Des archéologues découvrent un os d’éléphant sur un ancien champ de bataille, possiblement lié à l’armée d’Hannibal
Auteur: Mathieu Gagnon
L’ombre des éléphants de guerre

On a tous cette image en tête, n’est-ce pas ? Celle des troupes d’Hannibal traversant les Alpes, accompagnées de leurs impressionnants éléphants. C’est sans doute l’une des visions les plus marquantes de l’Antiquité. Pourtant, croyez-le ou non, les preuves matérielles de la présence de ces colosses sur les champs de bataille manquaient cruellement à l’appel. Jusqu’à présent, nous devions nous contenter de récits écrits et de représentations artistiques. Mais voilà qu’une fouille archéologique en Espagne vient de changer la donne en mettant au jour des vestiges des forces carthaginoises de la deuxième guerre punique, dont un indice aussi petit que précieux : un os de poignet d’éléphant.
Pour comprendre l’importance de cette trouvaille, il faut se replonger dans les textes. L’historien romain Tite-Live, dans son récit foisonnant de la bataille de la Trébie — le premier grand choc de ce conflit —, nous a laissé une description glaçante qui a traversé les siècles. Il raconte comment de nombreux soldats, emportés par le courant de la rivière, finissaient piétinés à mort par les éléphants sur l’autre rive. Tite-Live décrit ces « armes à quatre pattes » dominant la ligne de front, terrifiant les chevaux par leur odeur inconnue et semant une panique généralisée. Cette histoire est le fruit d’une collaboration avec Biography.com.
Une découverte inattendue à Cordoue

Si les écrits ont survécu, les preuves physiques, elles, se faisaient désirer. On sait que ces imposants pachydermes ont finalement été mis en échec par la ruse de Scipion l’Africain lors de la bataille décisive de Zama. Selon Biography.com, les forces romaines ont fait sonner des cors pour paniquer les bêtes, les poussant à faire demi-tour et à écraser les propres troupes d’Hannibal. Mais où sont les traces de ces combats ? C’est là que la découverte récente à Cordoue, en Espagne, devient passionnante.
Tout se passe sur la « Colina de los Quemados », site d’une fortification de l’âge du fer ibérique autrefois connue sous le nom de Corduba. Arkeonews décrit ce lieu comme un peuplement protohistorique majeur, idéalement perché sur une terrasse stratégique au-dessus du fleuve Guadalquivir. En 2020, une fouille d’urgence a été lancée avant l’agrandissement de l’hôpital provincial de Cordoue voisin. Et ce que les archéologues ont trouvé dépasse leurs espérances.
Ils ont exhumé un véritable arsenal : des projectiles d’artillerie en pierre et de lourdes pointes de flèches associées à des armes de siège de type scorpion. Plus parlant encore, ils ont trouvé de la monnaie carthaginoise frappée àthagène entre 237 et 206 avant notre ère. Tout cela pointe vers un conflit militaire correspondant parfaitement aux dates de la deuxième guerre punique (218 à 201 avant J.-C.). C’est ce contexte précis qui donne toute sa valeur à l’étrange découverte faite sous un mur d’adobe effondré : un simple os.
Ce que la science révèle (et ce qui reste un mystère)
Alors, qu’a-t-on trouvé exactement ? Un os carpien d’environ 10 centimètres. Après une analyse anatomique comparative avec des ossements d’éléphants d’Asie et de mammouths des steppes, Arkeonews rapporte qu’il a été identifié comme le troisième os carpien (l’os magnum) du membre antérieur droit d’un éléphant. Un détail intéressant ? Sa taille dépasse celle d’une éléphante d’Asie. Si cela ne prouve pas définitivement l’espèce, cela renforce l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’un éléphant d’Afrique, précisément l’espèce qu’Hannibal utilisait documentairement durant cette guerre.
Vous vous demandez peut-être si cet os ne pourrait pas dater d’une autre époque ? Les chercheurs y ont pensé. La datation au radiocarbone a confirmé que l’os remonte à l’âge du fer pré-romain, s’alignant parfaitement avec les autres trouvailles militaires du site. Reste une question : pourquoi un seul os ?
Les chercheurs avancent quelques théories. Il est possible que l’animal soit mort en plein conflit militaire et que la plupart de ses restes aient été détruits, réutilisés ou dispersés par la suite. Ou alors, cet os particulier a pu être séparé des autres lors d’activités post-conflit. Quoi qu’il en soit, ce petit fragment d’histoire nous offre enfin un lien tangible avec l’une des épopées les plus célèbres du monde antique.
Selon la source : popularmechanics.com
Créé par des humains, assisté par IA.