kabbaj
Une frappe de précision qui contredit la version officielle

C’est une opération qui risque de laisser des traces durables dans la logistique militaire russe. Le 23 septembre 2025, une frappe de précision ukrainienne a visé l’usine Skif-M située à Belgorod. Ce n’était pas n’importe quel bâtiment industriel : les analystes de la défense l’ont identifié comme une infrastructure critique pour la production d’avions militaires russes.
Selon les groupes de renseignement en source ouverte (OSINT) CyberBoroshno et Exilenova+, l’Ukraine a utilisé quatre de ses missiles de croisière Flamingo, produits localement, pour mener à bien cette attaque. Bien sûr, comme c’est souvent le cas dans ce genre d’incidents, la communication officielle russe a tenté de minimiser les dégâts. Ils ont affirmé qu’un seul missile avait atteint sa cible. Mais bon… les preuves disent le contraire.
L’imagerie satellite examinée par les analystes raconte une tout autre histoire. Des images publiées par Copernicus et partagées par Exilenova+ montrent clairement quatre points d’impact distincts sur le toit de l’installation Skif-M. C’est difficile à contester quand on a les photos sous les yeux. L’usine est connue pour fournir l’outillage spécialisé indispensable à la fabrication des avions Su-34, Su-35, Su-57 et des MiG. Autant dire que c’est le cœur de l’aviation de chasse qui a été visé.
L’ampleur des dégâts : cratères et précision chirurgicale
Regardons les détails techniques, parce que c’est là que ça devient impressionnant – ou effrayant, selon le point de vue. Un des missiles aurait carrément traversé le toit et le mur latéral du bâtiment avant d’exploser à l’extérieur. Les dégâts causés par le feu sont bien visibles sur des images qui, ironiquement, ont été diffusées par le gouverneur de Belgorod lui-même, Vyacheslav Gladkov.
D’après les observations de CyberBoroshno, les quatre missiles ont bel et bien atteint la zone cible. On parle d’une déviation maximale estimée à moins de 80 mètres. Pour des missiles de croisière, c’est une précision redoutable. Le plus grand cratère recensé mesure environ 25 mètres de diamètre. Imaginez un trou de cette taille en plein milieu d’une zone industrielle… ça suggère un niveau de destruction très élevé.
Ce n’est pas juste un petit incident de parcours ; c’est une frappe calculée pour faire mal là où ça compte.
Skif-M : Un maillon faible vital pour les Su-35 et Su-57
Mais pourquoi s’acharner sur Skif-M ? Ce n’est pas une usine d’armement au sens classique, mais c’est tout comme. Skif-M est un fabricant russe de forets de haute précision, d’outils de fraisage et d’inserts. Le chiffre clé à retenir, c’est que 70 % de leur production est spécifiquement conçue pour traiter des matériaux de qualité aérospatiale. On parle ici de titane, d’aluminium et de composites complexes.
Sans ces outils, impossible de produire les composants des chasseurs russes modernes, y compris le bombardier Su-34 et les chasseurs Su-35 et Su-57. Selon le Royal United Services Institute (RUSI) basé au Royaume-Uni, Skif-M est l’un des nœuds vulnérables de l’écosystème de production aéronautique russe. Leur client principal n’est autre que la United Aircraft Corporation, l’organisation faîtière russe pour la production d’avions militaires et civils.
L’implantation géographique est aussi stratégique. Bien que le siège soit à Belgorod, Skif-M possède une filiale régionale, Skif-M DV, située à Komsomolsk-sur-l’Amour. Et devinez quoi ? Elle se trouve à deux pâtés de maisons de l’usine aéronautique de Komsomolsk (KnAAZ), qui assemble les plateformes Su-34, Su-35 et Su-57. La connexion est directe.
Conclusion : Réparations interminables et contexte stratégique
Les conséquences de cette frappe se font encore sentir des mois plus tard. Des images satellites datées du 5 janvier 2026 suggèrent que les réparations de l’installation étaient toujours en cours, plus de trois mois après l’attaque. Des parties du toit manquent toujours à l’appel, ce qui indique probablement des dommages structurels internes importants. Cela pourrait ralentir la production russe d’avions de combat avancés, qui sont, comme on le sait, utilisés massivement dans la guerre contre l’Ukraine.
Il y a une bizarrerie diplomatique dans cette histoire : en janvier 2026, Skif-M n’a été sanctionnée que par l’Ukraine. Ni l’Union européenne ni les États-Unis ne l’ont encore mise sur leur liste noire, malgré son rôle évident. Pourtant, perturber cette usine a des conséquences stratégiques indéniables.
Enfin, pour ne rien arranger à la logistique russe, les forces ukrainiennes ont également frappé un grand dépôt de munitions à Debaltseve, dans la région occupée de Donetsk (occupée depuis 2015, rappelons-le), déclenchant des incendies et des explosions secondaires. Entre les pénuries d’outils de précision et les dépôts qui sautent, la machine de guerre russe est mise à rude épreuve.
Créé par des humains, assisté par IA.