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Un million de satellites ? Le pari fou d’Elon Musk pour transformer l’espace en disque dur géant
Crédit: shutterstock / lanature.ca (image IA)

Quand la science-fiction frappe à la porte

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Le 2 février 2026. Elon Musk, jamais à court d’idées… disons, grandioses, a décidé que la Terre ne suffisait plus pour stocker nos données.

Dans une demande déposée tout récemment auprès de la FCC (la commission fédérale des communications aux États-Unis), SpaceX dévoile un plan pour lancer une constellation de centres de données orbitaux. Accrochez-vous bien, car le chiffre donne le vertige : on parle de lancer jusqu’à 1 million de satellites. Oui, un million. C’est faramineux.

L’idée derrière tout ça ? C’est l’intelligence artificielle. Vous le savez sans doute, l’IA consomme une énergie folle et nos ressources terrestres commencent à tirer la langue. La solution de Musk, c’est de délocaliser tout ça là-haut, en orbite basse (LEO). C’est la nouvelle lubie de la Big Tech : des « data centers » spatiaux qui promettent une puissance quasi illimitée sans épuiser notre bonne vieille planète. SpaceX, dont le réseau Starlink est déjà le plus vaste en orbite, semble vouloir miser son va-tout sur ce coup-là.

Des performances dopées et une entrée en Bourse historique ?

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Alors, comment compte-t-il s’y prendre ? Ce n’est pas une surprise totale, Musk en parlait à demi-mot depuis des mois. En octobre dernier, il évoquait déjà l’idée de simplement « passer à l’échelle supérieure » avec les satellites Starlink V3, équipés de liaisons laser à haute vitesse. Et là, il semble que ce soit du sérieux : « SpaceX va le faire », a-t-il confirmé.

Techniquement, ces nouveaux joujoux sont des monstres de puissance. Le premier lot devrait être lancé au cours du premier semestre 2026. On nous promet une capacité de liaison descendante (le « downlink », comme disent les experts) de plus d’un térabit par seconde. Pour la liaison montante, ce serait plus de 200 gigabits par seconde. Pour vous donner une idée, c’est respectivement 10 fois et 24 fois plus rapide que la génération actuelle de Starlink. C’est… bluffant, il faut l’avouer.

Mais tout ça coûte une fortune. SpaceX a déjà englouti des milliards pour ses quelque 9 500 satellites actuels. Alors, pour financer ce million supplémentaire, il faut du cash. Beaucoup de cash. En décembre, Musk a confirmé une introduction en Bourse (IPO) pour cette année. Les bruits de couloir parlent d’une opération vers la mi-juin, visant à lever jusqu’à 50 milliards de dollars. Cela propulserait la valorisation de l’entreprise à environ 1 500 milliards de dollars. Ce serait tout simplement la plus grosse IPO de l’histoire. Rien que ça.

Embouteillages dans les étoiles et risques de collision

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C’est là que je commence à tiquer un peu, et je ne suis pas le seul. L’espace est grand, certes, mais l’orbite terrestre commence à ressembler au périphérique parisien à 18h. Il y a déjà plus de 32 000 satellites et débris qui tournent au-dessus de nos têtes, la majorité en orbite basse. Jonathan McDowell, un astrophysicien retraité d’Harvard qui tient les comptes sur son blog, tire la sonnette d’alarme depuis un moment.

Musk, fidèle à lui-même, balaie ces inquiétudes d’un revers de main. Samedi dernier, il a posté sur X (anciennement Twitter) que « l’espace est si vaste que cela dépasse l’entendement » et que ses satellites seront tellement éloignés qu’on peinera à les voir l’un l’autre. Mouais. Je suppose qu’il a ses calculs, mais le bon sens paysan nous dit que quand on ajoute un million d’objets dans un espace fini, ça finit par coincer.

Les experts craignent le fameux syndrome de Kessler. C’est un scénario catastrophe : une collision crée des débris, qui créent d’autres collisions, et ainsi de suite… une réaction en chaîne. Une étude récente a même prévenu que si les opérateurs perdaient le contrôle des manœuvres d’évitement, on pourrait avoir un crash catastrophique en moins de 3 jours. Ça fait froid dans le dos.

Pour rassurer son monde, SpaceX précise que ces Starlinks opéreront sur des altitudes « largement inutilisées », entre 310 et 1 240 miles (soit 500 à 2 000 km), avec des angles spécifiques (30 degrés et héliosynchrone) pour capter un maximum de soleil. Mais bon, le dossier déposé reste assez flou sur la taille exacte des engins ou leur masse.

D’ailleurs, SpaceX a demandé une dérogation à la FCC. Habituellement, il faut déployer la moitié de sa constellation en six ans et la totalité en neuf ans. Là, pas de calendrier précis. Tout repose un peu sur le prochain vol du vaisseau Starship, prévu provisoirement pour début mars. C’est lui qui doit transporter ces cargaisons massives. Sauf que… on ne sait même pas encore s’il décollera à l’heure.

Conclusion : Un pari sur l’avenir… ou l’imprudence ?

Au final, on se retrouve face à un projet titanesque qui laisse beaucoup de questions sans réponse. Le coût total ? Inconnu. Le calendrier exact ? Mystère. Les risques réels ? Minimisés par l’intéressé, redoutés par les scientifiques.

Ce qui est sûr, c’est que SpaceX ne compte pas attendre la permission de tout le monde pour foncer dans cette course aux centres de données orbitaux. L’ambition est là, la technologie semble suivre, mais est-ce bien raisonnable de saturer notre ciel à ce point ? Je vous laisse y réfléchir en regardant les étoiles ce soir… si on arrive encore à les voir entre deux satellites, bien entendu.

Selon la source : interestingengineering.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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