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Après deux décennies, Québec solidaire touche le fond des intentions de vote
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un anniversaire au goût amer

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C’était il y a vingt ans pile, très exactement en ce 5 février. Je m’en souviens comme si c’était hier, j’avais signé un reportage dans Le Devoir sur le congrès de fondation de ce tout nouveau parti. Le titre ? « Québec solidaire veut sortir la gauche de la marginalité ». C’était l’ambition, le grand rêve de l’époque.

Eh bien, aujourd’hui, le constat est brutal. Après deux décennies d’existence, la formation politique se retrouve, ironiquement, au fin fond de la cave des sondages. Si on se projette vers 2026, on peut craindre que ce parti ne retourne justement dans cette marginalité qu’il voulait tant fuir, et ce, sans jamais avoir touché au pouvoir. C’est triste, non ?

Bon, il serait tout de même surprenant qu’ils finissent avec zéro siège — un scénario qui, soit dit en passant, pend au nez de la CAQ actuellement, surtout si leur course à la chefferie vire au derby d’autodestruction ! Mais la tendance est là, lourde et inquiétante.

Racines, colères et occasions manquées

credit : Side-by-side fusion: « Amir Khadir 2011-04-16 A.jpg » by Asclepias licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons + « Lucien Bouchard02 crop.jpg » by Simon Villeneuve licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Pour comprendre où on en est, il faut se rappeler d’où ça vient. QS n’est pas sorti de nulle part ; c’est le fruit d’une fusion entre Option citoyenne et l’Union des forces progressistes (UFP), qui regroupait déjà des petits partis d’extrême-gauche. À l’époque, cette union a été catalysée par une colère noire, viscérale, des milieux communautaires contre le Parti Québécois de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard.

Je me rappelle du syndicaliste Gérard Larose, qui était là comme observateur au congrès de fondation. Il était contre, farouchement. Pour lui, un parti de ce type ne pouvait exister que dans un Québec souverain, pas dans un « Québec provincial ». Mais Amir Khadir ne l’entendait pas de cette oreille. Il lui avait rétorqué, avec la fougue qu’on lui connaît, que le PQ avait échoué à « quatre reprises » à prouver qu’il « était de gauche ».

Le cofondateur de QS décrivait alors Lucien Bouchard comme une espèce de « Lucifer de droite », un homme assoiffé de « déficit zéro ». C’est là que le bât blesse, je trouve. Parce que sous Bouchard, on a quand même eu la création des CPE, la mise en place de l’assurance-médicaments, et on a jeté les bases solides de l’équité salariale et des congés parentaux. Franchement, ces mesures ont complété l’État-providence québécois bien plus concrètement que tout ce que QS a pu faire en 20 ans d’existence, vous ne croyez pas ?

L’étiquette avant la patrie ?

Alors, quel est le réflexe premier de ce parti aujourd’hui ? Ruba Ghazal a peut-être vendu la mèche le plus clairement du monde en mars 2025. En rendant hommage à son prédécesseur, elle a lâché cette phrase : « Gabriel a toujours été animé par un objectif clair : faire gagner la gauche au Québec. »

Ça me fait tiquer. Que voulons-nous vraiment de nos politiciens ? Qu’ils fassent gagner leur petite étiquette politique ou qu’ils fassent gagner leur patrie ? Je me pose la même question quand j’entends des caquistes marteler que le « centre-droit » doit l’emporter ; je ne suis pas plus impressionné, croyez-moi. C’est une question de priorité.

Évolution idéologique et chute libre

Il y a 20 ans, on pensait naïvement que QS marquait la fin des vieilles querelles de chapelle de la gauche. La volonté de gouverner était là dès le début, ce n’est pas une invention de 2024 avec Gabriel Nadeau-Dubois. Je me souviens très bien d’un congrès en 2011. Françoise David — elle-même une ancienne marxiste-léniniste, rappelons-le — avait dit clairement qu’il fallait que la « gauche plus radicale » en son sein comprenne les enjeux. Elle promettait tout de même, sans ciller, que QS travaillerait à « dépasser le capitalisme ».

Aujourd’hui, le discours a changé. Ruba Ghazal ne parle plus comme ça. Comme la gauche de gauche, le parti a muté. Ils ont abandonné en chemin la laïcité, pourtant chère aux fondateurs, pour défendre des enjeux intersectionnels et une « souveraineté » des peuples un peu lyrique, romantique… et surtout allergique à celle du PQ.

Maintenant, QS cherche désespérément à se recentrer. C’est presque drôle d’entendre la co-porte-parole parler de la « classe moyenne », s’adressant aux « gens qui travaillent et [qui] en arrachent ». Ces mots-là, on dirait du Duhaime ou du Drainville ! Est-ce que ce virage va leur permettre de faire mieux que leur maigre 7 % actuel dans les sondages ? Permettez-moi d’en douter fortement.

Selon la source : journaldequebec.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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