Infarctus : ce mécanisme ignoré qui provoque la moitié des crises chez les femmes
Auteur: Adam David
Une différence biologique majeure révélée par les dossiers médicaux

Nous savions déjà que les symptômes de l’infarctus diffèrent selon le sexe : là où les hommes ressentent souvent une douleur brutale en étau dans la poitrine, les femmes signalent plutôt un épuisement, un essoufflement, des nausées ou des douleurs dans le dos. Mais une nouvelle étude publiée dans le Journal of the American College of Cardiology va plus loin et remet en cause l’origine même de l’accident cardiaque. Des chercheurs de la Mayo Clinic ont analysé les dossiers médicaux de tous les résidents de moins de 65 ans du comté d’Olmsted, dans le Minnesota (États-Unis), victimes d’un infarctus entre janvier 2003 et mars 2018. Au total, 1 474 cas ont été passés au crible, imageries à l’appui.
Les résultats bousculent les certitudes. Si 68 % de l’ensemble des patients ont subi une crise cardiaque classique liée à l’« athérothrombose » — l’obstruction d’une artère par un caillot sanguin sur un dépôt lipidique —, la répartition entre les sexes est inégale. Cette cause traditionnelle explique 75 % des infarctus chez les hommes, mais seulement 47 % chez les femmes. Pour ces dernières, plus de la moitié des accidents cardiaques proviennent donc de mécanismes différents, souvent inattendus.
La dissection spontanée : quand l’artère se déchire

Parmi ces causes non traditionnelles, les scientifiques ont identifié la « dissection spontanée de l’artère coronaire », ou DSAC. Il ne s’agit pas d’un bouchon, mais d’une déchirure de la paroi de l’artère. Le sang s’accumule alors entre les couches de la paroi, ce qui réduit ou interrompt le flux sanguin vers le muscle cardiaque. Les auteurs de l’étude ont calculé que ce phénomène est six fois plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. Bien que les facteurs de risque soient encore mal cernés, des éléments comme la grossesse, un stress émotionnel ou physique, ainsi que des défauts du tissu musculaire des vaisseaux semblent favoriser cette pathologie.
L’étude pointe également d’autres déclencheurs. L’embolie, caractérisée par la circulation d’un caillot sans lien avec des plaques d’athérome, figure parmi les causes identifiées. Par ailleurs, des facteurs de stress physiques tels que l’anémie ou une infection constituent la deuxième cause la plus fréquente d’infarctus pour les deux sexes. Le pronostic est sérieux : le taux de mortalité à cinq ans pour ces cas atteint 33 %, même si les lésions cardiaques initiales paraissent moins élevées.
Vers une révision nécessaire des diagnostics
La docteure Claire Raphaël, cardiologue à la Mayo Clinic et auteure principale de l’étude, souligne que la méconnaissance de la cause profonde d’une crise peut mener à des traitements inefficaces, voire nocifs. En effet, confondre une DSAC avec un infarctus classique risque d’entraîner la pose inutile d’un stent, augmentant ainsi les probabilités de complications.
Ces travaux appellent à une vigilance accrue de la part des cliniciens face aux pathologies comme la DSAC ou l’embolie, particulièrement chez les femmes jeunes adultes. Comme le précise le docteur Rajiv Gulati, participant à l’étude, il est nécessaire de repenser l’approche médicale pour cette population. L’objectif est double : prodiguer des soins plus appropriés pour assurer une meilleure guérison et limiter les récidives à long terme. Les patients, de leur côté, sont invités à exiger des réponses précises en cas de malaise.
Selon la source : futura-sciences.com
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